Histoire Navale

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Fin de la première partie de la campagne de recherche de La Cordelière

Histoire Navale

Des résultats très prometteurs... même si on n'est pas encore sûr d'avoir retrouvé les épaves de La Cordelière et du Régent. La première campagne de recherche de ces deux épaves, coulées le 10 août 1512 lors d'une bataille navale entre les flottes anglaises, françaises et bretonnes, s'est achevée en début de semaine au large de Brest. Soutenue par la région Bretagne, la campagne a été coordonnée par le Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-marines (DRASSM) depuis son navire André Malraux sur un secteur de 25 km2 du goulet de Brest jusqu’à l’ouvert de l’anse de Bertheaume à l’ouest. Pour l'occasion, des moyens techniques sans précédent ont été mis en oeuvre avec notamment l'utilisation d'un sondeur multifaisceaux, d'un sonar à balayage latéral, d'un magnétomètre, d'un sondeur à sédiments, de systèmes de détection électromagnétique et d'un robot sous-marin. A côté des archéologues, une équipe pluridisciplinaire a réuni des historiens de l’Université de Bretagne Sud et du GIS d’Histoire maritime, des roboticiens de l’école d’ingénieurs ENSTA-Bretagne, des géomorphologues de l’Ifremer, des experts du Shom et des entreprises high tech comme iXblue et Mappem Geophysics.

Lors de la campagne, une voire deux épaves ont été découvertes. Elles pourraient avoir été coulées au cours du Moyen-Age ou à la fin du XVIè siècle, cette datation devant être confirmées après l'analyse de poteries prélevées sur le site. Mais l'absence d'artillerie conduit les spécialistes à ne pas les identifier comme La Cordelière et le Régent, même s'ils se réservent la possibilité de mieux explorer cette hypothèse, les caractéristiques du site étant extrêmement proches de celles conjecturées pour ces deux épaves.  Ils vont désormais procéder à une analyse méthodique des milliers de données électroniques recueillies au cours de l’opération afin de vérifier la nature d’une série d’anomalies détectées dans l’épaisseur du sédiment marin. Par ailleurs, le robot du DRASSM, Hilarion, a été mis dès cette première campagne à contribution pour recueillir des informations inédites sur un certain nombre des anomalies repérées. Ces reconnaissances ont révélé une série d’objets historiques et archéologiques des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

Les recherches devraient se poursuivre en 2019 avec, à nouveau, des plongées archéologiques et la mise en oeuvre de robots.