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Formation des sous-mariniers malaisiens : Mission accomplie pour DCI-Navfco

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Formation des sous-mariniers malaisiens : Mission accomplie pour DCI-Navfco

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Intervenant avant le départ du sous-marin Tun Razak vers la Malaisie, une cérémonie était organisée hier, à La Seyne-sur-Mer, en présence de l'équipage du bâtiment et des équipes de Navfco, la branche navale de Défense Conseil International (DCI). A cette occasion, le commandant Bahar a reçu, dans la plus pure tradition navale française, son sabre d'officier de marine. Cette cérémonie, à laquelle a assisté notre correspondant Jean-Louis Venne (voir toutes les photos en fin d'article) symbolisait la fin du cursus de formation des sous-mariniers malaisiens. Lorsqu'en 2002, la Malaisie a commandé à DCNS et Navantia deux unités du type Scorpène, il ne s'agissait, en effet, pas uniquement de réaliser des sous-marins. Il s'agissait, purement et simplement, d'accompagner ce pays d'Asie du sud-est dans la constitution de sa première force sous-marine.

Le Tun Razak à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Tun Razak à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le commandant Bahar (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le commandant Bahar (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le commandant Bahar recevant son sabre d'officier (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le commandant Bahar recevant son sabre d'officier (© : JEAN-LOUIS VENNE)

L'amiral Dupont et le commandant Bahar (© : JEAN-LOUIS VENNE)
L'amiral Dupont et le commandant Bahar (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Détenue à 49.9% par le ministère de la Défense et à 50.1% par des industriels français, DCI-Navfco a été chargée de mener à bien la formation des futurs équipages. L'entreprise était d'autant plus délicate que les militaires malaisiens n'avaient jamais, auparavant, mis les pieds sur un submersible. « Il s'agit d'un partenariat exceptionnel, pour ne pas dire extraordinaire. Il s'agissait de former à un environnement extrêmement exigeant des sous-mariniers en partant de 0 et sur une période très courte de seulement quatre ans. Il a fallu les encadrer et leur transmettre le savoir-faire qui leur permet, aujourd'hui, de pouvoir prendre en main leurs sous-marins. La cérémonie qui s'est déroulée à Toulon, avec la remise de sabre au commandant, est une marque d'amitié très forte et une manière de passer le témoin et de dire : Vous êtes des nôtres », explique l'amiral François Dupont, ancien sous-marinier et directeur général de DCI-Navfco.

Le sous-marin Ouessant (© : DCNS)
Le sous-marin Ouessant (© : DCNS)

Sur simulateur et sur l'Ouessant, réarmé pour l'occasion

En parallèle de la construction des deux bâtiments, qui a débuté en 2005 et 2006 à Cherbourg et Carthagène, un long travail d'apprentissage a commencé en octobre 2005. L'essentiel de la formation a été mené à Brest, où DCI a fait très attention à l'accueil des cadets afin de limiter l'impact d'un « dépaysement » trop brutal entre l'Asie et la pointe Bretagne. Deux groupes, appelés à former les équipages du Tunku Abdul Rahman et du Tun Razkak, ont été pris en charge par les équipes de Navfco, constituées de militaires détachés de la Marine nationale et d'anciens marins recrutés pour l'occasion (soit environ 150 personnes au total). Après avoir obtenu, au bout d'un an, les certificats et insignes du brevet élémentaire de sous-marinier, les élèves ont suivi des cours plus poussés au travers de l'« Advanced Submarine Course ». Ce module d'enseignement leur a permis d'approfondir leurs compétences dans les systèmes embarqués.

