Défense

Actualité

Focus : Autres marines asiatiques

Défense

La marine sud-coréenne (161 bâtiments représentant plus de 132.000 tonnes) poursuit sa progression régulière depuis plusieurs années et ne devrait plus tarder à remplacer l’Italie à la 8e place du classement des marines mondiales. Cette progression se constate dans toutes ses composantes : d’abord celle des sous-marins (12 unités maintenant opérationnelles dont les plus anciennes, du type 209/1200, seront remplacées dans la prochaine décennie par des unités pratiquement trois fois plus grosses du type KSS III), dans celle des bâtiments de combat de surface ensuite (avec 12 destroyers antiaériens en service dont les 3 unités du type KDX 3 dotées du système Aegis américain) et celle des bâtiments amphibies enfin : la réalisation du second porte-hélicoptères d’assaut du type Dokdo semble devoir marquer le pas car la réalisation de 4 grands bâtiments de débarquement de chars du type LST 2 est estimée prioritaire afin de remplacer les vieux LST ex-américains retirés du service récemment. Par ailleurs le renouvellement des frégates a commencé avec la livraison prochaine de l’Incheon, tête de série du type FFX, de même que celui des patrouilleurs lance-missiles avec déjà 9 Gumdoksuri en service. Cette marine a vécu un évènement dramatique en mars 2010 avec la perte de la corvette Chon An, torpillée par un sous-marin de poche nord-coréen, et la disparition de 46 membres de son équipage ; elle a en conséquence renforcé les moyens de contre-mesures de ses bâtiments.

 

 

Sous-marin du type KSS II - type 214 allemand (© : MARINE SUD-COREENNE)

 

Sous-marin coréen du type 209 (© : US NAVY)

 

Le porte-hélicoptère d'assaut Dokdo (© : US NAVY)

 

Destroyer du type KDX 3 (© : US NAVY)

 

La frégate coréenne Incheon (© : DROITS RESERVES)

 

Patrouilleur du type Gumdoksuri (© : DROITS RESERVES)

 

 

La physionomie de la marine nord-coréenne (524 unités représentant plus de 84.000 tonnes) en revanche ne change pas, si ce n’est avec l’apparition en 2009 d’un nouveau type de sous-marin de poche (Daedong), genre d’unité qu’elle semble affectionner tout particulièrement.

 

 

La marine vietnamienne, forte d'une centaine d'unités, monte très nettement en puissance pour se prémunir face aux ambitions chinoises au large de ses côtes en mer de Chine méridionale : aux 2 sous-marins de poche du type Yugo nord-coréen sans réelle valeur militaire vont s’ajouter 6 sous-marins océaniques du type Kilo commandés à la Russie fin 2009 et livrables entre 2013 et 2018. Elle a également reçu de la Russie 2 frégates légères du type Gepard en 2011 et va en faire construire 2 autres sous licence dans ses propres chantiers. La marine vietnamienne va, par ailleurs, faire construire dans les mêmes conditions 6 corvettes lance-missiles du type Tarantul V après avoir reçu en 2008-09 deux premiers exemplaires réalisés en Russie. Enfin elle négocie avec les chantiers néerlandais Damen la commande de 4 corvettes du type Sigma, dont 2 seraient à construire au Viêtnam. Si la plupart de ces nouvelles unités sont destinées à remplacer des navires transférés par la Russie au cours des années 70/80 et arrivés en fin de vie (Petya II, Osa II, Turya), elles ont une valeur militaire sans commune mesure avec ces navires anciens. Par ailleurs, on peut noter une montée en puissance spectaculaire des forces navales paramilitaires vietnamiennes, comme dans la plupart des pays asiatiques du reste, avec notamment des patrouilleurs océaniques de 2400 tonnes et 90 mètres en cours de mise en service dans la Police maritime.

