Marine Marchande

Reportage

FeliX : Un catamaran polyvalent pour iXSurvey

Marine Marchande

C'est dans le très beau cadre du bassin du MuCem, à Marseille, qu'a été baptisé mardi FeliX le cat. Derrière ce nom un peu facétieux, il y a plusieurs histoires : le iX, parce que c’est le dernier-né de la flotte d’iXSurvey, et aussi de l’ensemble du groupe iXBlue ; le cat, puisque son armateur a fait le choix d’un multicoque pour cette nouvelle unité de survey, principalement destinée au marché des énergies renouvelables. « Le catamaran, c’est un choix qui nous permet d’avoir une plus grande surface de pont, 55 m2, tout en conservant une taille limitée, 24.9 mètres par 8. Il permettra d’assurer la stabilité nécessaire à nos missions », assure Eric Delort, qui dirige iXSurvey.

 

FeliX devant le MuCEM pour son baptême (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Spécialisée dans les missions océanographiques, hydrographiques et biologiques, iXSurvey arme actuellement une flottille de six navires. Des petites unités, capables d'effectuer des études complètes sur la colonne d’eau et les fonds marins, et qui travaillent à la fois dans le secteur des travaux maritimes comme celui des installations offshore et de leur raccordement, notamment pour les champs éolien. « Nos clients vont nous demander des données bathymétriques, des études d’horizons géologiques, de repérer les mines et anciennes bombes qui se trouveraient sur le chemin des câbles, de faire des prélèvements pour déterminer la composition de la faune sous-marine : tout ce qui est nécessaire à l’étude d’implantation offshore, le suivi des chantiers et ensuite l’exploitation », poursuit Eric Delort.

 

Eric Delort, directeur d'iXSurvey (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© GILLES MARTIN-RAGET)

 

Des données nécessaires et précieuses, quand on connaît les enjeux économiques des champs éoliens ainsi que l’ensemble des contraintes règlementaires et environnementales qui entourent ces installations. Une activité qui a actuellement le vent en poupe et pour laquelle iXSurvey est bien placée sur le marché international, où la société travaille notamment en mer du Nord, mais aussi français, puisque sa flottille va prochainement intervenir sur les futurs champs éoliens offshore situés en Manche.  

 

(© GILLES MARTIN-RAGET)

 

C’est pour cet usage qu’a été pensé FeliX, sorti fin mai des chantiers H2X de La Ciotat, qui font également partie du groupe iXBlue. « Il nous a fallu 11 mois, du premier coup de crayon à la mise à l’eau pour penser, dessiner et construire ce bateau », rapporte Sébastien Grall, patron d’H2X. Un processus rapide parce qu'en plus du client final, toutes les compétences pour construire ce bateau se trouvaient au sein du groupe. « Il fallait construire un bateau polyvalent, qui soit pensé pour mettre en œuvre de la manière la plus efficace l’ensemble des moyens de mesures embarqués. C’était donc très pratique d’avoir au bout du fil un spécialiste de l’acoustique ou un autre des télécoms au sein du groupe, qui expliquaient directement à nos architectes navals les meilleurs conditions d’utilisations de ces outils ».

 

Sébastien Grall, directeur d'H2X (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

H2X, spécialiste du composite et des navires techniques, a développé un design original, moulé en infusion en un seul bloc. « Nous avons utilisé sur FeliX de nouvelles technologies composites que nous avons développées comme l’IPN ou des nouveaux systèmes de fixation des éléments métalliques, qui nous ont permis d’avoir une structure légère ». Deux moteurs Scania de 450 chevaux, deux propulseurs d’étrave et deux azimutaux propulsent le navire, qui peut atteindre 13 nœuds en vitesse de pointe. « Ce système de gouverne et de propulsion nous a paru le plus adapté pour ce bateau qui pourra être amené à travailler en positionnement dynamique ». Equipé en DP1, FeliX est DP2 ready. Ses réserves de fuel (2x11.500 litres) lui autorisent une autonomie d’une dizaine de jours.

 

Timonerie (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Commandes des propulseurs azimutaux (©MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Console DP (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Carré du FeliX. Le bateau est armé par 6 à 7 marins et embarque 7 à 8 surveyors (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Cabine individuelle (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Cabines de quatre personnes (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Sur le pont arrière, les instruments pouvant être mis en œuvre par l'un des treuils (on peut en installer trois selon les besoins de manutention) sont exposés : un magnétomètre gradiomètre Geometrics G882 pour détecter les engins explosifs, un sonar Klein 3000.3900/Shadows (produit par iXBlue), des bennes à sédiments et à eau… « Le bateau dispose également d’un moonpool permettant notamment la mise en œuvre du système de positionnement acoustique sous-marins USBL Gaps d’iXblue,  d’un sondeur de sédiments Echoes 3500 d’iXBlue fixé sous la coque et d’un sondeur multifaisceaux R2Sonic 2024 ou EM 2040 placé sur la gondole, également fixée sous la coque ». Il peut mettre en œuvre tous les instruments en même temps, les données sont recueillies en temps réel puis analysées et transmises à terre par l’équipe de surveyors qui se relaient dans la salle de contrôle dédiée située juste à côté du pont. 

« Ce navire est la consécration de la verticalité de notre groupe car il a mobilisé dans sa conception et sa réalisation beaucoup des savoir-faire des différentes filiales  », résume Philippe Debaillon-Vesque, président d'iXBlue. FeliX doit débuter sa première mission le 1er juillet.

 

Magnétomètre (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Sonar remorqué (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Bouée océanographique (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le système de positionnement GAPS, mis en oeuvre par le moonpool (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Survey room où les données sont recueillies et analysées (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© GILLES MARTIN-RAGET)

 

IXBlue H2X