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FDI/Belharra : le design final tout équipé

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FDI/Belharra : le design final tout équipé

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Voilà à quoi ressemblerait une frégate de défense et d'intervention (FDI), la version française de la famille Belharra développée de Naval Group, avec l’ensemble de ses options en matière d’équipements. On voit ici le bâtiment de 121.6 mètres de long pour 17.7 mètres de large et 4460 tonnes de déplacement en charge avec quatre lanceurs octuples Sylver, permettant de mettre en œuvre des missiles surface-air Aster 15, Aster 30, des missiles antimissiles balistiques Aster Block 1 NT et des missiles de croisière navals (MdCN), avec en tout 32 cellules de lancement vertical. S’y ajoutent 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3c, une tourelle de 76mm, deux canons télé-opérés de 20mm, des mitrailleuses manuelles et quatre tubes lance-torpilles (MU90). Le hangar peut abriter un hélicoptère NH90 ou H160 ainsi qu’un drone aérien de type VSR700. Les deux niches latérales sont quant à elles conçues pour abriter chacune une embarcation commando de type ECUME (semi-rigide de 9 mètres).

En plus du radar à antenne active et quatre panneaux fixes Sea Fire, ce modèle est équipé d’une conduite de tir STIR 1.2 EO Mk2, de deux systèmes électro-optiques Paseo XLR, de deux brouilleurs, de deux lance-leurres anti-missiles NGDS et de leurres anti-torpilles.

Pour l’heure, il est prévu que les FDI françaises ne disposent que de deux lanceurs Sylver A50 pour 16 missiles Aster 15 et Aster 30, un espace conservatoire permettant néanmoins, ultérieurement, de doubler cette capacité ou comme pour les six premières frégates multi-missions (FREMM) d’intégrer deux lanceurs Sylver A70 pour 16 MdCN. Avec aussi la possibilité, comme cela avait été proposé à la Grèce, d’intégrer trois Sylver A50 (24 Aster) et un Sylver A70 (8 MdCN). Les premières FDI françaises ne disposent pas non plus, à ce stade, de brouilleurs ni de lance-leurres antimissiles, seuls des leurres anti-torpilles Canto-V étant prévus. Compte tenu de l’aggravation des menaces et des risques de retour à des conflits de haute intensité en mer, tout ou partie de ces équipements manquants (pour des questions budgétaires) devraient cependant être ajoutés ultérieurement.

Ces frégates auront par ailleurs nativement de solides capacités de lutte anti-sous-marines avec un sonar de coque kingKlip Mk2 et un système remorqué Captas-4 Compact.

Armées par un équipage de 111 marins, auxquels s’ajouteront 14 personnels du détachement aéronautique et des couchages pour 25 personnes supplémentaires, les FDI pourront atteindre la vitesse de 27 nœuds et franchir 5000 nautiques à 15 nœuds, pour une autonomie sans ravitaillement de 45 jours. La propulsion comprendra deux moteurs diesels MTU de 8000 kW chacun, avec deux lignes d’arbre et des hélices à pas fixe. En plus des safrans, les FDI disposeront d’une paire d’ailerons stabilisateurs.

Premières « frégates digitale » conçues par Naval Group, ces unités seront équipées de systèmes entièrement numérisés (comme le radar) et verront toute leur puissance de calcul concentrées dans deux data centers distincts avec une architecture numérique bénéficiant des derniers développements en matière de cyber-sécurité. Les FDI seront également les premières frégates françaises équipées d’un PC dédié à la lutte contre les menaces asymétriques (PCLCMA).

Pour l’heure, cinq FDI ont été commandées pour la Marine nationale en 2017. La tête de série, qui prendra le nom d’Amiral Ronarc’h, a vu sa construction débuter sur le site Naval Group de Lorient le 24 octobre 2019 à l’occasion d’une cérémonie de découpe de première tôle. Sa mise sur cale est prévue en novembre 2021 (après la sortie des deux futures corvettes émiriennes du type Gowind), sa mise à l’eau en 2022 et sa livraison fin 2023. Cette première unité devrait être basée à Brest. Suivront les Amiral Louzeau, Amiral Castex, Amiral Nomy et Amiral Cabanier, qui seront réceptionnés par la Marine nationale d’ici 2029. 

D’un coût annoncé en 2017 à 3.8 milliards d’euros, ce programme vise à remplacer les cinq frégates du type La Fayette, mises en service entre 1996 et 2001, et dont trois unités (La Fayette, Courbet et Aconit) vont en attendant bénéficier d'ici 2023 d’une rénovation à mi-vie.

Naval Group fonde de grands espoirs avec ce nouveau modèle sur le marché export, bien que sa première opportunité, avec la Grèce, semble pour le moment compromise. Afin de répondre aux besoins de certains clients, l’industriel français propose différentes options, comme une vitesse de 29 nœuds avec des moteurs de 10 MW, l’intégration d’une tourelle de 127mm, des silos complémentaires pour des missiles surface-air à courte portée VL Mica ou CAMM, ou encore un système comme le SeaRAM ou le canon de 35mm Millennium sur le toit du hangar. Il est aussi possible de remplacer le radar plaques par un radar tournant.

Il existe enfin une version allongée de la Belharra. Dans cette configuration, un tronçon de coque de 9 mètres est ajouté au centre du bâtiment, dont la longueur atteint alors 130 mètres. Ce volume en plus permet notamment d’accroître la capacité des soutes à combustible et le nombre de couchages disponibles (jusqu’à 165). Mais aussi d’aménager une zone modulaire capable d’abriter deux semi-rigides supplémentaires (ou des drones), tout en pouvant loger derrière le mât de 4 à 6 conteneurs de 20 pieds, servant à embarquer des matériels supplémentaires ou encore du fret humanitaire.

- Voir notre article complet sur les FDI

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