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Frégates canadiennes : Naval Group et Fincantieri dévoilent leur offre commune

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Frégates canadiennes : Naval Group et Fincantieri dévoilent leur offre commune

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Comme nous l’écrivions en septembre dernier, Naval Group et Fincantieri ont choisi de faire front commun pour l’appel d’offres sur les futures frégates canadiennes. Sortant officiellement du bois, les deux industriels ont dévoilé le 1er décembre le design proposé à Ottawa. Il s’agit bien d’un mix des frégates multi-missions construites par la France et l’Italie, répondant aux besoins canadiens. Ce design est basé sur la plateforme italienne de la FREMM, l’électronique étant en revanche française, en particulier le système de combat (Naval Group) et le radar à faces planes Sea Fire (Thales). Côté armement, on observe sur le visuel présenté une tourelle de 127mm, deux systèmes surface-air RAM et de l’artillerie légère. S’y ajoutera un lanceur vertical pour missiles surface-air, probablement des Aster, qui auraient la préférence de nombreux militaires canadiens compte tenu de leur performances, mais l’option de missiles américains serait toujours possible. Comme ses cousines françaises et italiennes, la FREMM canadienne disposerait donc de moyens de défense aérienne de premier plan, mais aussi de capacités tout aussi robustes dans les domaines de la lutte antinavire et surtout anti-sous-marine, avec sonar de coque et sonar remorqué (Captas). S'y ajoutera l'action vers la terre. 

Cette décision de Naval Group (ex-DCNS) et Fincantieri de s’allier sur ce marché permet aux industriels français et italiens, sur un projet où la compétition est très vive, de réduire la concurrence et ainsi maximiser leurs chances de succès. « Le gouvernement canadien a fait part de son intention d’acquérir un navire de combat aux standards de l’OTAN, sur la base d’un design existant et déjà éprouvé qui puisse être modifié pour répondre aux exigences de la marine canadienne. Naval Group et Fincantieri, avec le plein soutien des gouvernements français et italien, vont unir leurs savoir-faire pour présenter au gouvernement canadien une solution « sur étagère » déjà éprouvée en mer et reposant sur le design de la frégate FREMM, pour la fourniture de 15 navires de combat de surface à la marine canadienne. Dans le cas où cette offre serait acceptée, les futures frégates seraient construites au Canada sur le chantier naval d’Irving Shipbuilding, dans des délais très courts, ce qui garantira une participation maximale de l’industrie canadienne et la création d’emplois localement, dans le cadre d’un transfert de technologie complet et dédié. Des fournisseurs canadiens seraient par ailleurs intégrés à la supply chain mondiale des deux sociétés », expliquent Naval Group et Fincantieri.

Pour mémoire, le programme Canadian Surface Combatant (CSC) vise à remplacer au cours de la prochaine décennie les 12 frégates du type City, mises en service entre 1992 et 1996, ainsi que les trois destroyers du type Tribal, désormais tous en retraite. Leur succèdera une nouvelle flotte comprenant jusqu’à 15 bâtiments pour un budget estimé à 26 milliards de dollars canadiens, soit quasiment 18 milliards d’euros. La construction de la tête de série doit être lancée au début des années 2020 dans un chantier imposé par le gouvernement canadien et avec lequel les groupes internationaux en compétition pour le design et le système de combat devront collaborer. Il s’agit d’Halifax Shipyards, filiale du groupe Irving, désigné en 2011 pour réaliser les CSC dans le cadre de la stratégie nationale de construction navale, adoptée par le Canada pour relancer son industrie.

Le processus de sélection initialement mis en place par le Canada, avec un double appel d’offres, l’un pour la plateforme et l’autre pour le système de combat, s’est révélé très complexe, les industriels intéressés estimant qu’il présentait des risques trop importants et par ailleurs différents problèmes, y compris en matière de propriété intellectuelle. Après avoir été alerté par plusieurs acteurs majeurs du secteur que ces derniers risquaient de ne pas déposer d’offre dans ces conditions, le gouvernement canadien a remis à plat et simplifié la procédure l’an dernier. Finalement, 12 sociétés ont été présélectionnées à l’été 2017 pour poursuivre la compétition et remettre une offre. 

En dehors de Naval Group et Fincantieri, avaient été sélectionnés (par ordre alphabétique) la société d’ingénierie américaine Alion Science and Technology, l’Allemand Atlas Elektronik, le Britannique BAE Systems, Lockheed Martin Canada, l’Espagnol Navantia, le Danois Odense Maritime Technology, Saab Australia, l’Italien Leonardo, Thales Nederland et l’Allemand TKMS.

Ces différents industriels se sont regroupés pour déposer des offres communes le 30 novembre. Parmi elles, il y a la solution, considérée par beaucoup d’observateurs comme partant favorite, d’une adaptation de la future frégate britannique du type 26, avec un consortium regroupant Lockheed Martin Canada, BAE Systems, CAE, L3 Technologies, MDA et Ultra Electronics. Alion Canada, de son côté, présente une offre basée sur le design des frégates néerlandaises du type LCF, alors que Navantia, allié notamment à Saab, soumet une variante du modèle F100, construit pour les marines espagnole et australienne. Odense part quant à lui sur une évolution des Iver Huitfeldt danois et TKMS probablement sur une déclinaison des nouvelles frégates allemandes du type F125.

 

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