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Francis Joyon pulvérise le record du tour du monde à la voile

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Francis Joyon pulvérise le record du tour du monde à la voile

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57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. C'est le nouveau temps de référence du tour du monde en solitaire et sur multicoque. Francis Joyon a littéralement pulvérisé le précédent record, détenu depuis 2004 par Ellen MacArthur. A la barre de son trimaran IDEC, le skipper français a bouclé son tour du globe avec 14 jours d'avance sur le temps de la navigatrice anglaise. Présente à l'arrivée de Francis Joyon, dimanche à Brest, Ellen MacArthur a salué l'exploit. Pour sa dernière ligne droite, le skipper d'IDEC a été contraint de slalomer au milieu de l'important trafic maritime croisant au large de la Bretagne : « L'arrivée dans la nuit était un peu délicate. J'avais abordé le plateau continental avec une grosse densité de bateaux de pêche et j'ai été obligé de me dérouter deux fois pour éviter des bateaux : d'abord un bateau de pêche puis un cargo qui est passé seulement une dizaine de mètres derrière mon bateau. C'étaient encore des moments impressionnants. C'est relativement rare de devoir se dérouter comme cela, surtout deux fois en si peu de temps ». Evidemment heureux, le navigateur a parfaitement géré sa course et les difficultés rencontrées depuis son départ, en novembre. « J'ai eu la chance de bénéficier d'un bateau qui permet de naviguer vite, longtemps et sur de grands trajets. Il faut imaginer un véliplanchiste qui ferait une glissade ininterrompue à travers les océans. L'indien a été très rapide. Dans le Pacifique j'ai du batailler un peu plus avec des phénomènes météo très complexes qui m'ont obligé à descendre très sud, avec une journée spéciale où j'ai vu 5 icebergs dans la même journée, ça commençait à être un peu inquiétant. J'avais du mal à voir les différences entre les crêtes de vagues et les glaces. Je suis passé assez rapidement au cap Horn et après, dans la remontée de l'Atlantique, j'ai découvert ce que c'était de s'arrêter. Puis, j'ai eu beaucoup de vent debout, auquel les trimarans ne sont pas vraiment adaptés. Ensuite, malgré les soucis techniques, le bateau a réussi à rentrer. Ca n'a pas été facile tous les jours ».

Dans ce tour du monde, Joyon a notamment fait face à une avarie qui aurait pu se révéler fatale. Le 11 janvier, en pleine remontée de l'Atlantique, il avait, en effet, découvert que le point d'ancrage du hauban tribord de son trimaran souffrait d'une grave faiblesse, laissant planer la menace d'un démâtage. « Le plus dur c'était les ascensions du mât pour tenter de réparer cette avarie sur la fixation du hauban, en particulier la première montée sur une mer croisée. J'étais très secoué, je n'arrêtais pas de me cogner au mât, c'était vraiment dangereux... A l'Equateur, après l'avarie sur le hauban, j'ai imaginé un moment aller dans l'archipel de Fernando de Noronha pour aller travailler dans le mât, mais c'était quand même à 400 milles... Au pire je serai reparti en course après un arrêt technique, mais je n'ai jamais imaginé abandonner », a-t-il expliqué à son arrivée à Brest.
Après avoir décroché ce nouveau record, Francis Joyon va prendre un peu de repos. Mais le marin pense déjà à la suite. « J'essaierai probablement Cadix-San Salvador, des records dans le Pacifique et probablement tenter de reprendre celui des 24 heures à Sodeb'O ».