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François Hollande veut relancer l'Europe de la défense

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François Hollande veut relancer l'Europe de la défense

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Le candidat socialiste à l'élection présidentielle s'est exprimé hier, à Paris, sur les questions de Défense. S'il est élu, François Hollande veut « rétablir une cohérence adaptée à cette grande fonction régalienne » et entend « fixer un cap pour notre stratégie de défense ». Le député de Corrèze plaide, notamment, pour une nouvelle impulsion en faveur de l'Europe de la Défense. « Je veux que l'alternance politique en France soit l'occasion d'une relance de la défense européenne. L'Europe de la défense a été tant de fois espérée, elle doit prendre une nouvelle dimension. Il nous faut reprendre les travaux laissés en plan sur le concept stratégique de l'Union européenne, en envisageant de le prolonger par un inventaire des capacités et des technologies ». François Hollande veut approfondir la coopération entre Européens, citant notamment la Grande-Bretagne, mais aussi l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, l'Italie et encore la Pologne. Selon lui, il est nécessaire d'« explorer toutes les pistes permettant une rationalisation des appareils militaires des pays membres de l'Union : mutualisation des moyens nationaux existants, programmation collective des équipements futurs, spécialisation des taches, renforcement des capacités communes ». En matière d'industrie et de recherche, le candidat du PS estime, notamment, que « la consolidation de la base technologique et industrielle européenne suppose un soutien commun à l'effort de recherche aéronautique et de défense mais aussi des rapprochements d'entreprises ».

« Des mesures de rationalisation seront réalisées »

Dans un contexte économique et budgétaire très contraint, le député de Corrèze a confirmé que des économies devraient être faites : « Des mesures de rationalisation seront réalisées, sans faux semblant et sans artifice ». Toutefois, il n'est pas question, pour François Hollande, que les forces armées soient la grande variable d'ajustement des finances publiques : « La défense contribuera dans les mêmes proportions que les autres missions de l'Etat », a-t-il affirmé, tout en assurant que les « besoins opérationnels les plus immédiats » seraient satisfaits. Affirmant vouloir soutenir le rôle des petites et moyennes entreprises dans le domaine de la défense, « leur dynamisme en font un réservoir technologique précieux » dit-il, François Hollande a également rappelé que les armées « sont les premiers recruteurs des jeunes de 18 à 25 ans ».
Afin de déterminer les priorités et les nouveaux axes stratégiques, Français Hollande souhaite que soit entreprise au plus tôt la rédaction d'un nouveau Livre Blanc sur la Défense nationale, tout en réaffirmant, d'ores et déjà, son attachement à la dissuasion : « Je veux consolider de notre dissuasion nucléaire, indissociable de notre sécurité et de notre statut international. Elle est l'assurance vie de notre pays face à la menace de la prolifération ».

L'OTAN, l'Afghanistan et l'Iran

François Hollande s'est également exprimé sur l'OTAN. S'il présente l'Alliance Atlantique comme « une garantie de notre sécurité », il se montre beaucoup plus dubitatif quant au retour de la France dans le commandement intégré. « Le Président sortant a décidé, au début de son mandat, de revenir dans le commandement intégré de l'OTAN. La France n'en a retiré aucun bénéfice probant. Je veux que nous fassions une évaluation de cette position de la France ».
Concernant l'Afghanistan, le candidat socialiste a redit que s'il était élu, la France retirerait avec un an d'avance sur le planning actuel ses troupes de ce théâtre d'opération, où 82 de ses soldats sont morts depuis 2001 : « Nous accélérerons dans les meilleures conditions de sécurité le retrait de nos forces combattantes pour que, fin 2012, nos soldats soient rentrés ».
Enfin, à propos de l'Iran, François Hollande a estimé que « la porte (devait) rester ouverte pour le dialogue afin de trouver une issue à cette crise », ajoutant, même s'il n'est pas défavorable « si nécessaire » à un renforcement des sanctions à l'encontre de Téhéran, que « toute initiative militaire unilatérale serait inopportune ».