Construction Navale
France Hélice investit un million d'euros à Concarneau
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France Hélice investit un million d'euros à Concarneau

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C’est une de ces entreprises qui ne fait pas de vagues, mais qui surfe depuis des années sur celle de la construction et de la réparation navale, à Concarneau. Implantée dans la zone de Kersalé, rue Jacques-Noël-Sane, France Hélices a décidé de voir plus grand, pour accompagner son développement.

« Dans le secteur de la propulsion marine, il y a encore des marchés pas exploités », note Thibault Sadrin, qui dirige depuis un an et demi le site concarnois de cette entreprise dont le siège est à Cannes. « Et pour nous développer, il nous faut un outil industriel adapté ».

Livraison fin 2020

Un développement qui passe par trois axes : agrandissement, nouvelles machines et recrutement. Actuellement, le bâtiment occupe une surface de 1 500 m², dont 1 000 réservés à l’atelier. L’entreprise s’apprête donc à déposer un permis de construire, pour une extension de 1 000 m², sur une friche voisine du site actuel. Ce qui permettra de doubler la surface de l’atelier. « C’est essentiel, car nous pouvons travailler sur de grosses pièces, avec des hélices faisant jusqu’à 2,50 m de diamètre et des lignes d’arbre faisant jusqu’à 12 m », souligne le directeur, qui mise sur une livraison du bâtiment pour fin 2020.

Un investissement lourd qui s’accompagne d’un renouvellement de certaines machines avec, pour cette année, un tour à commandes numériques pour 200 000 €. Côté embauches, deux (en CDI) sont annoncées. « On recherche notamment un tourneur, ainsi qu’un chaudronnier, qu’on formera au métier d’hélicier, explique Thibault Sadrin. Il n’y a pas d’école pour ce métier. La découverte se fait uniquement par l’apprentissage, en interne ».

45 salariés sur deux sites

France Hélices compte actuellement 45 salariés, dont une quinzaine pour le site concarnois (chaudronniers-héliciers, tourneurs, fraiseurs et administratifs). « Ce site était à l’origine celui de la Simeg, qui a été racheté à la fin des années 90 par France Hélices », rappelle le directeur. Une société familiale cannoise fondée il y a une quarantaine d’années par un passionné de mathématiques et de calculs, Paul Bezzi, qui a récemment passé les rênes du groupe à sa fille, Laetitia Bezzi. Chiffre d’affaires de l’entreprise : 5 M€. Le site de Cannes gère l’ensemble du bassin méditerranéen et l’export, tandis que Concarneau s’adresse aux clients de la façade atlantique.

L’entreprise est une des rares en France spécialisées dans la conception d’hélices. « Notre spécialité, c’est la réparation et la conception de toute la ligne de propulsion, après le moteur, indique Thibault Sadrin. Et nous nous adressons tant aux particuliers qu’aux professionnels ». Côté professionnels, la société travaille avec les entreprises de réparation et de construction navale concarnoises, bien sûr. « Mais nous avons aussi de gros clients au Guilvinec, à Douarnenez, à Dunkerque, au Havre, ainsi qu’en Vendée ou au Pays basque ». Très orientée sur la propulsion des navires de pêche, France Hélices travaille également avec les navires à passagers, avec la SNSM, ou encore sur le militaire. « Nous avons ainsi conçu le "surface drive system", qui permet d’atteindre de grandes vitesses, notamment pour des bateaux intercepteurs », explique le dirigeant concarnois.

Préserver la réactivité

Il n’en reste pas moins que la société souhaite conserver son côté humain, familial, réactif, proche des gens. « Souvent, les clients ont besoin que des solutions soient trouvées rapidement, souligne Thibault Sadrin. Quand un bateau a pris une chaîne qui a arraché deux pales, l’hélice qui arrive le matin doit être réparée le soir ». Une relation qu’il entend bien préserver. Et de noter : « C’est historique chez nous : on n’a pas de commercial. On travaille uniquement à la réputation ».

Un article de la rédaction du Télégramme

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