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FREMM : La douche italienne…

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FREMM : La douche italienne…

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Difficile d’y croire tant l’opération semblait bien préparée. En marge du 24ème sommet franco-italien, la présence de Silvio Berlusconi et de sept de ses ministres devait aboutir hier à la signature du contrat des frégates multimissions (FREMM). L’affaire était entendue depuis une dizaine de jours. Pour marquer l’évènement, DCN et Thales avait exceptionnellement décidé de faire une conférence de presse commune. Seulement voilà, contre toute attente, la signature a été reportée à la dernière minute et le rendez-vous médiatique des deux industriels français, prévu à 16 H 30, a été annulé une heure avant. La journée a été marquée par une certaine confusion, entre communiqués et contre communiqués. Annoncé comme signé vers 13 heures par les agences de presse, le contrat ne l’a finalement pas été. Une véritable douche froide pour la partie française qui a été complètement prise de court par son partenaire italien dans ce projet en coopération. Officiellement, on parle de « problème administratif » et de « problème technique entre les ministères italiens ». En fait, il s’agit tout bonnement de finances, un problème récurrent de l’autre côté des Alpes. Après des mois de discussions pour budgéter les FREMM, l’ancien ministre italien de l’économie avait consenti à accorder une rallonge de 400 millions d’euros à la loi de finances 2006. Seulement voilà, sa récente démission semble avoir remis en cause cette promesse. Le gouvernement Berlusconi a donc demandé un peu de temps à la France pour trouver une solution et l’Elysée s’est semble t il retrouvé devant le fait accompli.

Programme à 11 milliards d’euros

Refroidie par cet évènement inattendu, DCN espère maintenant que le contrat, qui doit structurer la vie des anciens arsenaux pendant une douzaine d’années, soit signé au plus vite. Aucune date n’est toutefois annoncée chez les différents industriels et institutionnels concernés par les FREMM. La signature peut très bien intervenir dans plusieurs jours, comme dans plusieurs semaines.
Considéré comme le plus important programme de construction navale jamais mené en Europe, le projet FREMM porte sur un total de 27 frégates et un marché de 11,054 milliards d’euros. La première tranche, dont la notification devait intervenir hier, comprend la commande de 8 navires pour la France (3,5 milliards d’euros). Compte tenu des problèmes budgétaires rencontrés par l’Italie depuis un bon moment, Rome avait obtenu de faire glisser ses commandes. Ainsi, pour la Marina miltare, le premier contrat ne porte que sur le début de la réalisation et du développement de la première plateforme propulsée (400 millions d’euros). Les crédits, optionnels, pour le complément de développement de cette frégate doivent être débloqués en 2008 (pour le second navire, l’année suivante). Les autres bâtiments doivent être commandés à la fin de la période de conception, concomitante aux début des essais mer de la FREMM italienne n°1, prévus en 2011. A cette date, un contrat pour quatre unités doit être passé suivi d’une commande pour deux autres navires en 2013 et un ultime marché pour deux autres frégates en 2015. Malgré ces ajustements assez compliqués, l’Italie rencontre donc encore des problèmes. Le pays a prévu de se doter de 10 bateaux pour 4,596 millions d’euros alors que la France compte acquérir 17 FREMM pour 6,457 milliards d’euros.

Naval Group (ex-DCNS) Marine nationale