Défense
Fincantieri livre une barge pour le transport des déchets nucléaires de la marine russe

Actualité

Fincantieri livre une barge pour le transport des déchets nucléaires de la marine russe

Défense
Construction Navale

Le chantier Fincantieri de Muggiano, près de La Spezia, a livré hier l’Itarus, une barge semi-submersible destinée à RosRAO, l’entreprise publique russe chargée de la gestion des déchets radioactifs, dont les réacteurs des anciens bâtiments militaires. Longue de 79 mètres pour une largeur de 29 mètres, l’Itarus affiche un port en lourd de 3000 tonnes et est équipées de locaux vie pour un équipage de 6 personnes. Dotée de 45 ballasts d’une capacité totale de 25.000 m3 d’eau et quatre pompes d’un débit de 2000 m3 par heure, la plateforme présente un tirant d’eau maximum de 24.5 mètres. Elle a été réalisée les sites de Riva Trigoso et Muggiano, avec le support d’un troisième chantier de Fincantieri, celui de Palerme, les travaux étant supervisés par le registre maritime russe.

 

L'Itarus (© : FINCANTIERI)

L'Itarus (© : FINCANTIERI) 

 

Convoyer les compartiments réacteurs d’anciens sous-marins

La barge sera utilisée pour le transport des compartiments réacteur des anciens sous-marins de la flotte russe. Elle assurera à cet effet des rotations entre le site de stockage de la baie de Sayda et le chantier Nerpa, sur la péninsule de Kola, en mer de Barents.

La commande de l’Itarus a été notifiée à Fincantieri en novembre 2013 par le ministère italien de du Développement économique, suite à un sommet italo-russe à Trieste. Ce contrat découle de l’accord conclu en 2003 entre les gouvernements de Rome et Moscou en vue d’aider la Russie à assurer le désarmement de sous-marins nucléaires désarmés, en particulier le traitement des compartiments réacteur et du combustible, tel que défini par le protocole international signé en 2002 au Canada.

Programme d’aide international

A l’époque, lors du sommet de Kananaskis, les membres du G8 ont lancé le programme « 10 + 10 / 10 », soit une enveloppe de 20 milliards de dollars sur 10 ans destinée à assurer le retraitement des bâtiments russes à propulsion nucléaire. L'image des vieux sous-marins atomiques, laissés à l'abandon dans les ports russes, en particulier dans la région de Mourmansk, avait en effet fortement émue l'opinion publique. Or, de la fin des années 50 au début des années 90, l'ex-URSS a construit plus de 250 bâtiments à propulsion nucléaire, soit environ 900 réacteurs embarqués, essentiellement sur des sous-marins. Plusieurs navires de surface sont également concernés, comme l'ex-croiseur Kirov et d’anciens brise-glaces. Le volume à retraiter est donc énorme et la Russie n’a pas, seule, les moyens de mener à bien une telle opération.

 

Le Rossita peu avant sa mise à flot fin 2010 (© : FINCANTIERI)

Le Rossita peu avant sa mise à flot fin 2010 (© : FINCANTIERI) 

 

Un navire déjà livré par l’Italie en 2011

D’où la décision des grandes puissances économiques d’aider Moscou à éliminer ce danger. Dans le cadre du programme, l'Italie s'était notamment engagée à investir 360 millions d'euros. Un premier navire, le Rossita, a déjà été livré par Fincantieri en 2011. Long de 84 mètres pour une largeur de 14 mètres, ce transporteur de déchets radioactif a été conçu avec des normes très strictes compte tenu de la dangerosité de sa cargaison. Il a ainsi été  doté d’une double coque et d’espaces confinés pour accueillir plus de 600 tonnes de déchets radioactifs, destinés au centre de retraitement de la baie de Sayda, dont la construction a été financée par l’Allemagne pour 300 millions d’euros. 

Fincantieri | Actualité du constructeur naval italien Marine Russe | Toute l'actualité des Forces Navales de la fédération de Russie