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Fos, hub logistique pour la construction du réacteur expérimental ITER

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Fos, hub logistique pour la construction du réacteur expérimental ITER

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Lancé officiellement en 2006 après 20 ans d’études, le programme ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) voit la construction à Cadarache, en France, d’un réacteur expérimental basé sur la technologie de fusion nucléaire. Porté par l’Union Européenne (qui participe à hauteur de 45%), la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis, soit en tout 35 pays, ce projet de très grande ampleur repose sur une contribution en nature de ses membres. En clair, chaque membre du programme, en fonction de ses compétences, fabrique les pièces et équipements qui sont ensuite acheminés à Cadarache pour être assemblés sur le site d’ITER.

 

Ce à quoi ressemblera le site une fois achevé (© : ITER)

Ce à quoi ressemblera le site une fois achevé (© : ITER)

 

Plus de 250 colis lourds arriveront par voie maritime

Un mécano industriel inédit pour un projet scientifique international hors normes qui nécessite une organisation, une coordination mais aussi une logistique colossales. Dans cette perspective, Fos-sur-Mer sert de hub d’acheminement des pièces les plus volumineuses, produites dans le monde entier. Ainsi, en plus des livraisons conventionnelles, dont certaines arrivent par avion à l’aéroport de Marseille-Provence, plus de 250 colis  « exceptionnellement lourds », d’un poids allant jusqu’à 600 tonnes, rejoindront le port français pendant la construction d’ITER.

Les premières expéditions ont débuté il y a un an et, tous les mois en moyenne, un navire vient débarquer à Fos de nouvelles pièces. Après le déchargement sur le port, il faut ensuite conduire les colis jusqu’au site final, qui se trouve comme Cadarache sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance. Un trajet qui s’opère par voie fluviale et routière.

 

Premier convoyage d'équipement en janvier 2015 (© : EMMANUEL BONICI)

Premier convoyage d'équipement en janvier 2015 (© : EMMANUEL BONICI)

 

Des convois hors normes par barge puis voie routière

La cargaison est d’abord embarquée sur le Sirocco, une barge Ro-Ro longue de 79 mètres et large de 11.4 mètres spécialement aménagée pour cette mission. Depuis le golfe de Fos, elle franchit le canal de Caronte, qui passe par Martigues et donne accès à l’étang de Berre, que la barge traverse. Les colis sont alors débarqués au port de La Pointe et ceux qui ne peuvent pas être pris en charge par des semi-remorques classiques sont posés sur un gigantesque ensemble routier autopropulsé et téléguidable de 46 mètres de long, 9 mètres de large et 352 roues. Il reste en effet 104 kilomètres à parcourir par voie terrestre jusqu’à Cadarache. Compte tenu du gabarit des convois - près de 800 tonnes (véhicule compris) pour le plus lourd d'entre eux, 10.4 mètres de hauteur pour le plus haut, 33 mètres pour le plus long et 9 mètres pour le plus large – il a fallu élargir certaines routes, créer de nouvelles portions, renforcer des ponts et réaménager des giratoires.

 

Le véhicule autopropulsé lors des tests en 2014 (© : EMMANUEL BONICI)

Le véhicule autopropulsé lors des tests en 2014 (© : EMMANUEL BONICI)

 

Les travaux, d’un coût de 110 millions d’euros, ont été financés par la France et réalisés entre 2008 et 2011. Afin de minimiser au maximum la gêne pour les populations riveraines et la circulation des automobilistes, les convois sont acheminés en trois nuits et autant d’étapes. Ces opérations, placées sous très haute surveillance, mobilisent un important dispositif avec, en plus des forces de l’ordre (en mer et à terre), des équipes chargées de préparer et baliser le trajet, par exemple en enlevant puis réinstallant certains équipements routiers pour permettre le passage des convois, qui peuvent présenter un débattement d’une dizaine de mètres.

 

Transport d'un colis test en 2014 dans le canal de Caronte (© : EMMANUEL BONICI)

Transport d'un colis test en 2014 dans le canal de Caronte (© : EMMANUEL BONICI)

 

Première expédition en janvier 2015

Afin de valider le parcours, deux tests grandeur nature ont été menés en septembre 2013 (partie routière) et en avril 2014 (partie logistique), où le trajet par barge a été ajouté. Pour simuler les futurs colis, un lest de béton d’un poids de 600 tonnes, représentatif de la plus lourde pièce attendue sur le site d'ITER , a été transporté. Après ces essais réussis, les véritables transferts ont débuté en janvier 2015.

 

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