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Feu vert pour un démonstrateur de drone de combat franco-britannique

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Feu vert pour un démonstrateur de drone de combat franco-britannique

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A l’occasion du sommet d’Amiens, qui s’est tenu hier, la France et le Royaume-Uni ont affiché leur volonté de poursuivre la coopération en matière d’aéronautique militaire, en particulier dans le domaine des drones de combat. Après la notification fin 2014 d’un contrat d’études de deux ans et 150 millions d’euros à Dassault Aviation et BAE Systems, Paris et Londres lanceront en 2017 la phase de développement d’un démonstrateur à échelle 1 du premier Unmanned Combat Air System (ACAS) franco-britannique. 2 milliards d’euros y seront consacrés.

Un besoin pour les forces aériennes et navales

D’ici là, les industriels continueront de travailler de concert afin de poser les fondations sur lesquelles un programme conjoint à long terme sera bâti, avec comme priorités le développement de concepts pour un système opérationnel, ainsi que la maturation des principales technologies nécessaires à un futur système aérien de combat sans pilote. Cette étude de faisabilité débouchera donc sur le développement d’un démonstrateur technologique d’UCAS à même de répondre aux futurs besoins militaires des deux nations. Des besoins qui, à terme, concerneront non seulement l’armée de l’Air et la Royal Air Force, mais également la Marine nationale et la Royal Navy, très intéressées pour disposer à l’avenir de drones de combat furtifs embarqués sur porte-avions. Sachant que les appareils embarqués ont des caractéristiques très spécifiques par rapport aux avions classiques, du fait des très fortes contraintes qu'ils doivent subir, les travaux réalisés sur l'UCAS devraient servir de base aux projets des marins, sachant que l'idéal est de prévoir, dès la phase de conception, une version navalisée. Pour l'heure, seule l'US Navy a franchi le pas pour ce type d'engin avec le démonstrateur X-47B de Northrop Grumman, qui a réalisé ses premiers appontages et catapultages sur porte-avions en 2013. 

 

Le X-47B américain (© : US NAVY)

Le X-47B américain (© : US NAVY) 

 

Livraisons en série à partir de 2030

Le premier prototype devrait voler d’ici 2025, l’objectif affiché étant de pouvoir disposer de drones de combat opérationnels dans les forces armées à partir de 2030. Capable d’intervenir seul, en groupe et/ou avec des avions de combat pilotés, le futur UCAS franco-britannique pourra réaliser des missions de surveillance et de reconnaissance, ainsi que des frappes.

 

Le futur UCAS franco-britannique (© : DASSAULT AVIATION)

Le futur UCAS franco-britannique (© : DASSAULT AVIATION) 

 

L'expérience de deux premiers démonstrateurs

Pour mémoire, Dassault Aviation et BAE Systems ont déjà conçu des démonstrateurs technologiques, le Neuron français et le Taranis britanniques, qui ont respectivement effectué leur premier vol en décembre 2012 et août 2013. Suite à ces programmes de R&D et  dans la lignée des accords de défense de Lancaster House (2010), les deux pays avait signé en juillet 2014 un accord politique en vue de coopérer dans le domaine des UCAS.

En dehors de Dassault et BAE, leurs grands partenaires sont impliqués dans le programme, à commencer par Rolls-Royce, Selex ES, Snecma (Safran), Thales, sans oublier de nombreuses PME de part et d’autre de la Manche.

 

Le Neuron (© : DASSAULT AVIATION)

Le Neuron (© : DASSAULT AVIATION) 

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