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FREMM : Une frégate italienne contre une frégate française sur le marché export?

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FREMM : Une frégate italienne contre une frégate française sur le marché export?

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En matière de Défense, la coopération réserve son lot de surprises, souvent de casse-têtes et parfois, aussi, de désagréments. C'est déjà le cas entre DCNS et Navantia, le groupe français reprochant à l'Espagnol d'avoir profité de la coopération sur le Scorpène pour « apprendre » à construire des sous-marins. Et, in fine, de proposer face à son partenaire son propre produit, le S80 (*). Or, selon nos informations, Fincantieri et Finmeccanica, après une dizaine d'années de coopération avec l'ex-Direction des Constructions Navales, prépareraient un scénario qui rappelle la mésaventure franco-espagnole. Ainsi, Français et Italiens pourraient se retrouver en concurrence en Grèce et en Algérie, deux pays souhaitant se doter de nouvelles frégates. Pour le dossier grec, DCNS propose à Athènes un navire dérivé de la Frégate Européenne Multi-Missions (FREMM), développée en coopération avec les Italiens. Seulement voilà, il semblerait que ces derniers aient, de leur côté, choisi de présenter leur propre bateau. Une FREMM italienne face à une FREMM française... L'affaire parait déjà curieuse au sein d'un programme européen salué comme exemplaire par Paris et Rome.

Un système de combat américain sur la FREMM italienne ?

Mais il y aurait plus surprenant. D'après certaines sources, Fincantieri songerait à pouvoir intégrer sur ses plateformes un système de combat Lockheed Martin et des missiles SM-2 MR, en lieu et place du SEIC de DCNS et des Aster de MBDA. Autant dire qu'après avoir placé ses équipements sur les navires réalisés par Navantia, dont le S80, l'industrie américaine pourrait bien trouver un nouveau débouché commercial grâce aux divergences européennes. A Paris, cette perspective, bien qu'ennuyeuse, n'est pas encore perçue comme dramatique. « Les Italiens ont déjà adopté un système de combat différent du nôtre pour leurs bateaux. Cette situation n'est donc pas anormale, le client achetant d'abord un système de combat et les armements associés plutôt qu'une simple plateforme », explique-t-on chez DCNS. Pour le groupe français, il n'y donc pas encore péril en la demeure. On se rappelle néanmoins que les anciens arsenaux avaient, initialement, minimisé l'affaire du S80 espagnol, avant de finalement monter au créneau.

L'accord franco-grec d'octobre 2006 mal digéré

Le programme de renouvellement des frégates grecques est à l'étude depuis plus de deux ans. Athènes souhaite un bâtiment polyvalent, doté de bonnes capacités de défense aérienne. DCNS proposerait donc un modèle inspiré de la Frégate de Défense Aérienne (FREDA), une version antiaérienne de la FREMM étudiée pour remplacer à l'horizon 2018 les Cassard et Jean Bart de la Marine nationale. Afin de remporter le marché grec, qui porterait sur une dizaine de bâtiments, DCNS s'est allié aux chantiers Elefsis, près d'Athènes. Le 25 octobre 2006, un Memorandum of Understanding avait été signé entre Armaris et Elefsis en vue d'associer l'industriel hellénique comme « partenaire stratégique tant sur les programmes français qu'à l'exportation, afin de créer les conditions d'une coopération à long terme bénéfique pour l'industrie grecque ». Or, les Italiens auraient, à l'époque, très mal pris la décision de leurs partenaires français, accusant en coulisse ces derniers d'avoir fait cavalier seul dans cette affaire.

Deux frégates bien différentes

Contrairement à Horizon, premier programme naval franco-italien, FREMM ne se traduit plus par un bâtiment identique pour les deux pays. La frégate italienne reprend certaines lignes de sa cousine française mais ses superstructures ont été largement modifiées. Le système de combat est différent et, côté propulsion, les Italiens ont fini par imposer aux Français la turbine à gaz LM2500 G4 de General Electric, construite sous licence par Avio (La MT30 de Rolls-Royce avait la préférence de DCNS). Si les Italiens ont imposé leur choix sur les turbines, ils n'ont en revanche pas adopté le radar multifonctions Herakles, de Thales, lui préférant l'Italien EMPAR. L'armement diffèrera aussi, avec notamment l'emport de missiles anti-sous-marins Milas, d'un canon de 127 mm (version attaque contre terre) et d'une second pièce de 76mm (version ASM). La construction de la première unité italienne a débuté le mois dernier aux chantiers Fincantieri de Riva Trigoso. Trois autres navires ont été commandés sur les 10 souhaités à terme. En France, les 8 premières FREMM ont été notifiée, 9 autres devant l'être en 2011 et 2013. Le premier bloc de l'Aquitaine est aujourd'hui sur sa ligne de tins, à Lorient. La mise à flot de la frégate est prévue en 2009 pour une livraison deux ans plus tard.



La FREMM française (Photo DCNS)

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