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Focus : Les marines d’Amérique latine

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La marine brésilienne, la plus importante du continent latino-américain, va conforter sa place de leader. Elle était déjà la seule à disposer d’un porte-avions, le Sao Paulo (ex-Foch) qui, même s’il a un âge respectable (50 ans) et navigue peu, a le mérite d’exister. Elle va se distinguer une nouvelle fois des autres avec la construction de son premier sous-marin nucléaire d’attaque, dont la livraison est prévue en 2025 et qui sera réalisé en partie avec l’assistance technique de la France. Celle-ci va lui permettre également de disposer de 4 sous-marins classiques du type Scorpène entre 2017 et 2021.

 

 

Vue d'un futur Scorpène brésilien (© : DCNS)

 

 

Dans le cadre de son programme Prosuper elle envisage par ailleurs un renouvellement de ses forces de surface, à savoir 5 frégates antiaériennes, 5 patrouilleurs océaniques et un pétrolier-ravitailleur. Ce projet entraine une rude compétition entre les constructeurs européens sollicités (allemands, britanniques, espagnols, français et italiens) et asiatiques (coréens). D’ores et déjà le résultat est connu pour ce qui concerne les patrouilleurs océaniques puisque le Brésil a acheté les 3 unités du type Vega (les deux premières, l’Amazonas et l’Apa, ont été livrées en 2012) commandées puis refusées par Trinité-et-Tobago, en raison d’un changement politique intervenu à la tête de cet Etat. Le Brésil a, de plus, obtenu de la Grande-Bretagne l’autorisation de construire localement d’autres exemplaires sous licence. La construction des corvettes du type Barroso va également reprendre et celle des patrouilleurs du type Vigilante 400 se poursuivre.

 

Corvette du type Barroso (© : R. EDWARDS - COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

 

Patrouilleur du type Vigilante 400 (© : MARINE BRESILIENNE)

 

 

Le Brésil va devoir maintenant renouveler sa force amphibie car, malgré l’acquisition récente des 2 LST britanniques Sir Galahad et Sir Bedivere disposant d’un certain potentiel de longévité, elle est équipée de bâtiments ex-américains très ou assez âgés et a du reste été contrainte de désarmer le LSD Rio de Janeiro en 2012.

Par ailleurs, un navire hydrographique fluvial de 55 mètres et 530 tonnes a été commandé le 5 décembre 2012 et s’appellera Rio Branco. La marine brésilienne doit également acquérir un navire océanographique en 2013.

 

 

Le LST Almirante Saboia , ex-Sir Bedivere (© : MARINE BRESILIENNE)

 

 

Après avoir renouvelé ces dernières années sa composante sous-marine avec l’acquisition de 2 Scorpène en 2005/2006 et sa composante frégates avec l’achat de 8 unités de seconde main mais néanmoins récentes auprès des Pays-Bas et de la Grande-Bretagne, la marine chilienne a renouvelé en 2011 d’une part sa force amphibie en acquérant auprès de la France le TCD Foudre pour remplacer le LST Valdivia arrivé en fin de vie et d’autre part sa force de soutien en achetant un pétrolier-ravitailleur ex-américain du type Kaiser pour remplacer l’Araucano et un pétrolier civil qui a repris le nom Araucano. Concernant les patrouilleurs océaniques du type OPV 80 (Piloto Pardo), 2 sont maintenant en service, un 3e est en construction et un 4e est prévu ; 3 autres, gréés en bâtiments lance-missiles, pourraient être construits ultérieurement pour remplacer les corvettes lance-missiles ex-israéliennes du type Saar IV.

 

 

Scorpène chilien (© : NAVANTIA)

 

L'ex-Foudre (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Patrouilleur chilien du type OPV80 (© : MARINE CHILIENNE)

 

L'Almirante Montt, du type Kaiser américain (© : US NAVY)

 

L'Araucano (© : MARINE CHILIENNE)

 

 

La marine vénézuélienne a réceptionné entre 2010 et 2012 les 4 corvettes type Guaiqueri et 3 des 4 patrouilleurs océaniques type Guaicamacuto commandés aux chantiers espagnols Navantia en 2005 ; seul reste à achever le 4e et dernier patrouilleur océanique réalisé au Venezuela avec l’assistance espagnole. Elle n’a toujours pas pu commander les sous-marins du type Kilo qu’elle envisage depuis plusieurs années ; un accord de financement étant intervenu avec la Russie en octobre 2011. Une commande, au moins partielle, pourrait survenir en 2013. L’embargo américain l’empêchant de mener à son terme la modernisation de ses dernières frégates du type Lupo, la Chine pourrait lui apporter son concours ; de même pour la construction de ses nouveaux petits bâtiments (patrouilleurs et engins de débarquement), elle s’est tournée vers Cuba.

