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Fin de conflit chez DCNS

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Fin de conflit chez DCNS

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Après un mois de mobilisation dans les différents établissements de DCNS, direction et syndicats se sont accordés, hier, sur un protocole de fin de conflit. Dans le cadre de la Négociation Annuelle Obligatoire, qui fixe notamment les augmentations de salaires, la CFDT, la CGT, l'UNSA et la CFE-CGC dénonçaient les propositions de la direction, jugées « très insuffisantes ». Après un mois de bras de fer, les actions dans les sites avaient pris une nouvelle tournure hier. Après l'occupation du hall du siège parisien de DCNS par les Délégués Syndicaux Centraux (DSC) la nuit précédente, à Brest, Lorient, Cherbourg, Indret et Ruelle, les représentants du personnel, armés de sacs de couchage, avaient l'intention d'envahir les bâtiments de direction. Au même moment, les DSC, après avoir fait nuit blanche, s'invitaient en fin de matinée chez Patrick Boissier, président de DCNS, pour représenter leur protocole de fin de conflit, rejeté la veille. A l'issue d'une nouvelle entrevue dans l'après midi, un terrain d'entente a été trouvé. Certes, la direction n'a pas accepté toutes les revendications des DSC mais, selon un responsable, « nous avons obtenu quelque chose d'intéressant et de significatif pour les personnels ».

Un conflit « lourd et profond »

La direction accepte notamment une augmentation générale de 1.7% pour les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM), ainsi qu'une prime d'intéressement supplémentaire de 300 euros. Hier soir, l'heure était donc au soulagement. « Il fallait trouver une porte de sortie car, sinon, le mouvement aurait dégénéré », estime un responsable de la CFDT, qui reste néanmoins vigilant : « Nous restons dans une situation difficile et il va y avoir beaucoup de travail pour renouer les liens entre la base et la direction. Ce conflit a été dur et, en 36 ans de maison, c'est la première fois que je vois cela ». Dans un communiqué commun, les quatre organisations syndicales considèrent, d'ailleurs, que cette confrontation va laisser des traces : « Ce conflit lourd et profond laisse augurer de grandes difficultés à renouer le fil d'un dialogue social fortement délité et accentué par un climat de défiance envers les dirigeants de DCNS ». Alors que de nouvelles négociations se profilent au sein du groupe, les syndicats attendent notamment de savoir qui sera nommé au poste de directeur des ressources humaines, Hervé Dufoix, arrivé début 2007, devant quitter ses fonctions à la fin du mois.

Les syndicats renforcés ?

De ce mouvement, les syndicats sortent sans doute renforcés. Car la tradition de « lutte sociale » des anciens arsenaux, qui s'était considérablement apaisée ces dernières années, a repris de la vigueur ces dernières semaines. Et il est intéressant de constater que ce ne sont pas que les « anciens » qui ont porté le fer. « Nous avons compté, durant ce mouvement, sur un nombre important de jeunes salariés, ce qui montre que les anciens, et notamment les ouvriers d'Etat, ne sont pas les seuls à se mobiliser », note un délégué du personnel. Autre enseignement important de ce conflit : la cohésion syndicale, qui a payé. Malgré certains écarts dans les revendications, la CFDT, la CGT, l'UNSA et la CFE-CGC sont montées unies au front et ont proposé, d'une même voix, le protocole de fin de conflit. « Nous avons été très solidaires les uns avec les autres. Et il en a été de même pour l'ensemble des personnels. Il n'y a pas eu, entre les personnels de la fonction publique et les nouveaux salariés, de dissension, mais une cohésion. Même si on constate une montée de l'individualisme, favorisée par une certaine politique, les gens, chez DCNS, ont encore des valeurs de solidarité. C''est rassurant », conclue un responsable de l'UNSA.

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