Formation des marins malaisiens (© : DCI-NAVFCO)
Formation des marins malaisiens (© : DCI-NAVFCO)

Formation des marins malaisiens (© : DCI-NAVFCO)
Formation des marins malaisiens (© : DCI-NAVFCO)

Formation des marins malaisiens (© : DCI-NAVFCO)
Formation des marins malaisiens (© : DCI-NAVFCO)

Outre la formation théorique, des campagnes ont été organisées sur deux simulateurs, dont un spécialement conçu par DCNS pour le Scorpène et transféré depuis en Malaisie. Après les entrainements « virtuels », les équipages ont ensuite pris la mer sur l'Ouessant, un sous-marin d'attaque du type Agosta. Désarmé en 2001 par la Marine nationale, ce bâtiment a repris du service en novembre 2005, après un grand carénage. Réalisé par DCNS, le chantier de remise en état a nécessité 6 mois de préparation, ainsi que 14 mois de travaux et d'essais (dont 20 000 matériels visités). A bord de l'Ouessant, armé par Navfco, les Malaisiens, toujours encadrés par leurs instructeurs français, ont réalisé 42 sorties à la mer et plus de 9100 heures de plongée en quatre ans. En tout, 146 cadets ont ainsi été formés.

Sur l'Ouessant, à Brest (© : DCI-NAVFCO)
Sur l'Ouessant, à Brest (© : DCI-NAVFCO)

Transmettre la culture de la sous-marinade française

A l'issue de ces entrainements sur l'Ouessant, les équipages malaisiens ont, ensuite, progressivement pris en main leurs nouveaux sous-marins. Le changement était évidemment palpable entre un bateau datant de 1978 et un concentré de haute technologie comme le Scorpène. Pour parvenir à maîtriser leurs bateaux, l'accompagnement des marins français, rompus aux manoeuvres en profondeur avec les sous-marins nucléaires de la Marine nationale, a été primordial. « Nos équipages d'armement ont permis de réaliser les essais et de transmettre, petit à petit, l'usage des sous-marins, pour au final les laisser seuls. C'est un peu comme un enfant qui apprend à marcher. Il faut être là sans être trop présent, de manière à ce que la marche soit de plus en plus assurée », explique l'amiral Dupont. Pour l'officier, qui a commandé dans les années 90 le sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Triomphant, un projet comme celui mené avec la Malaisie tient non seulement dans la capacité de l'industrie tricolore à fournir un produit high-tech, mais aussi dans l'aptitude des militaires français à permettre au client de s'en servir.

Le Tunku Abdul Rahman (© : DCNS)
Le Tunku Abdul Rahman (© : DCNS)

« Les armées françaises une très forte réputation et, lorsqu'un pays choisi un équipement français, ce n'est pas uniquement pour la performance de notre industrie. Il y a tout une culture sur la façon d'être, la façon de transférer le savoir-faire et le respect des clients. La France est l'un des très rares pays à mettre en oeuvre de sous-marins nucléaires d'attaque et des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. En termes de capacités technologiques et opérationnelles, notre réputation est à la hauteur de celle des Américains ». Au final, les équipes de DCI-Navfco ont transmis aux Malaisiens la culture de la sous-marinade française, une base que les équipages du Tunku Abdul Rahman et du Tun Razak vont maintenant développer pour forger l'histoire et le savoir-faire malaisiens dans ce domaine.

Français et Malaisiens sur l'Ouessant (© : DCI-NAVFCO)
Français et Malaisiens sur l'Ouessant (© : DCI-NAVFCO)

Après quatre ans de formation, l'amiral Dupont se dit en tous cas très satisfait : « C'était un challenge. Il faut du temps pour s'acclimater, s'habituer et transmettre la culture de mise en oeuvre d'un objet aussi compliqué et exigeant. Nous sommes vraiment très fiers du travail accompli et de ce que nous avons transmis aux sous-mariniers malaisiens ».
Après avoir convoyé à la fin de l'été 2008 le Tunku Abdul Rahman à Bornéo, en compagnie de quelques conseillers de Navfco, les sous-mariniers malaisiens ont poursuivi leur entrainement en Asie du sud-est, réalisant notamment, seuls, des plongées en eaux profondes. D'ici la fin du mois, le Tun Razak prendra le même chemin. Après environ deux mois de transit, le bâtiment atteindra la base de Kota Kinabalu, où va être implantée une école de plongée sous-marine.

Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Cérémonie au Fort de l'Eguillette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Tun Razak hier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)