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Futur(s) porte-avions français : Le nouveau contrat d’études va être acté

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Futur(s) porte-avions français : Le nouveau contrat d’études va être acté

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Prévu par le projet de loi de finances 2019, le contrat d’études portant sur le ou les futurs porte-avions français devrait être acté cette semaine à l’occasion d’un comité ministériel d’investissement. Alors que le Charles de Gaulle, mis en service en 2001 et qui achève actuellement sa refonte à mi-vie, devrait rester opérationnel jusqu’à la fin des années 2030, il s’agit de définir les besoins opérationnels futurs de la Marine nationale et, de là, plancher sur les différentes options techniques possibles pour le prochain porte-avions français. Pour cela, la Direction Générale de l’Armement travaillera avec tous les industriels concernés par ce projet, à commencer par Naval Group, les Chantiers de l’Atlantique, Dassault Aviation ou encore Thales.  

Les études porteront notamment sur les capacités de combat souhaitées, le mode de propulsion (conventionnel ou nucléaire), l’adoption de catapultes électromagnétiques en lieu et place des actuelles catapultes à vapeur, ou encore l’intégration des futurs drones de combat qui complèteront la chasse embarquée pilotée. Les choix qui en résulteront permettront de définir le gabarit du futur bâtiment, qui sera très probablement plus grand que le Charles de Gaulle. Le fait qu’il sera construit à Saint-Nazaire et non pas à Brest laisse en la matière de grandes marges de manœuvre, les infrastructures des Chantiers de l’Atlantique étant bien plus importantes que celles de l’ancien arsenal breton, dont l’étroitesse des cales avait contraint la taille du Charles de Gaulle. A Saint-Nazaire, il est ainsi possible de réaliser des plateformes de plus de 300 mètres, contre 261 pour le porte-avions dont dispose aujourd’hui la flotte française.

Globalement, la DGA et les industriels vont refaire le travail d’études mené dans les années 2000, qui avait conduit à un premier design national puis, sur décision de Jacques Chirac, au projet de porte-avions franco-britannique, finalement abandonné par Nicolas Sarkozy peu après son arrivée à la présidence de la République. Il est néanmoins intéressant de noter que, depuis, l’évolution des menaces et des technologies offre d’autres perspectives, qui rendent ces nouvelles études pertinentes et pourraient déboucher sur des conclusions et options techniques différentes.

Néanmoins, comme cela avait été le cas dans les années 2000, études pour un nouveau porte-avions ne veut pas dire commande d’un nouveau porte-avions. Sur ce point, le gouvernement, comme ses prédécesseurs depuis plus de 20 ans, renvoie la décision à la prochaine loi de programmation militaire (à partir de 2026), c’est-à-dire à la prochaine législature, voire celle d’après. Une décision qui devrait également porter sur le nombre de bâtiments à construire, comme l’a expliqué début septembre la ministre des Armées dans l’émission Le Grand Rendez-Vous d’Europe 1, CNews et Les Echos. Le Charles de Gaulle, a dit Florence Parly, « a vocation à terminer sa vie active autour de 2040. C'est donc dès maintenant, dans le cadre de cette loi de programmation militaire, que nous lançons des études pour réfléchir à ce que doit être ce nouveau porte-avions ». Et la ministre de préciser : « lorsqu'on lance des études pour un nouveau modèle de porte-avions, on laisse ouverte la question de savoir s'il en faut un ou s'il en faut deux (…) C'est la prochaine loi de programmation militaire, celle qui interviendra au-delà de 2025, qui devra déterminer les moyens pour assurer la construction de ce ou ces porte-avions et de définir le nombre de ces navires ».

 

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