Construction Navale
Fincantieri et les paquebots chinois : « Le baiser de la mort » selon P. Boissier

Actualité

Fincantieri et les paquebots chinois : « Le baiser de la mort » selon P. Boissier

Construction Navale

(Mis à jour le 29/07 avec la réaction de Fincantieri) L’annonce début juillet d’une alliance entre le groupe italien Fincantieri et China State Shipbuilding Corporation pour réaliser des paquebots en Chine suscite des craintes en Europe. Alors que cette dernière a jusqu’ici le quasi-monopole de la construction de navires de croisière, ce partenariat stratégique entre Rome et Pékin risque pour beaucoup de constituer la clé permettant aux Chinois d’accéder au marché des paquebots et, dans quelques années, de tuer la poule aux œufs d’or qui fait aujourd’hui vivre les plus grands chantiers civils européens. « C’est un peu le baiser de la mort », estime sans détour Patrick Boissier, président du Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN), mais aussi ancien patron des chantiers de Saint-Nazaire, qu’il a dirigés entre 1997 et 2006. Son analyse sur la question du risque pour un constructeur européen d’aider les Chinois à se développer sur ce domaine stratégique est donc particulièrement intéressante. C'est pourquoi nous lui avons demandé son avis : « Cette décision, que Fincantieri a peut-être prise sous la pression de son principal client, le groupe Carnival (qui souhaite se développer en Chine et a précédemment signé un accord avec CSSC pour développer une grande compagnie nationale, ndlr), est très dangereuse. Une part importante de la croissance du marché de la croisière se fera dans les prochaines années en Asie. La construction de paquebots est quelque chose de très complexe et nécessite un savoir-faire très particulier comme un réseau de sous-traitants spécifique, ce qu