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FLOTLOG : L’accord franco-italien signé

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FLOTLOG : L’accord franco-italien signé

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En marge d’une rencontre mardi soir entre Florence Parly et son homologue italienne, Elisabetta Trenta, le Direction Générale de l’Armement et son équivalent transalpin ont signé un accord bilatéral portant sur les futurs bâtiments logistiques de la Marine nationale.

Ce programme, connu sous le nom de FLOTLOG, verra la commande, en 2019, de trois nouveaux navires, avec une option pour la réalisation d’une unité supplémentaire. Les deux premiers doivent entrer en service entre 2022 et 2025, le troisième vers 2027 et le dernier, s’il est confirmé, à l’horizon 2029.

 

L'un des actuels BCR français ravitaillant des frégates alliées (© MARINE NATIONALE)

L'un des actuels BCR français ravitaillant des frégates alliées (© MARINE NATIONALE)

 

Comme annoncé précédemment, la France a décidé de jouer la carte de la coopération européenne en rejoignant le programme Logistic Support Ship (LSS), dont l’Italie a confié la gestion à l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR). Pour mémoire, cette structure européenne gère déjà plusieurs programmes franco-italiens, soit par le biais de coopérations entre ces deux pays (frégates multi-missions FREMM et système de défense antiaérienne FSAF), soit par des coopérations plus larges associant d’autres pays, à l’image du drone à moyenne altitude longue endurance MALE-RPAS et du programme de radio-logicielle ESSOR.

 

Le Vulcano en achèvement à flot (© JEAN-CLAUDE BELLONNE

Le Vulcano en achèvement à flot (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Premier navire du programme LSS, le Vulcano, en cours de construction par Fincantieri, doit être livré à la marine italienne à partir de 2019. Il s’agit d’un bateau de 165 mètres de long pour 24 mètres de large et 23.500 tonnes de déplacement en charge. C’est sur la base de ce design que les futurs bâtiments de la Marine nationale seront conçus. « Les navires français reprennent le design du navire italien Vulcano, en y apportant les modifications nécessaires au besoin du soutien du groupe aéronaval constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle », explique le ministère des Armées. Les unités françaises devraient notamment être plus larges et seront équipées d’un système d’armes personnalisé, dont la composition (artillerie, missiles ?) reste à acter.

 

Le design LSS (© FINCANTIERI)

Le design LSS (© FINCANTIERI)

 

L’abandon des études nationales autour de FLOTLOG, qui avaient donné naissance au concept Brave développé par Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique, s’explique de deux manières. Il s’agit d’abord d’une décision politique permettant à la France de montrer concrètement sa volonté de renforcer la coopération européenne en matière de défense. Il s’agissait aussi de l’un des rares projets pouvant donner du corps à l’alliance que souhaitent nouer Fincantieri et Naval Group. Par ailleurs, le recours à une adaptation du design italien permet de réduire sensiblement le budget alloué aux études et, ainsi, réaliser des économies. De l’argent qui peut servir utilement à d’autres programmes et a aussi servi d’argument pour porter la cible du programme FLOTLOG à quatre bâtiments, au lieu des trois initialement prévus.

Sur le plan industriel, le programme sera porté par les Chantiers de l’Atlantique, en partenariat avec Naval Group. Les futurs bâtiments logistiques français verront le jour à Saint-Nazaire, une partie de la coque étant réalisée en Italie par Fincantieri. Il s’agit de la section avant des navires, celle qui accueille les fonctions de ravitaillement. Une fois ces parties produites par les chantiers italiens, elles seront remorquées vers l’estuaire de la Loire et intégrées aux sections arrière construites localement.

 

Le Charles de Gaulle et une frégate de défense aérienne ravitaillés par un BCR (© DR)

Le Charles de Gaulle et une frégate de défense aérienne ravitaillés par un BCR (© DR)

 

FLOTLOG permettra d’assurer le remplacement des bâtiments de commandement et de ravitaillement (BCR) Var, Marne et Somme, unités de 157 mètres et 18.000 tpc mises en service en 1983, 1987 et 1990. Une classe qui avait débuté avec les pétroliers-ravitailleurs Durance (1977) et Meuse (1980), le premier étant vendu en 1999 à l’Argentine et le second désarmé en 2015.

Les ravitailleurs sont  essentiels pour assurer le soutien logistique, la capacité à durer sur des théâtres d’opérations lointains et l’autonomie des bâtiments de combat, en particulier du groupe aéronaval emmené par le porte-avions Charles de Gaulle. Au-delà du diesel de propulsion des frégates, les ravitailleurs procurent également du carburéacteur pour les aéronefs (hélicoptères, avions embarqués), des munitions, pièces de rechange, ainsi que des vivres et de l’eau douce. Ils sont par ailleurs chargés de l’évacuation des déchets et disposent d’ateliers pour effectuer des réparations.  

 

Le BCR Marne (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le BCR Marne (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

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