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Fin de la pêche au thon rouge en Méditerranée

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Fin de la pêche au thon rouge en Méditerranée

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C'est parfois sur fond de colère que 25 navires de pêche français ont regagné les ports. En mai et juin, la pêche au thon rouge était ouverte en Méditerranée, une autorisation qui a pris fin à minuit. Comme leurs homologues européens, les pêcheurs français avaient des quotas. Seulement voilà, après deux mois de campagne, certains ne sont pas parvenus à remplir leurs cales à la hauteur des prises allouées. Mettant notamment en avant les conditions météorologiques, les professionnels ont réclamé que la pêche reste ouverte jusqu'à ce que les quotas soient atteints. En vain. « Que ceux qui ont droit à 100 tonnes de thon, on les laisse pêcher. Certains n'on même pas pêché un kilo de poisson. C'est scandaleux ! », dénonçait hier Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité national des pêches. Pour 2008, les quotas attribués à la France sont de 4775 tonnes, soit environ 120 tonnes par bateau.

Alors qu'associations écologistes, experts scientifiques et pêcheurs ne sont pas d'accord sur l'état des stocks, la campagne de pêche au thon rouge a été particulièrement encadrée. De nombreux moyens aériens et navals ont été mobilisés en mai et juin pour surveiller et contrôler les navires et les prises. Ainsi, la Marine nationale a déployé la frégate Surcouf ainsi que les patrouilleurs Arago et Grèbe. Ces bâtiments agissaient dans le cadre de l'ICCAT. Créée en 1966 par l'ONU, cette organisation régionale des pêches (ORGP) est une organisation scientifique ayant pour objectif la préservation de la ressource des thonidés en Atlantique et dans les mers adjacentes comme la Méditerranée. Elle compte aujourd'hui 43 pays signataires dont l'Union Européenne, le Japon, la Turquie, le Brésil, les USA, Panama.... L'UE a adopté les recommandations de l'ICCAT en termes d'obligation de déclaration, de signalisation des navires, de respect des techniques de pêche et de respect des quotas. Bruxelles a donc constitué un JDP (Joint Deployment Plan) avec les différents pays riverains des zones de pêche (Espagne, France, Italie, Malte, Grèce) pour mener des contrôles en mer et à la débarque avec le soutien d'aéronefs et de clichés satellites. L'année 2008 est marquée par une importante augmentation des moyens de contrôle déployés par les Européens : 16 avions, 49 navires, et 50 inspecteurs à terre. Pour les pays membres, il s'agissait de réagir aux abus constatés l'an passé. De nombreux pays auraient largement dépassé leurs quotas. Ainsi, les pêcheurs français, qui avaient un quota de 5593 tonnes de thon rouge en 2007, en aurait en fait ramené 10.000 tonnes.