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Marine nationale : des débuts compliqués pour la flotte intérimaire d’hélicoptères
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Marine nationale : des débuts compliqués pour la flotte intérimaire d’hélicoptères

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Gros casse-tête pour la Marine nationale qui ne va pas disposer aussi rapidement que prévu des douze hélicoptères Dauphin N3 loués au groupement DCI / Héli-Union dans le cadre de la flotte intérimaire d’hélicoptères, a appris Mer et Marine. Normalement, les trois premiers appareils, destinés à la flottille 35F, devaient être livrés après rénovation et adaptation aux besoins de la marine au 1er décembre 2020. Un seul l’a été courant décembre, et il est loin d’être dans la configuration prévue, alors que le second a été livré le 2 février sur la base d’aéronautique navale d’Hyères (qui les réceptionne), le troisième étant en attente de validation par la DGA. Eux non plus ne sont pas au standard souhaité et la marine dit n’avoir « aucune visibilité » quant à l’arrivée des machines suivantes, ni sur la date à laquelle elle disposera du parc de douze « Dauphin FI » dans la configuration prévue par le contrat. « Il y a du retard et les Dauphin que nous avons pour le moment reçus ne correspondent pas du tout aux spécifications prévues. Concrètement, on ne peut pas employer ces appareils pour les missions opérationnelles qui devaient leur être confiées », explique un officier. Et la marine est d’autant plus mécontente que ce retard provoque un effet domino sur le plan de réorganisation qu’elle devait mettre en œuvre cette année. « L’impact va être énorme car les Dauphin de la flotte intérimaire devaient remplacer dès cet été les Panther stationnés aux Antilles et à La Réunion, afin que nous puissions concentrer tous les Panther en métropole pour les concentrer sur leur cœur de métier, la lutte antisurface, à bord des frégates des types La Fayette et Horizon. De là, nous devons récupérer les Caïman qui embarquent sur les Horizon pour les dédier aux FREMM et soutenir le passage de ces bâtiments à deux équipages avec un doublement des détachements Caïman. C’est une manœuvre compliquée qui nécessite énormément d’organisation et constitue une opération majeure en matière de ressources humaines. Le retard pris par les Dauphin de la flotte intérimaire va nous obliger à tout décaler ».

 

Les Dauphin FI adoptent la même livrée que les Panther (

Les Dauphin FI adoptent la même livrée que les Panther (© MARINE NATIONALE)

 

Le retour des Panther stationnés outre-mer reporté

Sans visibilité ni certitude, il n’est en effet plus question de rapatrier cet été en métropole les Panther basés aux Antilles et à La Réunion. Cela devient trop compliqué en matière de RH pour les affectations des personnels concernés et aussi leurs familles. Mais cela coince également au niveau opérationnel puisque ces hélicoptères sont indispensables aux frégates de surveillance basées dans ces territoires ultramarins. Or, si les Panther étaient rapatriés sans être remplacés immédiatement par les Dauphin FI, cela reviendrait à ne laisser sur place que des moyens inadaptés pour des missions essentielles, voire une rupture temporaire de capacité, impensable pour les autorités locales. Il ne resterait en effet plus qu’une antique Alouette III à Fort-de-France, alors qu’un hélicoptère puissant est crucial pour les opérations de lutte contre le narcotrafic dans l’arc caribéen, et rien du tout à La Réunion puisque le second Panther qui y était affecté a déjà été rapatrié à Hyères en 2020. La permutation devra donc probablement attendre 2022, année où les Dauphin FI doivent aussi succéder aux dernières Alouette III, qui seront retirées du service.

Un contrat notifié dans l’urgence fin 2019

Alors comment en est-on arrivé là ? D’abord, le calendrier de préparation du projet était particulièrement serré. Pour mémoire, la flotte intérimaire d’hélicoptères vise à maintenir les capacités

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