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Flottes de Combat : Après 30 ans de service, Bernard Prézelin signe sa dernière édition

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Flottes de Combat : Après 30 ans de service, Bernard Prézelin signe sa dernière édition

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4 kilos pour 1474 pages détaillant les forces navales du monde entier, des plus humbles aux plus puissantes. Une véritable mine d’informations, la plus complète au monde puisque l’on y trouve non seulement les marines de chaque pays, mais aussi leurs autres composantes maritimes, comme les garde-côtes, douanes et autres administrations dotées de moyens nautiques.

Très attendue, l’édition 2016 de Flottes de Combat vient de sortir, quatre ans après la précédente. Un superbe ouvrage comprenant toutes les unités en service ou en projet, avec leurs caractéristiques techniques et de nombreux commentaires, le tout abondamment illustré de 5620 photos, dont 3674 nouvelles choisies parmi une sélection de plus de 30.000 clichés (voir le site de Marines Editions pour le commander).

 

L’essor des puissances navales

Ce Flottes de Combat signe un nouveau record, le livre n’ayant jamais été aussi épais depuis sa création en 1897 par le commandant de Balincourt. Il illustre le développement considérable des enjeux liés à la mer et, par conséquent, la volonté de nombreux pays de se doter d’un outil naval pour protéger leurs eaux et accroître leur puissance militaire. Depuis 30 ans qu’il est à la barre de Flottes de Combat, Bernard Prézelin est un observateur privilégié de cette évolution : « Dans les années 60 à 80, l’OTAN faisait face au Pacte de Varsovie et les marines des deux bords se sont fortement développées. Puis avec la chute de l’URSS, les gouvernements occidentaux ont décidé de réduire la voilure, sans savoir que le monde allait devenir de plus en plus instable et sans penser que certains pays, comme la Chine, allaient monter en puissance aussi vite. Depuis la fin de la guerre froide, le format des grandes marines a donc grandement diminué, même si la qualité a fortement augmenté avec des bâtiments modernes dont les capacités sont sans commune mesure avec celles de leurs aînés dans les années 60 et 70. En Europe, il y a eu une tendance lourde à la décrue. Aujourd’hui, les formats continuent globalement de stagner malgré la démultiplication des crises et la dégradation de la situation autour de la Méditerranée. La Russie, elle, remonte en puissance ». 

Mais ce qui est le plus frappant, estime Bernard Prézelin, c’est le développement des marines secondaires, dont certaines sont devenues des puissances navales de premier plan : « Il y avait déjà eu un mouvement à partir des années 70, suite à la décolonisation, de nombreux pays souhaitant affirmer leur souveraineté en se dotant d’un outil militaire. Aujourd’hui, l’augmentation est généralisée, on constate une prolifération des sous-marins partout dans le monde, la flotte indienne se développe rapidement et, en Asie, l’essor des marines est phénoménal, sur fond de tensions territoriales et de volonté d’expansion ».

La Chine accède au second rang mondial

La Chine, dont la marine est récemment devenue en tonnage la seconde du monde derrière l’US Navy, est le cas le plus frappant : « elle connait une croissance exponentielle qui l’a faite passer en une quinzaine d’années seulement du statut de marine régionale à celui de flotte hauturière numériquement très importante et capable de se déployer loin de ses bases. Le fait qu’elle se soit dotée de six pétroliers-ravitailleurs est à ce titre significatif, et le rythme des constructions neuves est impressionnant : en moyenne un destroyer mis à l’eau tous les