 

Corvette du type Guaiqueri (© : NAVANTIA)

 

Patrouilleur du type Guaicamacuto (© : NAVANTIA)

 

Sous-marin du type Kilo russe (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

 

 

Autre marine du sous-continent en progression, la marine colombienne a acquis 2 sous-marins ex-allemands du type 206 en 2012 pour remplacer ses 2 sous-marins de poche, ainsi qu’un 1er patrouilleur océanique du type OPV 80, très voisin des Piloto Pardo chiliens et réalisé localement (un 2e est en construction), de même qu’un patrouilleur de 200 tonnes construit en Allemagne. Elle devrait recevoir en 2013 l’ex-corvette Kun San sud-coréenne. Enfin, la marine colombienne elle a fait moderniser ses 4 corvettes du type Almirante Padilla, toute ayant été remises en service en 2012 et 2013. Le 7 février dernier, elle a, par ailleurs commandé deux patrouilleurs de 250 tonnes à STX en Corée.

 

 

Sous-marin du type 206 allemand (© : BUNDESWEHR)

 

La corvette kun San (© : R. EDWARDS - COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

 

Corvette du type Almirante Padilla (© : MARINE NATIONALE)

 

 

La marine équatorienne a remplacé ses frégates du type Leander en 2008 par 2 unités du même type achetées au Chili mais qui avaient bénéficié d’une modernisation à mi-vie dans ce pays. Elle a remis en service en octobre 2012 le sous-marin Shyri après refonte, son sister-ship devant suivre en 2014.

 

 

Frégate équatorienne du type Leander (© : MARINE CHILIENNE)

 

Le sous-marin Shyri (© : MARINE EQUATORIENNE)

 

 

La situation économique de l’Argentine ne permet pas à sa marine d’envisager avec beaucoup de sérénité son avenir ; même s’il a été annoncé que le 3e sous-marin du type TR 1700, dont la construction est arrêtée depuis 1994, pourrait être achevé (éventuellement comme sous-marin nucléaire, ce qui parait guère réaliste), la modernisation des frégates ne pourra concerner que quelques bâtiments et la commande des patrouilleurs océaniques du type POM n’a toujours pas été passée. La marine argentine a même été confrontée, en 2012, à la saisie de son prestigieux voilier-école Libertad dans le port ghanéen de Tema, à la demande de fonds de pension américains créanciers de l’Etat argentin. Le navire a été libéré début 2013 et est rentré à Buenos Aires, mais cela constitue un fâcheux précédent. Enfin, on notera que le brise-glace Almirante Irisar, victime d’un incendie en 2007, a vu sa réparation retardée. On parle désormais de 2013 pour sa remise en service.

 

Sous-marin du type TR 1700 (© : MARINE ARGENTINE)

 

Le Libertad (© : US NAVY)

 

L'Almirante Irisar (© : G. BERGER - COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

 

 

La marine péruvienne peine, quant à elle, à se séparer de son vénérable croiseur Almirante Grau (ancien bâtiment néerlandais mis sur cale en 1939), unité jadis de prestige qui ne présente plus guère de valeur militaire. Elle va procéder à une nouvelle modernisation de ses 8 frégates du type Lupo, de ses corvettes lance-missiles et de ses 4 sous-marins les plus récents. A noter également une intention de commande de deux transports de chalands de débarquement de 125 mètres et 7300 tonnes. Ce projet, dévoilé fin 2012, porterait sur des unités dérivées du type Makassar conçu par les Sud-coréens pour la marine indonésienne. Ces bâtiments seraient construits à Callao à partir de 2013. Ils permettraient de remplacer les quatre vieux LST américains, dont un exemplaire, le Paita, a été désarmé.

 

 

L'Almirante Grau (© : MARINE PERUVIENNE)

 

Frégate péruvienne du type Lupo (© : US NAVY)

 

TCD du type Makassar (© : MARINE INDONESIENNE)

 

 

Après avoir acquis comme mesure intérimaire en 2008 les 2 derniers avisos-escorteurs portugais, moins âgés que leurs 3 sister-ships français achetés au cours des années 90 qu’ils ont remplacés, la marine uruguayenne envisage l’acquisition de corvettes espagnoles du type Descubierta ou de frégates allemandes du type 122 lorsqu’elles seront disponibles sur le marché de l’occasion.

 

 

Corvette espagnole du type Descubierta (© : US NAVY)

 

Frégate allemande du type 122 (© : US NAVY)

 

 

La marine mexicaine a reçu, quant à elle, 2 autres corvettes du type Oaxaca et 3 nouveaux patrouilleurs océaniques, tous construits localement, de même que 2 bâtiments de débarquement de chars du type Montes Azules. L’US Navy propose également au Mexique le transfert de deux frégates du type O.H. Perry, les Curts et Mc Cluski, récemment retirées du service.

 

 

Corvette mexicaine du type Oaxaca (© : US NAVY)

 

Patrouilleur mexicain du type Stan Patrol 4207 (© : MARINE MEXICAINE)

 

Bâtiment de débarquement du type Montes Azules (© : MARINE MEXICAINE)

 

L'USS Curts (© : US NAVY)

 

 

Enfin, la marine du Panama va recevoir un second patrouilleur du type Diciotti des garde-côtes italien (ex-Luigi Datilo).

 

 

Patrouilleur italien du type Diciotti (© : BERNARD PREZELIN)

 

 

Article de Bernard Prézelin, auteur de Flottes de Combat

 

 

 

Flottes de Combat, l'ouvrage de référence des forces navales (© : MARINES EDITIONS)