Marine Marchande
Filière géophysique et avenir de CGG : La CGT interpelle l'Etat

Actualité

Filière géophysique et avenir de CGG : La CGT interpelle l'Etat

Marine Marchande

CGG traverse actuellement une période délicate, accusant des pertes importantes et continuant à subir la crise de l'offshore. Le syndicat SNGG CGT fait part de ses inquiétudes pour l'avenir, notamment en matière d'emploi, et en appelle à l'Etat, actionnaire de CGG, pour prendre des mesures pour aider l'ensemble de la filière géophysique française. Voici le verbatim de la communication syndicale :

« La pérennité de CGG, leader mondial des services géophysiques pour la prospection pétrolière est aujourd’hui en question. Ce sont 6000 emplois dans le monde dont 1500 en France qui sont concernés. Après Technip fusionnant avec FMC, CGG sera-t-elle la proie suivante des marchés financiers, et quel serait le prix à payer par les salariés ? Voilà plus de 2 ans que le syndicat CGT alerte la direction et les pouvoirs publics sur la situation financière extrêmement fragile de l’entreprise. Celle-ci résulte de la stratégie aventureuse de croissance externe menée depuis 10 ans par ses actionnaires et dirigeants, qui a conduit à accumuler une dette de 2,4 milliards de dollars. Avec le retournement cyclique du marché de l’exploration pétrolière, l’entreprise est aujourd’hui en situation de risque et se voit dans l’obligation de restructurer sa dette, dans un contexte de marché très défavorable. Quelles seront les exigences des créanciers ? Si les dirigeants portent une lourde responsabilité dans cette situation, les compagnies pétrolières donneuses d’ordre sont également responsables car elles profitent de la concurrence exacerbée pour pressurer les coûts d’exploration au-delà de toute mesure. Lors du plan de restructuration début 2016, qui s’est traduit par l’arrêt de 6 des 11 navires de prospection sismique encore en activité, la suppression de 1300 emplois dont près de 300 en France, l’abandon de projets de R&D et d’activités innovantes, les représentants syndicaux de l’entreprise, avec l’appui des salariés, ont été reçus par le ministère de l’Industrie pour demander un soutien financier et proposer des solutions alternatives. 5 fédérations CGT ont interpellé le ministre pour demander une véritable politique industrielle vis-à-vis de la filière parapétrolière française, intégrant également la filière maritime, touchée par les décisions de CGG de privilégier les relations avec les armateurs norvégiens, alors que l’entreprise est financée en partie par des fonds publics.

Le gouvernement et la Banque publique d’investissement, actionnaire de CGG, qui ont pratiqué le laisser-faire vis-à-vis de la stratégie de CGG, et validé des solutions à courte vue, doivent maintenant assumer leurs responsabilités. Le syndicat CGT exige des mesures de soutien pour sécuriser l’entreprise à court terme sur le plan financier. Il demande également la tenue d’une table ronde avec la direction de l’entreprise, la BPI, le ministère de l’industrie et les donneurs d’ordre notamment Total, ainsi que la filière maritime, pour créer les conditions du maintien du potentiel industriel et des emplois de l’industrie géophysique sur notre territoire, et de la diversification des activités dans la perspective de la transition énergétique ».

 

CGG | Actualité du groupe de Géosciences