Défense
FREMM : Menaces sur la cérémonie de découpe de la première tôle

Actualité

FREMM : Menaces sur la cérémonie de découpe de la première tôle

Défense

La découpe de la première tôle de l'Aquitaine, tête de série des frégates multi-missions (FREMM), doit intervenir vendredi à DCN Lorient. La cérémonie est néanmoins menacée par une importante action syndicale, qui pourrait entraîner le blocus du site dès 5 heures du matin. Le conflit porte sur le montage industriel retenu par la direction, qui prévoit de sous-traiter la partie avant des frégates, dont 8 ont été commandées fin 2005 et 9 autres doivent l'être en 2011 et 2013. Cet énorme contrat, d'un montant global de 6.5 milliards d'euros, assurera, avec le programme des sous-marins nucléaires du type Barracuda, l'essentiel de la charge de DCN jusqu'au milieu des années 2020. Les syndicats, notamment à Brest, réclament le rapatriement, en interne, d'une partie des contrats externalisés. Dans les différents établissements, la colère monte depuis plusieurs mois. La semaine dernière, à Cherbourg, l'intersyndicale CGT, CFDT, FO et UNSA s'est notamment invitée à la cérémonie commémorant le quarantième anniversaire du lancement du Redoutable. Les délégués ont fait part de leurs inquiétudes pour l'avenir des bassins d'emplois et réclamé une nouvelle politique industrielle : « Il y a toujours moins d'activité à DCN, toujours plus d'externalisations et toujours plus de précarité. Nous ne voulons pas que DCN devienne, comme Thales, une entreprise sans usine et que la construction de navires destinés à la marine nationale soit délocalisée dans des pays de l'Est, avec des fonds publics », a affirmé un délégué de la CGT.

Désaccords syndicaux sur l'action du 16 mars

Bien que les syndicats fassent front commun sur la question de la sous-traitance du programme FREMM, tous ne sont pas d'accord sur la méthode à employer. La cérémonie de découpe de la première tôle de l'Aquitaine, à Lorient, est notamment source d'opposition. Hier, la CGT, l'UNSA et FO souhaitaient une action très dure, avec le blocus du site morbihannais toute la journée du 16 mars. La CFDT, la CGC et la CFTC y sont opposés, redoutant les conséquences d'une telle manoeuvre auprès des clients potentiels présents vendredi. Au sein des 500 invités prévus pour la cérémonie, des délégations du Moyen Orient, d'Europe du sud et de l'Est, ainsi que d'Afrique du Nord doivent en effet venir. DCN compte beaucoup sur le lancement de la construction de l'Aquitaine pour faire valoir cette frégate à l'export. La direction souhaite également profiter de l'occasion pour mettre en avant d'autres produits, comme les corvettes Gowind et Fastwind. « Il ne faut pas se tromper de cible et ne surtout pas heurter les délégations étrangères intéressées par nos produits. On ne peut pas saboter la cérémonie si celle-ci compte de futurs clients, c'est-à-dire notre futur gagne pain », explique un responsable syndical opposé au blocus. La CFDT, qui appelle à une grève de 24 heures, organisera un rassemblement à l'extérieur du site afin de ne pas perturber la cérémonie. La confédération reste, néanmoins, tout aussi inquiète que les autres syndicats sur le problème de la sous-traitance, qu'il s'agisse des blocs construits à l'extérieur comme des parties réalisées à Lorient. C'est le cas, par exemple, pour le marché de la peinture des frégates. Traditionnellement confié à des entreprises locales, il pourrait être cette fois attribué à une société croate.
____________________________________________________

- Voir la fiche technique des frégates multi-missions

Naval Group | Actualité industrie navale de défense