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Fin de carrière pour la frégate Jean de Vienne

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Ultime frégate du type F70 ASM encore en service à Toulon, le Jean de Vienne a appareillé juste avant Noël pour ce qui devrait être son ultime grand déploiement. Le bâtiment, qui a mis le cap vers la Méditerranée orientale, rentrera à Toulon d’ici la mi-avril, sauf évidemment imprévu opérationnel, ce qui arrive parfois. Après son retour de mission, le Jean de Vienne devrait réaliser plusieurs sorties au large des côtes provençales, notamment dans le cadre d’entrainements, puis se préparera pour son retrait du service actif. Celui-ci devrait normalement intervenir à l’été.

Toutes les FASM toulonnaises remplacées par des FREMM

La succession du Jean de Vienne sera assurée par la frégate multi-missions (FREMM) Provence, basée à Brest depuis sa livraison en 2015 et qui sera remplacée dans le port du Ponant par la FREMM Bretagne, que la Marine nationale doit réceptionner à la fin du printemps.

A Toulon, le renouvellement des frégates anti-sous-marines sera ainsi achevé, l’arrivée des FREMM Languedoc et Auvergne en 2016 et 2017 ayant déjà permis de remplacer les FASM Dupleix et Montcalm, retirées du service en 2014 et 2017.

 

La FREMM Provence 

 

34 ans de service au mois de mai

Mis à l’eau à Lorient en novembre 1981 et opérationnel depuis mai 1984, le Jean de Vienne est la quatrième des sept frégates du type F70 ASM, une série qui a commencé avec le Georges Leygues, admis au service actif en décembre 1979 et fut désarmé en septembre 2013. Ces bâtiments étaient pour mémoire appelés à l’origine corvettes, dénomination abandonnée en 1988 au profit de celui de frégates.

Long de 139 mètres pour une largeur de 15 mètres et un déplacement de plus de 4800 tonnes en charge, le Jean de Vienne, armé par 240 marins, a été conçu pour pouvoir atteindre la vitesse de 30 nœuds grâce à deux turbines à gaz Olympus, version navalisée des réacteurs du Concorde.

 

Le Jean de Vienne avec un SNA du type Rubis (© : OTAN) 

 

La lutte ASM comme mission prioritaire

Destinée prioritairement à la lutte anti-sous-marine, la frégate dispose d’un sonar de coque, son  DUBV-23 d’origine ayant été remplacé en 2008 par un UMS 4110 intégré dans le bulbe d’étrave. S’y ajoute un sonar remorqué à immersion variable DUBV-43. Le bâtiment compte deux tubes lance-torpilles, toujours équipés des anciennes L5 (remplacées par des MU90 sur les FASM brestoises). La lutte ASM est aussi conduite grâce à un hélicoptère Lynx pouvant mettre en œuvre un sonar trempé et des torpilles. Le hangar a été dimensionné pour accueillir deux appareils de ce type, configuation devenue depuis longtemps exceptionnelle mais qui fut notamment d'actualité sur le Jean de Vienne pendant la mission Arromanche en 2016.

 

Le Jean de Vienne avant la refonte OP3A (© : MARINE NATIONALE) 

 

Equipé de radars DRBV-26 et DRBV-15 pour la veille surface et aérienne, le Jean de Vienne peut également mettre en œuvre jusqu’à 8 missiles antinavire Exocet MM40, logés en quatre rampes doubles. A la fin des années 90, dans le cadre de la refonte OP3A, destinée à améliorer leurs capacités de d’autodéfense anti-missile, les Dupleix, Montcalm et Jean de Vienne ont vu l’intégration au-dessus de la passerelle principale d’une nouvelle structure accueillant une passerelle de défense à vue. Ces frégates ont également reçu à cette occasion de nouveaux moyens de guerre électronique et de l’armement supplémentaire, avec l’ajout de deux systèmes surface-air à courte portée Sadral complétant le système Crotale d’origine. L’artillerie a également été musclée à cette époque, les trois frégates intégrant en plus de leur tourelle de 100mm deux canons Breda-Mauser de 30mm. Ces systèmes ont néanmoins été débarqués en 2012, l’artillerie secondaire étant depuis basée sur des affûts de 20mm et 12.7mm.

 

Le Primauguet en rade de Brest (© : MICHEL FLOCH) 

 

La fin des F70 et le format en frégates de premier rang

Après le départ en retraite du Jean de Vienne, seules les trois dernières unités de la série F70 ASM seront encore opérationnelles. Respectivement mises en service en 1986, 1988 et 1990, les Primauguet, La Motte-Picquet et Latouche-Tréville, toutes basées à Brest, devraient quitter la flotte entre 2019 et 2022. Ce calendrier est néanmoins susceptible de bouger en fonction des décisions qui seront prises lors de l’élaboration de la prochaine loi de programmation militaire. Alors que la Marine nationale compte aujourd’hui 17 frégates de combat (2 FDA du type Horizon, 4 FREMM, 4 F70 ASM, 2 F70 AA et 5 FLF), le dernier livre blanc sur la défense prévoit de réduire ce nombre à seulement 15 unités au plus tard en 2025. Ce qui serait effectivement le cas avec le désarmement des Jean de Vienne, Primauguet, La Motte-Picquet et Latouche-Tréville, compensé à moitié seulement avec par la livraison cette année de la Bretagne et l’an prochain de la Normandie. Or, la marine estime que ses moyens sont déjà trop justes pour les missions qui lui sont confiées et demande par conséquent que son format de frégates de premier rang soit à relevé à 18 unités. Parmi les possibilités, elle pourrait être tentée de prolonger un peu les deux dernières F70 ASM afin de faire la soudure avec les nouvelles frégates de taille intermédiaire, dont la tête de série sera livrée en 2023. De cette façon, les FTI pourraient aussi servir à remplacer ces bateaux, en plus d’assurer la succession des La Fayette, entretemps modernisées. Si l’on suit cette hypothèse, il faudrait au final, pour atteindre un format de 18 frégates, un allongement du programme FTI de 5 à 8 bâtiments.

 

Vue des futures FTI (© : NAVAL GROUP) 

Marine nationale