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Flinterstar : Le risque de pollution s’éloigne dans le Pas-de-Calais

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Flinterstar : Le risque de pollution s’éloigne dans le Pas-de-Calais

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Les boulettes d’hydrocarbure découvertes mercredi soir sur les plages dunkerquoises proviennent bien du Flinterstar. Mais la menace d’une pollution provenant du cargo néerlandais, qui a fait naufrage le 5 octobre suite à une collision avec un méthanier au large de Zeebrugge, semble s’éloigner. « Nous sommes en contact permanent avec les Belges et les dernières tendances sont assez rassurantes. Le risque de pollution s’éloigne », expliquait-on ce vendredi matin à la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.

 

Le Flinterstar a coulé sur des hauts fonds au large de Zeebrugge (© : DR)

Le Flinterstar a coulé sur des hauts fonds au large de Zeebrugge (© : DR)

 

Alors que les Belges ont déployé d’importants moyens autour de l’épave pour récupérer les hydrocarbures qui se sont échappés en mer (entre 100 et 200 tonnes de fioul), le pompage des soutes du Flinterstar, retardé par les mauvaises conditions météorologiques, devrait encore prendre une douzaine de jours. D’ici là, malgré les informations rassurantes, les autorités françaises restent très vigilantes.

 

Le VN Sapeur (© : MICHEL FLOCH)

Le VN Sapeur (© : MICHEL FLOCH)

 

Moyens nautiques, aériens et satellites mobilisés

Dès mardi, suite aux informations annonçant une possible dérive des hydrocarbures vers les côtes françaises, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord avait dépêché dans le détroit du Pas de Calais d’importants moyens. Le bâtiment de soutien, d’assistance et de dépollution (BSAD) VN Sapeur avait quitté Brest pour remonter la Manche, alors que le patrouilleur Pluvier appareillait de Cherbourg avec, à son bord, du matériel antipollution. Pendant ce temps, des reconnaissances aériennes ont été organisées, mobilisant notamment l’hélicoptère Dauphin de la Marine nationale basé au Touquet. « Des vols quotidiens sont menés sur le trait de côte et au large de Dunkerque par le Dauphin, complété par d’autres moyens, comme un hélicoptère de la Douane qui va réaliser ce vendredi des observations. Nous avons également eu un passage satellite dans l’Est de la Manche et en mer du Nord ». Aucune pollution n’a été repérée en mer.

 

Un hélicoptère Dauphin (© : MARINE NATIONALE)

Un hélicoptère Dauphin (© : MARINE NATIONALE)

 

Le CEDRE identifie la provenance des micro-boulettes

Ce qui n’a pas empêché des micro-boulettes, qui se répandent dans la colonne d’eau et sont très difficilement détectables, de venir s’échouer mercredi soir sur la plage de Malo-les-Bains, près de Dunkerque. Ces arrivages ont concerné une surface d’environ 3500 m2 où l’on pouvait dénombrer une moyenne de 30 à 40 boulettes de la taille d’une pièce de 2  Euros par m2. Un prélèvement a été réalisé hier matin, en présence d’un officier de police judiciaire, pour être analysé par le Centre de Documentation, de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE), à Brest. Afin d’accélérer le transport et le traitement des échantillons, la préfecture maritime a mis en place une liaison aérienne avec un Xingu de l’aéronautique navale. Après analyse, les résultats sont tombés cette nuit et confirment que ces hydrocarbures proviennent bien des cuves du Flinterstar. Pour autant, la pollution, nettoyée par les services municipaux, est de faible ampleur et semble diminuer. Ainsi, hier soir, la préfecture maritime indiquait que « seul un fin liseré de micro-boulettes avait été laissé par la marée descendante ».

 

Le Pluvier (© : MICHEL FLOCH)

Le Pluvier (© : MICHEL FLOCH)

 

Le VN Sapeur reste en alerte à Dunkerque

Alors que les observations aériennes se poursuivent, le dispositif nautique a été allégé. Après avoir mené des reconnaissances en mer avec le VN Sapeur, le Pluvier a reçu liberté de manœuvre et est reparti accomplir son planning opérationnel initial. En revanche, le BSAD demeure en alerte à Dunkerque, avec à son bord une équipe spécialisée du Centre d’Expertises Pratiques de lutte anti- pollution (CEPPOL), à laquelle s’ajoutent deux marins pompiers et quatre experts de la cellule anti-pollution de la base navale de Cherbourg. « Depuis le début, la préfecture maritime a fait le choix de la prévention et de la prudence afin de disposer des moyens nécessaires pour répondre immédiatement à toute dégradation de la situation. Cette posture demeure aujourd’hui, même si à ce stade nous avons des éléments rassurants. C’est pourquoi le VN Sapeur va sans doute rester quelques jours encore à Dunkerque, le dispositif étant adapté à l’évolution de la situation ».

On notera que le déploiement dans le Pas-de-Calais du BSAD brestois n’est pas lié à l’avarie que connait actuellement le remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS) Abeille Languedoc. « Ce navire ne dispose pas des moyens d’un BSAD et, pendant les réparations, un autre remorqueur, le Sea Lynx, le remplace et assure sa garde dans le secteur du détroit ». 

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