Construction Navale
Fincantieri face à la baisse de production

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Fincantieri face à la baisse de production

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Le groupe naval italien a présenté cette semaine son bilan financier pour 2010, avec des résultats qui reflètent le ralentissement de l'activité dans les chantiers transalpins. Ainsi, l'an dernier, le chiffre d'affaires de Fincantieri n'a atteint que 2.876 milliards d'euros, contre 3.27 milliards d'euros en 2009. Si l'EBITDA s'est amélioré pour ressortir à 179 millions d'euros en 2010, comparé aux 125 millions d'euros de l'exercice précédent, l'entreprise continue d'être déficitaire, avec 124 millions d'euros de pertes (- 64 millions en 2009). Ce mauvais chiffre justifié, selon Fincantieri, par des dépenses liées à la baisse d'activité ou encore au coût des matières premières. Si les prises de commandes se sont légèrement améliorées, avec 1.912 milliard d'euros de nouveaux contrats (contre 1.76 milliard en 2009, 2.53 milliards en 2008 et 4.24 milliards en 2007), le carnet de commandes continue de décroître, soit 8.88 milliards d'euros fin 2010 contre 10.1 milliards un an plus tôt.
La situation est particulièrement délicate dans le secteur de la croisière, où les commandes se sont considérablement raréfiées depuis 2007. Alors que Fincantieri livrera ce mois-ci le Carnival Magic et L'Austral, il ne lui restera plus ensuite que six paquebots à livrer entre l'été 2011 et le printemps 2014.

Gros creux de charge dans les chantiers italiens

Pour bien mesurer la baisse d'activité, il convient de se rappeler qu'à l'été 2008, le carnet de commandes du groupe italien comprenait 16 unités de croisière à livrer d'ici 2012. Une bonne nouvelle est certes intervenue cette année avec la signature du contrat portant sur la réalisation de deux nouveaux géants de 141.000 tonneaux destinés à Princess Cruises (pour 2013 et 2014). Mais ce programme est loin d'être suffisant pour combler le creux de charge des chantiers italiens. Cette situation imposera sans doute une restructuration de l'outil industriel avec, les syndicats le craignent, des fermetures de sites.
Dans le domaine militaire, le contexte est heureusement un peu meilleur. Fincantieri poursuit la réalisation des premières frégates multi-missions destinées à la Marina militare, achève cette année le programme des pétroliers-ravitailleurs indiens et a engrangé la commande de deux patrouilleurs furtifs pour les Emirats Arabes Unis et celle de deux bâtiments pour les garde-côtes italiens.
Fincantieri Marine Group, la filiale américaine issue de la reprise de plusieurs chantiers US après un accord avec Lockheed Martin, se porte également plutôt bien. FMG va réaliser 10 nouveaux Littoral Combat Ship pour l'US Navy, s'ajoutant aux deux unités de la classe Freedom déjà réalisées. En 2010, la société américaine a également signé des contrats portant sur la construction d'un navire océanographique pour une agence fédérale américaine, ainsi que la réalisation de 39 vedettes pour l'US Coast Guard.

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