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Forbin : retour sur sa première participation à l’opération européenne Agenor

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Forbin : retour sur sa première participation à l’opération européenne Agenor

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Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe arabo-persique (GAP) et l’océan Indien, est une voie de communication stratégique. Environ un cinquième du pétrole (dont près de 20% du brut importé en France et un tiers des approvisionnements européens) et un quart du gaz naturel liquéfié (GNL) produits dans le monde transitent à bord de pétroliers et méthaniers franchissant cet étroit passage, long d’une soixantaine de kilomètres et large d’une quarantaine seulement. Avec d’un côté l’Iran et de l’autre la pointe de la péninsule arabique, en territoire omanais et émirati. Et au milieu des tensions entre pays riverains, le détroit étant devenu ces dernières décennies un enjeu politique et militaire majeur mêlant rivalités régionales et intérêts internationaux, impliquant en particulier l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Etats-Unis. Dans les années 80, pendant la guerre Iran-Irak, des dizaines de tankers avaient été attaqués et coulés, allant jusqu’à interrompre temporairement la navigation dans le GAP. L’autre grande menace, en cas de conflit ouvert ou larvé, serait un minage du détroit, qui aurait le même effet. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France disposent sur place ou déploient régulièrement des moyens de guerre des mines dans la zone, afin de la connaitre le mieux possible et pouvoir, le cas échéant, intervenir rapidement pour sécuriser le trafic maritime. 

Une initiative de l’UE suite aux attaques de 2009

En réponse à la dégradation sécuritaire autour du détroit d’Ormuz, qui a vu en 2019 plusieurs attaques de tankers, l’Europe avait décidé en fin d’année de lancer une opération dédiée à la sécurité maritime et au suivi de situation dans cette zone.  Cette initiative, connue sous le nom d’EMASOH (European-led Maritime Awarness in the Strait of Hormuz), regroupe l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal. Son volet militaire est l’opération Agenor. Celle-ci s’appuie pour son soutien logistique et opérationnel sur l’implantation militaire française aux Emirats Arabes Unis, dont la base navale d’Abu Dhabi où s’est également installé l’état-major pilotant l’opération, mais aussi la base aérienne d’où opère l’aviation de patrouille maritime.

 

Les frégates De Ruyter et Forbin survolées par l'Atlantique 2 (© MARINE NATIONALE)

Les frégates De Ruyter et Forbin survolées par l'Atlantique 2 (© MARINE NATIONALE)

 

Deux puissantes frégates et un avion de patrouille maritime

Placée sous le contrôle opérationnel de l'amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien (ALINDIEN), Agenor a atteint en février dernier sa pleine capacité opérationnelle. Elle a débuté son activité avec la frégate française Courbet qui, déployée en océan Indien, a été intégrée à l’opération européenne. Puis, le 23 février, elle était relevée par la frégate de défense aérienne Forbin, partie 13 jours plus tôt de Toulon et qui fut la première unité européenne spécialement déployée au profit d’Agenor. Rapidement, la FDA a été rejointe par la frégate lance-missile néerlandaise De Ruyter, un autre puissant bâtiment taillé pour la défense aérienne et dont les radars, comme ceux de son homologue français, permettent de surveiller une large zone dans un rayon allant jusqu’à environ 400 kilomètres. Ce qui leur permet par exemple depuis Ormuz de suivre le trafic aérien sur la moitié sud de l’Iran, une grande partie du golfe Persique et le golfe d’Oman.

En plus de ces deux imposantes frégates, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 français est venu compléter le dispositif,  la marine française le déployant spécialement

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