 

 

Sous-marin du type Kilo russe (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

 

Frégate vietnamienne du type Gepard russe (© : ZELENODOLSK)

 

Corvette du type Tarantul V (© : CHINESE MILITARY FORUM)

 

Patrouilleur de 90 mètres de la police maritime vietnamienne (© : DROITS RESERVES)

 

 

Contrairement aux autres forces navales de la région, la marine thaïlandaise (70 bâtiments représentant plus de 50.000 tonnes) ne progresse que modérément en raison d’une insuffisance de moyens budgétaires. Elle a notamment dû renoncer en 2012 à l’acquisition, pourtant programmée en 2011, de 4 sous-marins d’occasion que lui proposait l’Allemagne. Elle a cependant pu augmenter le nombre de ses bâtiments de moyen ou faible tonnage avec l’acquisition d’un 1er patrouilleur océanique du type Vega et de 3 patrouilleurs côtiers du type T 994 ; elle a également modernisé sa composante amphibie avec la mise en service d’un 1er transport de chalands de débarquement (type STEM 1400) dérivé des Endurance singapouriens pour remplacer les vieux LST ex-américains et celle de 2 nouveaux LCU remplaçant également de vieilles unités ex-américaines. Elle envisage maintenant le remplacement de ses 2 frégates du type Knox par des bâtiments neufs pour lesquels elle a sollicité plusieurs constructeurs étrangers dont le choix devrait être opéré en 2013.

 

 

Patrouilleur thaïlandais du type Vega (© : DR - COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

 

 

 

TCD thaïlandais du type STEM 1400 (© : DR - COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

 

 

La marine malaisienne (37 bâtiments pour 28.000 tonnes) dispose maintenant d’une composante sous-marine avec les 2 unités du type Scorpène mises en service en 2009. Elle souhaiterait en recevoir d’autres mais elle doit accorder la priorité aux bâtiments de surface : 4 corvettes du type Gowind Combat français doivent ainsi être commandées prochainement ; elles ont été préférées à des unités supplémentaires du type Meko A-100 allemand dont 6 exemplaires sont en service. De même elle fait procéder à la modernisation de ses 2 corvettes du type Kasturi et va devoir envisager le remplacement de son seul bâtiment amphibie, le LST Sri Inderapura détruit par un incendie en octobre 2009.

 

 

Scorpène malaisien (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Corvette du type Gowind Combat français (© : DCNS)

 

Corvette malaisienne du type Kasturi (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Après avoir refusé les corvettes du type F 2000 commandées aux chantiers britanniques Yarrow en 2004, le sultanat de Brunei a commandé aux chantiers allemands Lürssen et reçu, entre 2009 et 2011, 3 patrouilleurs océaniques du type OPV 80 et 4 patrouilleurs côtiers FPB 41 qui correspondent certainement beaucoup mieux aux besoins de sa marine que les F 2000 trop sophistiquées. Ces dernières n’ont pour le moment pas trouvé de pays acquéreur.

 

 

Patrouilleur du type PV 80 de la marine de Brunei (© : MER ET MARINE - JLVENNE)

 

 

Craignant également les ambitions chinoises dans la région, la marine philippine (54 bâtiments pour 18.000 tonnes) se renforce : elle vient ainsi d’acquérir 2 ex-cotres océaniques américains en 2011 et 2012, les Hamilton et Dallas que l’US Coast Guard lui a transférés après avoir débarqué une partie de l’armement et des radars comme elle l’a fait pour l’unité du même type transférée au Nigeria. Elle devrait également recevoir de la Corée du sud une corvette du type Po Hang et du Japon 12 patrouilleurs ; cela lui permettra de retirer du service la dizaine de bâtiments de combat ex-américains datant de la 2e guerre mondiale et qui pourtant naviguent toujours.

 

 

L'ex-Hamilton de l'US Coast Guard (© : USCG)

 

 

 

Article de Bernard Prézelin, auteur de Flottes de Combat

 

 

 

Flottes de Combat, l'ouvrage de référence des forces navales (© : MARINES EDITIONS)

 

Asie