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FREMM : La cérémonie de découpe de la 1ère tôle tombe à l'eau

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FREMM : La cérémonie de découpe de la 1ère tôle tombe à l'eau

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Face aux risques de blocus du site de Lorient, DCN a décidé d'annuler la cérémonie de découpe de la première tôle de l'Aquitaine, tête de série des frégates multi-missions. Cet évènement, prévu vendredi, devait être l'occasion de présenter à plusieurs délégations étrangères et clients potentiels les produits de DCN. « Les conditions sociales ne sont pas réunies pour que le découpage de la première tôle de FREMM se déroule dans la sérénité afférente à ce type d'événement », a indiqué hier le constructeur. Pour protester contre la politique sociale et industrielle de la direction, les syndicats n'étaient pas d'accord sur la méthode à employer. Dénonçant un siège campant sur ses positions, la CGT, l'UNSA et FO envisageaient une « action musclée », tout en « laissant la porte ouverte » aux négociations. De son côté, la CFDT avait opté, dès le début de la semaine, pour une mobilisation en dehors de l'établissement, afin de ne pas perturber la cérémonie. Aucun compromis n'ayant été trouvé, DCN n'a pas souhaité prendre le risque de voir ses clients bloqués aux grilles des anciens arsenaux.

Le montage industriel au coeur de la grogne

Entre la direction et les syndicats, le dialogue reste donc des plus délicats. Les représentants du personnel dénoncent toujours la part importante réservée à la sous-traitance, notamment étrangère, dans le programme FREMM. « La politique industrielle de l'entreprise débouche sur des externalisations d'activités de plus en plus nombreuses, tant à la production qu'en ingénierie, au risque de pertes irrémédiables de compétences. Le montage industriel du programme FREMM ne prévoit toujours pas, à ce jour, une charge substantielle dans les différents établissements de l'entreprise », dénonce la CFDT, qui réclame, comme les autres organisations, le rapatriement de la partie avant des frégates à Brest et Cherbourg. Du côté du siège, on affirme que « DCN ne peut pas réaliser en interne l'intégralité des FREMM pour des questions d'outil industriel. Les creux de charge ponctuels rencontrés dans certaines spécialités seront totalement absorbés d'ici 2010. Brest tournera alors à plein régime sur la refonte M 51 des SNLE et Cherbourg sur les Barracuda, sans compter les contrats à l'export que nous attendons ». La direction met, par ailleurs, en avant les opportunités de commandes à l'export, à condition que les clients potentiels, comme la Bulgarie, soient associés à la construction des frégates.

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