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François Gabart : De l'or massif

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Un Vendée Globe, une Route du Rhum, deux Transats, la Jacques Vabre et l'anglaise. Et maintenant, un record exceptionnel en solitaire autour du monde. François Gabart est une machine à gagner. Et un excellent retour sur investissement pour son sponsor...

Dimanche à Brest, François Gabart a donc explosé le record autour du monde en solitaire. Et fait exploser l'audimat de la course au large. Plus de 80 journalistes accrédités, tous les grands médias nationaux se sont bousculés pour couvrir l'exploit du marin. Pour le plus grand bonheur de son sponsor depuis 2009, la Macif.

Stratégie de diversification de la communication

Depuis presque dix ans, la société d'assurances mutuelle, forte de ses 10.000 salariés, se félicite d'avoir misé sur le Rochelais, aujourd'hui installé à Port-la-Forêt. Car, Gabart, c'est, toutes proportions gardées, le Neymar de la course au large. Si la somme injectée (on parle du coût du bateau, de l'ordre de 10 millions d'euros + le budget annuel de fonctionnement de l'écurie de course, un plus de 5 millions d'euros HT) peut paraître importante, les retombées, elles, sont excellentes. Et en valent largement la chandelle. La Macif ne l'a jamais caché, la voile, c'est une stratégie de diversification de la communication. « D'habitude, les assureurs communiquent sur des produits. Nous, nous avons choisi de nous démarquer avec le sport, en l'occurrence la voile. Comme François gagne souvent, c'est de la notoriété en plus. Cela rajeunit notre marque, ça la rend plus attractive auprès des jeunes. Grâce à la voile, nous sommes perçus comme une marque qui bouge, qui prend des risques, qui a de l'audace », explique Jean-Bernard Le Boucher, responsable du sponsoring voile à la Macif.

« Conscience d'avoir trouvé une pépite »

Eh oui, quand François Gabart assure sur l'eau, la Macif gagne en image à terre. La recette du succès est simple : un skipper sympa, talentueux, très à l'aise devant les médias, un côté « beau gosse » qui ne gâche rien, des victoires à la pelle... « Nous avons conscience d'avoir trouvé une pépite. Dès 2009, on s'est rendu compte qu'on pouvait aller loin avec François ». La société d'assurances, qui annonce un chiffre d'affaires de 6,2 milliards d'euros en 2016, n'a pas réfléchi longtemps lorsque, une fois le Vendée Globe gagné, leur skipper fétiche leur a proposé de partir sur un projet Ultime. En 2014, un maxi-trimaran coûtait 8-9 millions d'euros. « On s'est toujours inscrit dans la performance donc le rôle du sponsor et de l'armateur est de lui donner les moyens de bien faire. Et comme on aime gagner... » La Macif a dit banco. On connaît la suite. Victoires dans la Transat anglaise, sur The Bridge et maintenant record autour du monde.

« La voile est rentable »

Un maxi-trimaran pour François Gabart, deux monotypes sur le circuit Figaro, la Macif joue la Ligue des champions d'un côté, la Ligue 1 de l'autre. En Figaro, l'objectif est de découvrir et d'aider de jeunes skippers. On se souvient qu'en 2016, Charlie Dalin et Yoann Richomme avaient tout gagné sur le circuit Figaro. « La voile est un sport exceptionnel en termes de retombées, ajoute le directeur du sponsoring voile. Je peux affirmer que la voile est rentable pour le Groupe Macif, on ne perd pas d'argent. Lorsqu'on regarde le retour visibilité-notoriété par rapport à l'investissement et le fonctionnement de ces projets-là, on y trouve largement notre compte ». En 2018, pointe la Route du Rhum. Gabart veut la gagner, la Macif aussi. Du coup, le maxi-trimaran va être boosté avec des foils plus grands, histoire de voler. Vers un nouveau succès et quelques points de notoriété en plus ?

Un article de la rédaction du Télégramme