Construction Navale

Actualité

Fincantieri : L’activité se stabilise et le patron annonce son départ

Construction Navale

Le géant italien de la construction navale a annoncé hier ses résultats annuels, ainsi que le départ de son président. Côté chiffres, 2012 a vu la stabilisation de l’activité, qui avait été marquée ces dernières années par une chute significative du plan de charge, liée notamment à la contraction des commandes dans l’industrie de la croisière. Le chiffre d’affaires de Fincantieri a atteint, l’an passé, 2.385 milliards d’euros, contre 2.382 en 2011. Alors que l’EBITDA a atteint 137 millions d’euros, contre 138 l’année précédente, les profits du constructeur ressortent à 15 millions d’euros, soit 6 de mieux qu’en 2011. Le carnet de commandes a néanmoins continué de décroître, passant à 7.817 milliards d’euros fin décembre, contre 8.361 milliards un an plus tôt.

 

 

70% de l’activité à l’export

 

 

Alors que l’export représente 70% du chiffre d’affaires de Fincantieri, en 2012, le groupe est parvenu à signer des accords pour 6.5 milliards d’euros de commandes (options comprises), soit 1.4 milliard de contrats finalisés, le reste étant sujet au bouclage des montages financiers. L’année a notamment été marquée par la commande d’un paquebot de luxe pour Viking Ocean Cruises, un prototype qui pourrait déboucher sur une série de six navires. Fincantieri a également vendu un ferry pour la Société des Traversiers du Québec.

Dans le domaine militaire, la filiale américaine du groupe, FMG, a reçu une notification de l’US Navy pour la construction de deux Littoral Combat Ships (LCS) supplémentaires (appartenant à la série de 10 du programme lancé en 2010) et 40 vedettes pour l’US Coast Guard.

Côté réparation navale, 66 millions d’euros de contrats ont été signés en 2012, la division systèmes et équipements générant quant à elle 77 millions d’euros.

 

 

Restructuration et diversification

 

 

L’an passé, le groupe a poursuivi sa restructuration en Italie, où il dispose de 8 sites dont une partie tourne au ralenti faute de commandes suffisantes. Dans ces conditions, quelques 300 salariés ont quitté la société et 1463 autres ont été temporairement mis au chômage. Afin de compenser la surcapacité de son outil industriel, Fincantieri s’est lancé dans un vaste plan de diversification. Le constructeur cherche notamment à se renforcer sur le segment des grands yachts, mais concentre surtout ses efforts sur le marché de l’offshore, où le potentiel de croissance demeure très important. A ce titre, il a conclu le 21 décembre dernier un accord en vue d’acquérir 50.75% de STX OSV. L’ancienne division Offshore & Specialized Vessels de STX Europe, qui compte 10 chantiers dans le monde, soit cinq en Norvège (Aukra, Brevik, Langsten, Brattvaag et Soviknes), deux en Roumanie (Tulcea et Braila), deux au Brésil (Niteroi et le nouveau site de Fortaleza) et un au Vietnam (Vung Tau), a généré ces trois dernières années un chiffre d’affaires de 1.6 milliard d’euros et un EBITDA de 190 millions d’euros. La transaction pour la prise de contrôle de cette société a été bouclée le 23 janvier et va faire de Fincantieri le cinquième groupe mondial sur l’offshore, derrière les chantiers sud-coréens.  

 

 

Corrado Antonini tire sa révérence

 

 

Fincantieri a, enfin, annoncé hier le départ de son président, qui quittera ses fonctions le 31 décembre prochain après une trentaine d’années passées dans l’entreprise. Corrado Antonini était arrivé à la direction générale du groupe en 1985, avant d’en devenir le directeur général trois ans plus tard puis le président à partir de 1994. Devenu une figure incontournable de la navale européenne et, plus particulièrement, de l’univers de la construction de paquebots, Corrado Antonini est notamment parvenu à conserver depuis plus de trois décennies le groupe américain Carnival, leader mondial du secteur, comme client principal de Fincantieri. « Les résultats ont été là en 2012, malgré un marché de référence toujours difficile et l’acquisition de STX OSV, un acteur majeur du secteur offshore, que nous avons principalement financée avec nos propres ressources. (Cette acquisition) va nous permettre de renforcer notre position actuelle de leader et de regarder avec plus d’optimisme un avenir fait de croissance. Ceci avec la mise en œuvre du plan de réorganisation, en accord avec les syndicats, qui vise à restaurer la productivité et accroître la flexibilité, afin de créer des conditions propices pour maintenir l’activité dans les chantiers italiens, avec situation économique et financière solide », a déclaré hier Corrado Antonini, qui commentait pour la dernière fois les résultats annuels de Fincantieri.

Fincantieri