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FDI : Lorient va lancer la construction
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FDI : Lorient va lancer la construction

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Sauf changement de dernière minute, c’est jeudi 24 octobre que la première tôle de la tête de série du programme des cinq nouvelles frégates de défense et d’intervention de la Marine nationale sera officiellement découpée. Pour marquer l’évènement, une grande cérémonie est prévue sur le site Naval Group de Lorient, où ces bâtiments seront construits. Initié en 2013 et notifié en 2017, le programme FDI se substitue aux frégates multi-missions françaises (FREMM) 9 à 11, finalement abandonnées, et permettra du même coup de remplacer les cinq unités du type La Fayette (FLF) par des bâtiments bien plus puissants. Il s’agit aussi d’un effort de l’Etat pour permettre à Naval Group de développer une frégate de nouvelle génération dotée des dernières avancées technologiques (plateforme entièrement numérisée et nativement conçue pour faire face aux cyber-menaces notamment). Mais aussi d’offrir à l’industriel français un nouveau produit sur le marché export, visant à compléter sa gamme avec une frégate d’un gabarit d’environ 4000 tonnes, située entre les corvettes de la famille Gowind (2500 tonnes) et les FREMM (6000 tonnes). D’où d’ailleurs le nom initial de ce programme, appelé au départ FTI pour frégates de taille intermédiaire. La Marine nationale les a ensuite rebaptisées frégates de défense et d’intervention (FDI) pour plus de lisibilité. Quant à Naval Group, la dénomination commerciale choisie pour ce modèle et ses différentes variantes est Belharra, ou plutôt "Belh@arra" pour bien montrer le côté digital du bateau.

La livraison à la Marine nationale de la première FDI (dont le nom de baptême devrait être révélé jeudi) est prévue fin 2023 en vue d’une admission au service actif courant 2025. Ses quatre sisterships seront ensuite livrés au rythme d’une unité tous les 18 mois, les cinq FDI devant être opérationnelles en 2030.

Appelées à remplacer les cinq FLF mises en service entre 1996 et 2001, et dont trois exemplaires vont être modernisés, les nouvelles frégates françaises mesureront 121.6 mètres de long pour 17.7 mètres de large et 4460 tonnes de déplacement en charge au neuvage.

Elles seront notamment équipées d’un radar plaques SeaFire, d’un sonar de coque KingKlip Mk2 et d’un sonar remorqué Captas-4 Compact. L’armement de base sera constitué de 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, 16 missiles surface-air Aster 15 et Aster 30, une tourelle de 76mm, deux canons de 20mm télé-opérés et quatre tubes pour torpilles MU90. Un espace conservatoire pour deux lanceurs verticaux octuples sur la plage avant permettra de pouvoir ajouter 16 Aster et/ou missiles de croisière navals (MdCN).

Les frégates pourront servir à la projection de forces spéciales, leurs deux niches latérales étant dimensionnées pour pouvoir accueillir chacune une ECUME, embarcation des commandos marine.  

Leurs installations aéronautiques sont quant à elles conçues pour loger et assurer le soutien simultanément d’un drone aérien SDAM (VSR 700) et un Caïman Marine (NH90). Ce dernier pourra être employé lors des missions à forte consonance anti-sous-marine. Mais compte tenu du nombre réduit de Caïman Marine commandés (27), on semble plutôt s’acheminer comme  l’hélicoptère « organique » des FDI vers le futur Guépard Marine, la version navalisée de l’hélicoptère interarmées léger (HIL) qui doit voir le jour en 2028. Ces nouvelles machines succèderont aux Alouette III, Dauphin et Panther. A ce stade, le Guépard Marine n’est pas prévu pour les missions ASM mais constituera un apport significatif en matière de lutte antisurface puisqu’il doit mettre en œuvre le futur ANL/Sea Venom franco-britannique, avec une capacité d’emport de deux de ces missiles antinavire légers.

- Voir notre récent reportage sur la plateforme d'intégration FDI de Saint-Mandrier

 

 

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)