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Floatgen : L’installation au Croisic jongle avec la météo

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Après de longs mois d’attente, la première éolienne flottante construite en France a quitté dimanche 29 avril le port de Saint-Nazaire afin d’être installée sur le SEM-REV, au large du Croisic. Réalisé dans le cadre du programme européen Floatgen, ce démonstrateur est doté d’une éolienne de 2 MW et d’une fondation en béton d’environ 5000 tonnes, mesurant 36 mètres de côté pour 9.5 mètres de haut. Ce flotteur est le premier à adopter le design Damping Pool conçu par la société française Ideol. Pendant deux ans, l’éolienne sera testée sur le SEM-REV, site d’essais en mer développé par Central Nantes. Cela en conditions réelles, y compris extrêmes, puisque les vents peuvent dans cette zone dépasser les 100 km/h et les houles atteindre 16 mètres en hiver.

 

 

Dédié aux nouvelles technologies liées aux énergies marines renouvelables, le SEM-REV occupe pour mémoire une zone maritime d’un kilomètre carré située à environ 22 kilomètres au large du Croisic, pour une profondeur d’eau d’environ 33 mètres. Il comprend une station à terre (centre de recherche et sous-station électrique), un câble d’export électrique (20kV et 24 fibres optiques) et une station de raccordement électrique sous-marine pour trois connexions simultanées de prototypes. On notera que la connexion de démonstrateurs au réseau électrique terrestre interviendra ultérieurement. Centrale Nantes a en effet lancé un marché public pour mener des travaux sur le câble, posé en 2012 mais qui nécessiterait des interventions techniques pour être opérationnel. Le site ne peut donc, pour le moment, permettre aux prototypes produisant de l’énergie, à l’instar de Floatgen, d’injecter du courant dans le réseau. Une situation problématique que Centrale Nantes espère solutionner au plus vite.

En attendant, cela n’empêche toutefois pas les premières installations, d’autant que le SEM-REV n’a pas uniquement vocation à accueillir des systèmes de production d’énergie. Un tout premier équipement, en l’occurrence un prototype de suivi acoustique développé par la société d’ingénierie nantaise Nereis Environnement, y a ainsi été implanté le 12 avril. Sept autres projets sélectionnés par le programme européen FORSEA vont suivre, à commencer par Floatgen.

Minutieusement préparée ces derniers mois par les porteurs du projet, en coopération avec les équipes du pilotage de la Loire, du remorquage portuaire et de la compagnie marseillaise Jifmar Offshore Services (qui a la responsabilité de d’installation), le transfert de l’éolienne a donc débuté dimanche. Profitant d’une fenêtre météo favorable, avec certes de la pluie mais surtout peu de vent et de houle pendant environ 72 heures, deux des plus puissants remorqueurs de Boluda France, les VB Ouragan et le VB Typhon, ont pris en charge l’imposante machine, qui a été extraite du bassin de Penhoët via la forme Joubert pour s’engager dans l’estuaire de la Loire. Le transit jusqu’au site du Croisic s’est fait à très petite vitesse, le convoi arrivant sur place lundi. En plus des VB Ouragan et le VB Typhon, Jifmar a déployé trois de ses bateaux : alors que le Jif Patrol 1 assure la surveillance de zone et le support aux autres navires (dont les relèves d'équipage), le Lydia D est venu compléter les remorqueurs de Boluda pour maintenir l’éolienne en place le temps que soit réalisée la complexe opération d’ancrage. Celle-ci est conduite par le Jif Challenger, qui assure la partie la plus critique de la manœuvre, à savoir récupérer et fixer sur le flotteur les six lignes préalablement posées au fond de la mer par Bourbon l’an dernier.  

Hier, la seconde ligne devait être fixée mais la météo se dégradant, il a apparemment fallu suspendre temporairement la suite des opérations dans l’attente de conditions plus favorables, prévues à partir de demain. D’ici là, les remorqueurs restent en place pour maintenir l’éolienne.

- Voir notre article détaillé sur le projet Floatgen