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Fin du chantier de retrofit des ex-Rafale F1 de l’aéronautique navale

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Le dernier des Rafale Marine initialement livrés par Dassault Aviation au standard F1 et portés au standard F3 doit retrouver l’aéronautique navale à la fin du mois. Ce retour en flottille marquera la fin de cet important chantier de modernisation, débuté en 2012.

Pour mémoire, ce programme, approuvé en 2009 par le ministère de la Défense pour un coût de 300 millions d'euros, visait à mettre à niveau les 10 premiers Rafale (M1 à M10) livrés en urgence, à partir de 1999, afin de remplacer les antiques F-8P Crusader.

Contraint par le planning de retrait de ces vieux intercepteurs, Dassault avait livré à la Marine nationale des avions aux capacités limitées, avec comme unique mission la défense aérienne à partir du porte-avions Charles de Gaulle. Ce n'est qu'en 2006 que le Rafale Marine fut à même de mener des attaques air-sol grâce à l'arrivée du standard F2 à partir du M11, l'avion devenant totalement polyvalent avec le standard F3, en 2008 (les F2 ayant depuis été retrofités au standard F3). En 2008, la décision avait été prise de mettre sous cocon les M2 à M10, soit 9 appareils, afin de les moderniser ultérieurement. Seul le M1 a continué de voler, cet avion servant au profit de Dassault, depuis la base d'Istres, pour l'expérimentation de nouveaux équipements. 

Finalement, le M1 reste pour le moment dédié aux essais en vol et n’a finalement pas été retrofité au standard F3 comme les M2 à M10.

 

Le Rafale Marine M1 (© : MARINE NATIONALE)

Le Rafale Marine M1 (© : MARINE NATIONALE) 

 

Ce chantier majeur, qui a vu les avions vidés de leurs composants et, hors structure, en grande partie « reconstruits » avec de nouveaux systèmes, a été conduit par trois acteurs. Après des démontages (ailes et empennage notamment) opérés par les ateliers de la base d'aéronautique navale de Landivisiau, où les flottilles de Rafale Marine sont basées, les avions ont été transférés à l’Atelier Industriel de l'Aéronautique (AIA) de Clermont-Ferrand, qui a développé au passage une capacité industrielle étatique sur le Rafale, permettant dans le futur de mener d'autres chantiers. Une fois le travail de l'AIA achevé, les appareils ont été pris en charge par Dassault Aviation. Les ex-F1 ont ainsi rejoint l'usine d'assemblage de Bordeaux-Mérignac, où ils ont été intégrés à la chaîne de fabrication des F3. 

 

 

La chaîne d'assemblage de Dassault à Mérignac (© : DASSAULT AVIATION - A. FEVRIER)

La chaîne d'assemblage de Dassault à Mérignac (© : DASSAULT AVIATION - A. FEVRIER) 

La chaîne d'assemblage de Dassault à Mérignac (© : DASSAULT AVIATION - S. RANDE)

La chaîne d'assemblage de Dassault à Mérignac (© : DASSAULT AVIATION - S. RANDE) 

 

La rénovation des ex-F1 a pris une vingtaine de mois par avion, les deux premiers appareils retrofités ayant été restitués à la Marine nationale fin 2014.

Avec le retour prochain du dernier avion modernisé, l’aéronautique navale alignera 41 Rafale Marine, auxquels s'ajoute un 42ème, le fameux M1, restant donc dédié aux essais en vol de nouveaux systèmes et équipements.

Les 41 avions en parc doivent permettre d’armer les trois flottilles de chasse du groupe aérien embarqué sur le Charles de Gaulle (11F, 12F et 17F), toutes équipées de Rafale depuis 2016 et le retrait du service du Super Etendard, ainsi qu’un détachement au sein de l’escadron de transformation Rafale de Saint-Dizier. En tenant compte de cette mission, qui mobilise trois appareils de la marine en Haute-Marne (où sont formés ses pilotes ainsi que ceux de l’armée de l’Air et des programmes export), mais aussi des programmes de maintenance, chaque flottille doit pouvoir disposer d’une douzaine de Rafale.

 

Rafale Marine sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Rafale Marine sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE) 

 

En tout, 46 Rafale Marine ont à ce jour été livrés par Dassault à la Marine nationale, qui en a accidentellement perdu quatre (M18, M22, M24 et M25) entre 2009 et 2012.

Dans le cadre du programme Rafale, il reste, au titre de la quatrième tranche du contrat, deux Rafale Marine à livrer, les M47 et M48. Ces avions, auxquels la marine tient beaucoup, ne devraient pas rejoindre les flottilles avant 2020/2021, la production étant d’ici là prioritairement consacrée aux contrats à l’export.

Pour la suite, il conviendra de voir si des Rafale Marine supplémentaires sont commandés dans le cadre de la future 5ème tranche. Du côté des marins, on estime en tous cas qu’il faudra prévoir un complément aux appareils déjà actés. En effet, même si le nombre d’heures de vol des Rafale devrait pouvoir être augmenté par rapport aux prévisions d’origine (des études et essais sont en cours à ce sujet), l’activité des appareils, en particulier ceux de la marine, est beaucoup plus intense que ce qui avait été imaginé au départ. D’où la nécessité d’élargir le parc afin d’éviter à épuisement trop rapide des cellules.

 

Rafale Marine sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Rafale Marine sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE) 

Le Charles de Gaulle est passé au "tout Rafale" en 2016 (© : MARINE NATIONALE)

Le Charles de Gaulle est passé au "tout Rafale" en 2016 (© : MARINE NATIONALE) 

Marine nationale Dassault Aviation