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Fusiliers-marins : la livraison des premières VPDMP repoussée
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Fusiliers-marins : la livraison des premières VPDMP repoussée

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En avril dernier, la coque fraîchement démoulée de la première des 12 nouvelles vedettes protégées de défense maritime et portuaire (VPDMP) des fusiliers-marins étaient dévoilée au chantier Ufast de Quimper, en présence de Florence Parly, ministre des Armées. Depuis, c’est le silence radio sur ce programme, qui devait voir ce prototype débuter ses essais en mer à la fin de l’été pour un début de livraison des vedettes à la fin de cette année. Ce ne sera pas le cas, le premier bateau n’étant pas encore à l’eau.  

Mer et Marine a appris que l'arrivée de ces intercepteurs blindés avait pris du retard, leur construction étant même momentanément interrompue. En cause, l’obligation de prendre en compte une évolution de la règlementation, en particulier sur les aspects liés à la sécurité des navires, alors que ces bateaux très guerriers devront non seulement répondre à une certification des autorités militaires, mais aussi du Bureau Veritas et des Affaires maritimes. La modification est semble-t-il liée à la refonte de la Division 222 et l’abrogation de la Division 236 suite à un arrêté datant de décembre 2017. Des dispositions dont l’appel d’offres de la Direction Générale de l’Armement, lancé antérieurement, n’a pas tenu compte, le contrat étant notifié en l’état en mars 2018. Sauf qu’il a bien fallu s’y conformer, ce qui a nécessité une reprise des études des VPDMP et le retard que l’on connait aujourd’hui.

Les choses devraient cependant rentrer rapidement dans l’ordre et l’achèvement du prototype et des premières vedettes de série reprendre. La livraison de la première unité est désormais espérée au début du printemps 2020, les autres devant suivre d’ici 2022.

Ce programme, auquel tient beaucoup la Marine nationale, vise à doter les fusiliers-marins d’embarcations taillées pour la sûreté des approches maritimes des bases navales françaises et de points d’appui à l’étranger. Il s’agit, en particulier, de disposer de capacités adéquates pour neutraliser une attaque terroriste lancée depuis la mer contre des infrastructures portuaires ou des navires militaires, unités de surface comme sous-marins, à quai, au mouillage ou lors de leurs manœuvres d'entrée ou de sortie des bases.

 

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VPDMP (©  UFAST)

 

Longues de 15 mètres et réalisées en matériau composite (CVR), les VPDMP seront dotées d’une propulsion hors-bord, avec quatre moteurs de 350 cv et une vitesse de plus de 40 noeuds à pleine charge. Conçus pour pouvoir conduire des abordages de vive force, ces intercepteurs d'une quinzaine de tonnes pourront résister à des tirs adverses, avec un blindage couvrant notamment la cabine et les parties critiques, comme les moteurs et les réserves à carburant. Ce sera aussi le cas pour les deux postes de tir, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière, d’où les fusiliers-marins pourront mettre en œuvre des mitrailleuses lourdes de 7.62 à 12.7mm, et peut-être ultérieurement des missiles MMP. 

En plus de leur équipage de conduite (deux marins), les VPDM pourront embarquer un groupe d’intervention puissamment armé, composé de 8 hommes équipés pour intervenir de jour comme de nuit et même si les conditions météo sont très dégradées.

Dix VPDMP seront livrées aux fusiliers-marins chargés de la protection de Toulon (quatre vedettes prévues), Brest (quatre) et Cherbourg (deux), les deux dernières étant destinées à Djibouti. Ces bateaux pourront néanmoins, le cas échéant et en fonction des besoins, être repositionnés dans d’autres zones. Afin de faciliter leur déploiement rapide en tout point de l’Hexagone, ces embarcations seront livrées par Ufast avec des remorques routières spécialement conçues pour leur transport.

 

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VPDMP (©  UFAST)

Marine nationale Ufast