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Francis Vallat quitte la présidence de l'Institut Français de la Mer

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Francis Vallat quitte la présidence de l'Institut Français de la Mer

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A la barre depuis 10 ans de l'IFM, Francis Vallat a décidé de passer la main. Personnage incontournable du monde maritime français, l'ancien patron de la Soflumar (reprise ensuite par Broström Tankers) laisse la présidence de l'Institut Français de la Mer à Eudes Riblier, qui a été élu hier par le Conseil d'administration. Plusieurs raisons sont à l'origine du départ de Francis Vallat. D'abord une question de temps. Car, représentant de la France auprès de l'Agence Européenne de Sécurité Maritime (EMSA), Francis Vallat est également président du Cluster Maritime Français, dont la montée en puissance (40 membres au lancement du CMF en 2006 et plus de 230 aujourd'hui) rendait l'emploi du temps présidentiel compliqué. Mais, pour lui, c'était le bon moment de quitter ses fonctions à l'IFM. « D'abord dix ans de mandat c'est bien ! Cela permet de creuser un sillon, de faire avancer les choses. Cela n'empêche pourtant qu'il faut toujours veiller à ce que du sang neuf irrigue régulièrement l'IFM comme c'est le cas pour toute autre entité. D'autant que dix années c'est aussi le laps du temps au bout duquel la créativité diminue forcément, les certitudes inconscientes bridant l'esprit d'autocritique. Or, avec Eudes Riblier, nous avions la possibilité d'avoir l'homme qu'il fallait pour faire un bon président. Par sa force tranquille, sa grande connaissance de nombre de dossiers et d'interlocuteurs de la diversité du monde maritime, par sa rigueur intellectuelle, son éthique forte, sa "vision", sa capacité à travailler en équipe, et à décider, enfin par son écoute et son ouverture aux autres, Eudes Riblier sera un président efficace et apprécié. C'était donc le moment de passer le témoin », affirme Francis Vallat qui, s'il quitte le Conseil d'administration de l'IFM, a été nommé à la demande d'Eudes Riblier président d'honneur de l'institut et membre du jury du prix de l'IFM.

« Le parti de la mer »

Association reconnue d'utilité publique, l'IFM a été très actif, ces 10 dernières années, pour remplir sa mission principale « promouvoir sans relâche les activités et les emplois maritimes, réunir tous les responsables maritimes, faire entendre et respecter la voix des femmes et des hommes pour qui la mer est une priorité, devenir ''le parti de la mer, toutes opinions et origines confondues'' », comme le dit Francis Vallat. Aujourd'hui, l'institut compte 400 membres et une douzaine de comités locaux qui relayent son action sur les littoraux et en Ile de France. Ainsi, le comité francilien rencontre chaque année plus de 2000 élèves et organise des visites, notamment au port du Havre, pour des centaines de jeunes, suscitant régulièrement des vocations. L'IFM a, notamment, relancé la Revue Maritime, qu'il a reprise en 1972 et qui est aujourd'hui une référence des amis du maritime et de tous les curieux des choses de la mer. Chaque année, ce sont, ainsi, plus de 500 pages de signatures reconnues, d'analyses, de propositions, de commentaires d'actualité et d'histoire maritime qui sont diffusées.
Avec ses groupes de travail, l'IFM a, également, été très présent ces dernières années avec ses groupes de travail. « Ministère de la mer? », « Problématique des doubles coques », « Cabotage et TCD », « Navires géants » et bientôt « Routes du pôle » (groupe mené conjointement avec le CMF) sont quelques exemples des thèmes étudiés lors de ces séances, permettant notamment d'éclairer l'administration et le pouvoir politique sur de grandes problématiques maritimes.
A l'actif de l'IFM, on notera aussi la renaissance de son site Internet (ifmer.org), la création des Comités de parrainage des Journées Nationales de la Mer en 2001 (relayés en 2007 par le CMF) et la création des Prix IFM, avec référence aux "valeurs de la mer" et à l'engagement des lauréats pour le rayonnement et/ou l'emploi de la France maritime (plutôt qu'à une oeuvre ou à un ouvrage déterminés). « C'est un ensemble d'action qui fait que la voix de l'IFM est unique et remarquable dans le monde maritime. L'IFM est écouté sur les sujets politiques et de sécurité. Mon objectif est de faire en sorte que l'IFM, qui touche à toutes les facettes du maritime, continue d'être la voix qui défend les hommes et les métiers du maritime, en même temps que celle de la mer. Pour cela, il faut être sur tous les fronts », explique Eudes Riblier.

IFM et Cluster, deux outils différents

Le nouveau président continuera évidemment de travailler avec son prédécesseur, qui continue d'être à la barre du CMF. Toutefois, même si le Cluster a été lancé dans le sillage et avec le soutien de l'IFM, et si Francis Vallat était le président des deux organismes, il convient de faire la différence entre les deux entités. Malgré la création et le succès du Cluster Maritime Français il y a bientôt 4 ans, l'IFM continue d'exister et de peser. C'est, d'ailleurs, bien normal puisque les deux entités n'ont pas la même vocation, même si elles partagent certaines ambitions. Outil de lobbying, le CMF a pour objectif de promouvoir et contribuer à développer les activités marchandes du secteur maritime français. C'est un instrument de nature économique, voire commerciale, conçu comme un outil de communication, de lobbying et de marketing pour les sociétés et acteurs maritimes privés du pays. Plus politique, l'IFM traite des grandes questions maritimes en lien avec l'intérêt général de la France. Il participe à l'élaboration et à l'évolution de la politique maritime de l'Hexagone ou de Bruxelles, pour réagir ou chercher à influencer, ou encore pour s'adresser à l'opinion publique ou intéresser les français à la mer « en général ». C'est aussi un forum de rencontre et d'action pour tous les acteurs publics, privés, civils, militaires de la France maritime. Sur certains dossiers, c'est donc l'IFM qui monte au créneau, afin que le message et l'analyse ne soient pas « pollués » par des considérations ou des suspicions de considérations commerciales. Alors que le Conseil d'administration du CMF compte des chefs d'entreprises, celui de l'IFM se compose, notamment, du Secrétaire général de la Mer, du directeur des Affaires maritimes, du directeur des Infrastructures et de la Mer ou encore d'hommes politiques. D'ailleurs, aux côtés de Jean-Yves Le Drian (président du Conseil régional de Bretagne) et de Jean-Yves Besselat (député de Seine-Maritime et président du Conservatoire du littoral et des aires marines protégées), Jérôme Bignon (député de la Somme) fait son entrée au CA de l'IFM.
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- Voir le site de l'Institut Français de la Mer