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FREMM pour l’Egypte : Ça se précise…

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Les délégations égyptiennes se succèdent en France en vue de conclure au plus vite l’achat d’au moins une frégate de type FREMM. La Caire est très pressé car les Egyptiens souhaitent disposer du bâtiment pour l’été 2015. L’idée est, en effet, que le nouveau navire amiral de la flotte égyptienne ouvre une grande revue navale marquant la fin des travaux d'élargissement du canal de Suez. Un chantier de grande ampleur voulu par le président Abdel Fattah al-Sissi et pour lequel les contrats avec les sociétés chargées des travaux ont été signés fin octobre. D’un coût estimé à plus de 8 milliards de dollars, le projet porte sur l’élargissement d’une partie du canal et la réalisation, sur une trentaine de kilomètres, d’un nouvel ouvrage parallèle à la voie historique. La construction de différents tunnels est également prévue. La fin du chantier est programmée en août prochain.

Pour tenir les délais extrêmement courts souhaités par l’Egypte, la France propose de lui transférer la Normandie, seconde FREMM de la Marine nationale, que DCNS doit normalement livrer cet hiver à la flotte française. Un autre bâtiment pourrait ensuite suivre, la question étant de savoir si, là encore, c’est dans le stock de frégates françaises qu’il conviendrait de puiser. Il parait peu probable qu'il s'agisse de la Provence, qui a débuté ses essais en mer en octobre dernier et doit être opérationnelle l’an prochain. La Marine nationale a, en effet, grandement besoin de ses nouvelles FREMM et un prélèvement supplémentaire en plus de la Normandie ne serait pas sans lui poser de sérieux problèmes. L'enjeu calendaire de l'inauguration du nouveau canal de Suez concernant surtout la première frégate, on peut imaginer que si l'option d'une seconde FREMM égyptienne est entérinée, le bâtiment sera livré plus tard, peut être vers la fin de la décennie.

Pour ce qui est de la Normandie, au-delà des aspects techniques, avec par exemple le débarquement des installations de tir de missiles de croisière et l’adaptation du bâtiment aux équipements et standards égyptiens, le grand challenge de ce projet réside dans la formation des équipages. Les industriels français, à commencer par DCNS et DCI, n’auraient que quelques mois pour apprendre aux égyptiens à conduire cette frégate ultramoderne et caractérisée par un très fort degré d’automatisation, qui tranche avec le fonctionnement traditionnel des unités de la flotte égyptienne.

En dehors du projet FREMM, on rappellera que l’Egypte a commandé à la France quatre corvettes du type Gowind 2500. La tête de série doit être livrée par le site DCNS de Lorient en 2017, les trois suivantes étant réalisées localement en transfert de technologie. S’y ajoute une option pour la construction de deux unités supplémentaires, qui pourait être produites à Lorient. 

Naval Group (ex-DCNS)