Marine Marchande
Fortes tensions autour de la future DSP de desserte de la Corse

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Fortes tensions autour de la future DSP de desserte de la Corse

Marine Marchande

Les navires de la Méridionale sont restés quatre jours à quai la semaine dernière et les ports de Bastia et Ajaccio furent brièvement bloqués. Le mouvement de grève, mené par le syndicat des travailleurs corses (STC), faisait suite à l’annonce de l’éviction de la compagnie, filiale du groupe STEF, d’une partie de l’appel d’offres pour la future délégation de service public de desserte de l'île de Beauté depuis Marseille.

Cette dernière doit démarrer début octobre prochain pour une durée de quinze mois et porte sur la desserte de cinq ports corses : Bastia, Ajaccio, Propriano, Porto-Vecchio et Ile Rousse. Deux compagnies sont actuellement sur les rangs pour cette desserte : la Méridionale et Corsica Linea. Corsica Ferries a été écartée au tout début de la procédure, en novembre dernier, et conteste actuellement cette décision devant le Conseil d’Etat.

La fin du partenariat historique

Historiquement, la Méridionale et la SNCM, à laquelle Corsica Linea a succédé, avaient l’habitude de répondre ensemble sur les appels d’offres de desserte de la Corse. Ce n’est désormais plus le cas, puisque la Méridionale a refusé les termes du partenariat proposé par Corsica Linea en juin 2018, notamment en raison de la perte de la gestion d’un de ses navires. Les deux compagnies sont donc parties chacune de leur côté pour répondre à ce nouvel appel d’offres, dont les termes impliquent l’exploitation de sept navires pour pouvoir assurer les rotations.

Si Corsica Linea dispose de ce nombre de navires en flotte, ce n’est pas le cas de la Méridionale qui a donc dû établir son offre avec ses trois navires en propriété et quatre affrétés. C’est précisément sur ces affrètements qu’a tiqué la collectivité corse quand elle a constaté que deux des bateaux affrétés initialement annoncés dans l’offre de la Méridionale, avaient été remplacés par deux autres. En effet, les navires prévus en novembre ont, entre temps, été retirés du marché de l’affrètement. Le délégataire s’est alors inquiété de différentes caractéristiques techniques (notamment le nombre de prises reefers) des nouveaux affrétés et a annoncé l’éviction de la Méridionale sur les lignes auxquelles ces navires avaient été envisagés, soit Ajaccio et Propriano.

Référé précontractuel devant le TA de Bastia

Dès cette annonce, mi-février, les inquiétudes ont été vives pour les salariés de la Méridionale et les syndicats se sont immédiatement mobilisés. Parallèlement, les tensions entre les dirigeants de Corsica Linea et de la Méridionale se sont manifestées à plusieurs reprises, illustrant clairement la fin d’un partenariat historique.

Après avoir monté son dossier juridique, la Méridionale a annoncé la semaine dernière le dépôt d’un référé précontractuel devant le tribunal administratif de Bastia, visant à contester son éviction partielle de l’appel d’offres. Cette annonce, en plus d’un protocole en six points apportant notamment des garanties sur l’emploi des marins quelle que soit l’issue de la DSP, a permis la fin de la grève. Mais pas celle des tensions.

 

Corsica Linea (ex-SNCM) La Méridionale (Compagnie Méridionale de Navigation)