Energies Marines
Floatgen, première éolienne flottante construite en France

Reportage

Floatgen, première éolienne flottante construite en France

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Quinze mois après le début de sa construction, la première éolienne flottante produite en France a été inaugurée vendredi 13 octobre à Saint-Nazaire. Réalisé dans le cadre du projet européen Floatgen, ce démonstrateur sera remorqué cet hiver jusqu’au site d’essais en mer SEM-REV, au large du Croisic. Raccordée au réseau électrique terrestre, l’éolienne y sera testée pendant deux ans afin de valider, en conditions réelles, le concept, les technologies retenues et les performances de la machine.

 

L'éolienne Floatgen dans les bassins de Saint-Nazaire

L'éolienne Floatgen dans les bassins de Saint-Nazaire (© MER ET MARINE)

L'inauguration de l'éolienne par Catherine Chabot

L'inauguration de l'éolienne par Catherine Chabot (© FLOATGEN)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

De gros avantages par rapport à l’éolien posé

« L’éolien fixe compte aujourd’hui plus de 3600 machines en service dans le monde, quasi-exclusivement en Europe du nord. Mais on ne peut pas installer de tels parcs au-delà de 40 mètres de profondeur et la plupart des sites propices ont déjà été développés ou sont en cours de développement. Le flottant offre une nouvelle frontière, car il permet de s’affranchir de toute contrainte de profondeur. On peut donc ouvrir le marché de l’éolien en mer à tous les pays du monde, plus seulement quelques zones peu profondes concentrées pour l’essentiel dans les eaux européennes. Le flottant permet aussi d’exploiter au mieux les ressources offertes par le vent, sur les sites plus éloignés des côtes, là où les gisements éoliens sont les meilleurs. Et puisqu’on s’éloigne du littoral, on résout les problèmes liés à la pollution visuelle et aux conflits d’usage, par exemple avec les pêcheurs. Enfin, sur le plan industriel, l’un des grands atouts de cette technologie est de pouvoir réaliser presque tous les travaux à terre. Contrairement à l’éolien posé, il n’y a plus à utiliser des navires d’installation, coûteux, soumis aux aléas météo et qu’il faut réserver longtemps à l’avance. Le flottant permet donc de réduire les coûts et les risques, tout en améliorant l’acceptabilité du développement de l’éolien en mer », affirme Paul de la Guérivière, président d’Ideol.

 

Paul de la Guérivière, à droite, durant la conférence de presse du 13 octobre

Paul de la Guérivière, à droite, durant la conférence de presse du 13 octobre (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

La fondation innovante d’Ideol

C’est cette société française, créée à La Ciotat en 2010 et forte aujourd’hui de 65 salariés, qui a conçu la fondation flottante choisie pour le projet Floatgen. Il s’agit du Damping Pool, un concept innovant et breveté qui se présente sous la forme d’un anneau carré, construit en béton ou en acier. Celui-ci est capable d’accueillir une éolienne classique sans modification majeure. La machine supportée par Floatgen en est l’illustration parfaite puisque cette turbine Vestas était initialement destinée à un parc éolien terrestre finalement annulé. Elle s’est parfaitement adaptée à la fondation flottante, seules quelques modifications étant nécessaires au niveau du système de contrôle/commande, pour tenir compte des conditions marines et notamment les mouvements de la mer ; tout en adaptant le mât pour lui permettre avec l’ensemble de la structure d’encaisser des efforts plus importants.

Le Damping Pool, pour lequel il n’y a pas de réelle limite de puissance en termes de machines installées, offre selon son concepteur, grâce aux propriétés hydrodynamiques de son design et au système d’ancrage, des mouvements de plateformes extrêmement limités.

 

La fondation Damping Pool de Floatgen pendant la pose de la pièce de transition cet été 

La fondation Damping Pool de Floatgen pendant la pose de la pièce de transition cet été (© IDEO - BYTP)

Floatgen avec sa fondation en anneau carré Damping Pool 

Floatgen avec sa fondation en anneau carré Damping Pool (© ECN)

 

Simple et économique

Au-delà des performances techniques, l’enjeu majeur de ce nouveau concept est économique : « Le Damping Pool est un flotteur extrêmement compact et simple. C’est aujourd’hui la seule technologie qui donne de l’avenir à l’éolien flottant car elle permet de réduire les coûts et est compatible avec des développements à grande échelle », affirme Paul de la Guérivière.

Le flotteur a été conçu par Ideal comme une structure simple à réaliser, mais aussi à entretenir. « Tout travail offshore coûte cher et reste contraint par les conditions météo. Nous avons donc décidé d’éliminer au maximum ce problème pour réduire les coûts et les risques. Pour le flotteur, par exemple, il n’y a pas de pompe, de système électromécanique, il est auto-stabilisé et ne nécessite aucune intervention. Quant au béton, il présente l’énorme avantage de pouvoir résister pendant 30, 40 ou 50 ans sans maintenance », souligne Bruno Geschier, directeur commercial et marketing d’Ideol.

 

Bruno Geschier, directeur commercial et marketing d’Ideol (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Bruno Geschier, directeur commercial et marketing d’Ideol (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Plus de retombées pour l’économie locale

La société a eu l’intelligence de concevoir dès l’origine le Damping Pool pour qu’il puisse être réalisé, suivant les pays, en acier ou en béton, selon les savoir-faire et coûts de production locaux. En Europe, par exemple, le béton est peu onéreux et bénéficie d’un grand savoir-faire, alors qu’en Asie, la métallurgie est très puissante et peut inciter à opter pour l’acier. Un élément crucial car, par rapport à l’éolien posé, le flottant doit offrir des retombées locales plus importantes. Compte tenu de la taille des structures, elles seront en effet réalisées à proximité des parcs, l’essentiel des travaux de construction étant conduits dans les ports. Il ne s’agira donc plus uniquement d’utiliser des bases logistiques pour la réception et le pré-assemblage des éléments d’éoliennes, puis leur embarquement sur des navires assurant l’installation au large.

Avec Floatgen, il était d’ailleurs intéressant de mesurer la différence de temps entre la réalisation de la fondation en béton, qui a pris six mois, et l’assemblage des deux sections de mâts, de la turbine et des trois pales, conduite en seulement une semaine. « Cette technologie permet d’accroître les retombées pour l’économie locale et de créer plus d’emplois en réalisation la construction au plus près des sites d’installation. Pour la coque en béton de Floatgen, ont été mobilisés en pointe 70 emplois directs et le projet a fait travailler environ 70 entreprises régionales à des degrés divers, allant de la fourniture de béton et de métal aux prestations de service, jusqu’aux assurances. Il y a eu pour cette seule éolienne plus

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