Construction Navale
Fincantieri : Les syndicats craignent la fermeture de chantiers

Actualité

Fincantieri : Les syndicats craignent la fermeture de chantiers

Construction Navale

La presse italienne a révélé, il y a quelques jours, une étude interne de Fincantieri évoquant une éventuelle réduction des capacités de production du groupe de construction navale, qui compte 8 sites en Italie. L'étude propose la fermeture des chantiers de Castellammare di Stabia, près de Naples, et de Riva Trigoso (Gènes) , ainsi qu'une baisse des capacités à Palerme, plutôt spécialisé dans les arrêts techniques et refontes de navires. Les syndicats se sont montrés très inquiets de ces perspectives qui, si elles se concrétisent, se traduirait par des milliers de suppressions d'emplois en interne et dans la sous-traitance. Chez Fincantieri, on indique qu' « aucune décision n'a été prise ». Le groupe explique que les choix futurs « dépendront de la manière dont le marché évoluera », notamment suite aux conséquences de la crise. « Nous essayons de prévoir des scénarios afin de ne par être pris au dépourvu. Le but est de sauvegarder autant que possible les emplois et d'éviter de devoir agir avec des conséquences à long terme. C'est pourquoi nous étudions toutes les possibilités ». Groupe public que l'Etat souhaite depuis plusieurs années privatiser, sans succès jusqu'ici, Fincantieri emploie 30.000 salariés et sous-traitants en Italie. Leader mondial de la construction de paquebots, l'industriel réalise aussi des ferries et grands yachts, ainsi que quelques navires offshores et des refontes, y compris de plateformes. Une part non négligeable de son activité (du moins en valeur) relève également du domaine militaire, les chantiers de Riva Trigoso et Muggiano réalisant porte-aéronefs, frégates, patrouilleurs et sous-marins. Faute de paquebot, le site de Sestri Ponente, près de Gènes, s'est également vu confier la construction d'un pétrolier-ravitailleur indien, dont la mise à flot est intervenue en avril dernier.

Pas de quoi alimenter tous les sites

Comme ses concurrents, Fincantieri a été très affecté par la crise économique et les difficultés des armateurs à financer leurs navires. Malgré une baisse significative des coûts de construction, les commandes, notamment dans la croisière, sont assez rares depuis trois ans. Même si le groupe italien a récemment engrangé de très belles commandes, comme un troisième Carnival Dream (130.000 tonneaux) et deux nouveaux paquebots pour Princess Cruises, ces contrats ne seront pas suffisants pour compenser la baisse d'activité. Ainsi, Fincantieri n'a que 4 navires de croisière à livrer en 2011, 3 en 2012 et, pour le moment, seulement un pour 2013 et un autre pour 2014. Ces chiffres sont à comparer aux 6 à 8 paquebots que les chantiers italiens achevaient auparavant chaque année. Alors que des mesures de chômage partiel et des plans d'économie ont déjà été lancés sur différents sites dès 2009, d'autres commandes sont attendues. Mais, sauf à constater un retournement significativement favorable dans le secteur des navires à passagers, la surcapacité devrait obliger le groupe à prendre des mesures plus ou moins drastique. « Nous aurons beaucoup de mal à maintenir de l'activité dans tous nos sites », nous confiait récemment le directeur de l'un des chantiers italiens. Dans ces conditions, seules les meilleures implantations pourraient être conservées et les projets de modernisations ou d'extensions de certains chantiers, très couteux, ne sont évidemment pas assurés. Les syndicats redoutent par exemple que Castellammare di Stabia, qui lance encore ses navires sur un plan incliné, ne voit jamais arriver le nouveau dry dock flottant envisagé depuis plusieurs années.

Fincantieri | Actualité du constructeur naval italien