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Frédéric Cuvillier veut sauver le canal Seine-Nord-Europe

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Frédéric Cuvillier veut sauver le canal Seine-Nord-Europe

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Alors que la mission confiée en septembre 2012 au Conseil général de l’environnement et du développement durable, ainsi qu’à l’inspection générale des finances, sur la faisabilité financière du canal Seine-Nord-Europe préconise de reporter le projet à une période économique plus favorable, Frédéric Cuvillier a décidé de ne pas suivre cette recommandation. Le ministre des Transports indique qu’il souhaite sauver cette infrastructure permettant de développer le trafic fluvial en reliant le bassin de la Seine au réseau nord-européen. Pour cela, il a pris plusieurs décisions. La première porte sur l’arrêt de la procédure de partenariat public-privé, mis en place avec Bouygues et Vinci-Eiffage. Une procédure « qui ne manquerait de se heurter dans quelques mois à des impasses juridiques et financières si on la poursuivait : on ne peut réduire les coûts et optimiser le projet dans le cadre juridique actuel », indique le ministère, qui a opté pour la remise à plat du dossier dans ses aspects techniques. A cet effet, une « mission de reconfiguration », présidée par le député Rémy Pauvros, va être installée. Enfin, les services de Frédéric Cuvillier annoncent la préparation d’un nouveau projet qui pourra être présenté dès le premier semestre 2014 à la Commission européenne afin de pouvoir bénéficier de financements européens. Ceux-ci pourraient atteindre 30% des investissements nécessaires. « Le projet de canal Seine-Nord Europe est porteur d'un renouveau du transport fluvial. Il doit faire entrer l'ensemble du secteur dans le XXIe siècle, en permettant une connexion essentielle entre le bassin de la Seine et le nord de l'Europe. Il permettra d'améliorer la compétitivité des entreprises, de soutenir le développement de l'hinterland des ports français, et d'ancrer la politique de transport dans le développement durable », affirme le ministère.

 

Projet phare du Grenelle de l’Environnement, lancé par le gouvernement Fillon au printemps 2011, le canal doit permettre de désengorger les voies routières entre la capitale et les ports du Nord tout en offrant une possibilité de connexion vers les très développés réseaux fluviaux néerlandais, belges et allemands. « Les financements ont été prévus pour un projet annoncé par le précédent gouvernement à 4.4 milliards d'euros, mais dès l'automne 2011, il est apparu que le projet atteindrait 7 milliards d'euros. C'est une impasse financière de 2.6 milliards d'euros qui nous est léguée, à laquelle ni les finances publiques ni les partenaires privés ne sont en mesure de faire face. Par ailleurs, le rapport (du Conseil général de l’environnement de l’inspection générale des finances, ndlr) pointe la surestimation des recettes de péage du canal ». Le projet avait été suspendu par le nouveau gouvernement en septembre 2012.

Transport fluvial