Histoire Navale
Feu vert de la Cour suprême indienne pour le ferraillage de l'ex-France

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Feu vert de la Cour suprême indienne pour le ferraillage de l'ex-France

Histoire Navale

La décision prise hier par la Cour suprême indienne devrait mettre fin à la saga de l'ancien paquebot France. Après de long mois d'attente et d'indécision, la haute juridiction a finalement autorisé le démantèlement du navire, échoué depuis plus d'un an à 1200 mètres des plages d'Alang. Son ferraillage avait été empêché jusqu'ici par l'action des organisations environnementales et associations de défense du navire. Ces dernières avaient argué que la découpe de la coque, qui contiendrait 900 à 1200 tonnes d'amiante, présentait un grave danger pour la santé des ouvriers des chantiers de démolition. Avant que le bateau, rebaptisé Blue Lady, ne soit abandonné aux chalumeaux, la Cour suprême, qui avait refusé en 2006 l'entrée dans les eaux territoriales indiennes de l'ex-porte-avions Clemenceau, a demandé que le vieux navire de croisière soit débarrassé de ses matières toxiques.

Lancé en 1960 aux chantiers navals de Saint-Nazaire, le France est à l'époque le plus grand liner du monde. Armé par la Compagnie Générale Transatlantique, il est rapidement victime de l'essor de l'aviation. Désarmé par la CGT dès 1974 après une mutinerie de l'équipage, il est racheté cinq ans plus tard par l'armement norvégien Klosters. Transformé en paquebot de croisière et rebaptisé SS Norway, il connaît une seconde vie très intense dans les Caraïbes. En 2003, l'explosion d'une chaudière dans le port de Miami, tuant plusieurs mécaniciens, scelle néanmoins son sort. Remorqué jusqu'en Allemagne, il attendra en vain une modernisation ou une reconversion (projet de Honfleur notamment). En mai 2005, il quitte Bremerhaven pour la Malaisie, officiellement pour servir d'hôtel flottant. Après quelques mois au mouillage dans le détroit de Malacca, il est finalement vendu aux démolisseurs pour une quinzaine de millions de dollars. Devenu Blue Lady, il est sauvé in-extremis des ferrailleurs du Bengladesh, en pleine affaire de l'ex-Clemenceau. Refoulé de ce pays, il gagne finalement les plages d'Alang qui seront, sauf miracle peu probable, son ultime destination.
En autorisant la découpe du navire, la Cour suprême indienne met fin à une situation des plus curieuses, des dizaines de bateaux, tout aussi amiantés, s'étant succédés ces derniers mois chez les ferrailleurs indiens, dans une indifférence presque totale.

Norway, l'ex-paquebot France