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Fincantieri : vers une commande géante de paquebots pour NCL ?

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Fincantieri : vers une commande géante de paquebots pour NCL ?

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La presse italienne rapporte que l’armateur américain Norwegian Cruise Line serait sur le point de signer une commande géante avec Fincantieri. Six paquebots de 130.000 GT seraient en jeu, le premier devant être livré en 2022. Le constructeur n’a pas souhaité commenter.

Si l’information se confirme, elle constituera une excellente nouvelle pour Fincantieri, qui parviendrait à faire entrer dans sa clientèle le numéro 3 mondial de la croisière. Si le groupe italien et la compagnie américaine n’ont jamais travaillé ensemble, des liens existent via Frank del Rio, président depuis janvier 2015 de NCLH, regroupant NCL mais aussi Oceania Cruises et Regent Seven Seas Cruises. Deux compagnies que présidait Frank del Rio (fondateur de la première) au travers de Prestige Holding, racheté en 2014 par le groupe Norwegian. Or, les derniers navires de ces marques, les Marina (2011) et Riviera (2012) d’Oceania Cruises, ainsi que le Seven Seas Explorer (2016) de RSSC, ont justement vu le jour dans les chantiers italiens.

Ce qui n’est le cas d’aucun des 14 paquebots exploités par NCL. Tous sont sortis des chantiers allemands Meyer Werft ou Lloyd Werft, alors que le Norwegian Epic a été livré en 2010 par Saint-Nazaire.

Encore trois géants à livrer par les chantiers allemands

Depuis, NCL fait de noueau réaliser ses nouvelles unités chez Meyer Werft. Il y a eu les Norwegian Breakaway et Norwegian Getaway (145.600 GT, 2000 cabines) en 2013 et 2014, puis le Norwegian Escape (164.600 GT, 2100 cabines) en 2015. Dérivé de ce dernier, le Norwegian Joy (168.800 GT, 1950 cabines) sortira à l’été 2017 du chantier de Papenburg et sera le premier navire de la compagnie conçu dès l’origine pour accueillir des passagers chinois. Deux autres unités du type Breakaway Plus sont déjà commandées à Meyer Werft pour des livraisons en 2018 et 2019, le second ayant de bonnes chances de rejoindre le Norwegian Joy en Asie.

Un mastodonte dans les cartons

Pour la suite, NCL semblait plutôt envisager de faire construire des paquebots encore plus gros et Frank del Rio avait dit s’intéresser à une propulsion au GNL. On évoquait notamment des unités de plus de 200.000 GT et, compte tenu des contraintes de taille de Papenburg, l’hypothèse d’une commande au chantier finlandais de Turku, filiale de Meyer Werft, paraissait probable pour une livraison à partir de 2021. Mais le chantier nordique a vu son carnet de commandes se garnir rapidement, avec en particulier les nouveaux géants de Costa Croisières (183.200 GT, 2600 cabines), dont les deux premiers exemplaires sont livrables en 2019 et 2021, deux unités dérivées pour Carnival Cruise Line venant récemment s'y ajouter, pour des mises en service en 2020 et 2022.

Des navires de taille raisonnable pour le marché premium

Si le projet de paquebot géant de NCL n’est peut-être pas abandonné, l’armateur pourrait donc en attendant se doter d’une flotte de navires plus petits, quoique déjà imposants. Le gabarit de 130.000 GT avancé par la presse italienne n’est pas incohérent puisqu’au-delà des très grands navires, NCL exploite aussi des unités de taille moindre, notamment sur des itinéraires inaccessible aux mastodontes. Une partie de la clientèle de la compagnie américaine, plutôt haut de gamme, apprécie ce type de bateaux. Dans cette perspective, il n’est pas illogique de remplacer les plus vieux navires de la flotte par des successeurs plus gros, sans pour autant atteindre des tailles colossales, avec la volonté de monter en gamme et venir concurrencer le segment premium occupé par exemple par Celebrity Cruises.

Remplacer les plus vieilles unités de la flotte

En priorité, NCL doit prévoir le renouvellement, au début de la prochaine décennie, de trois navires de 1000 cabines, les  Norwegian Spirit (1998, 75.900 GT), Norwegian Sky (1999, 77.100 GT) et Norwegian Sun (2001, 78.300 GT), puis la classe Star (92.250, 1120 cabines), dont les deux premiers exemplaires, les Norwegian Star, Norwegian Dawn, sont entrées en service en 2001 et 2002 (le troisième, le Norwegian Jewel, n’a été livré qu’en 2005).

Une série de six nouveaux paquebots semble donc pertinente, surtout dans une perspective de renouvellement mais aussi de poursuite du développement de la compagnie, sur ses marchés traditionnels (USA, Europe), ainsi qu’en Asie et en Océanie.

 

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