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Gardet et Debezenac signe un gros contrat de déconstruction avec la marine

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Le chantier de déconstruction du Havre a décroché cet été, à l’issue d’un appel d’offres international, un contrat portant sur le démantèlement de 18 anciens bâtiments de la Marine nationale. Il s’agit du plus gros marché remporté jusqu’ici par Gardet et Debezenac, qui a déjà travaillé à plusieurs reprises pour la flotte française, traitant notamment, en 2013, 50 engins et embarcations désarmées à Brest et Cherbourg.

Cette fois, l’industriel normand monte en gamme avec des coques de plus grande taille, comprenant notamment des ex-patrouilleurs et bâtiments de soutien.

Trois d’entre elles sont stationnées à Toulon et seront remorquées vers La Havre. Il s’agit de l’ex-bâtiment d'intervention sous la mer Isard (41.5 mètres, désarmé en 2005), de l’ex- bâtiment de soutien de nageurs de combat Poséidon (40.5 mètres, 2006) et de l’ancienne gabarre Persévérante (43.3 mètres, 2002).

 

L'ex-Isard à Toulon (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-Isard à Toulon (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Les autres coques du contrat sont en attente à la pointe Bretagne. Gardet et Debezenac déconstruira notamment les ex-patrouilleurs du type P400 La Fougueuse, La Railleuse et La Boudeuse, des unités de 54 mètres retirées du service en 2009 et 2011. Ces anciens bâtiments sont stationnés au cimetière marin de Landévennec, sur la presqu’île de Crozon, où se trouvent également trois ex-transports de personnel de 40.5 du type Ariel (Ondine, Faune et Néréide), désarmés au milieu des années 2000 et destinés eux aussi à rejoindre Le Havre. Il en sera de même pour trois de leurs sisterships (ex-Elfe, Dryade et Naïade) en attente dans la base navale de Brest. C’est là également que Gardet et Debezenac viendra récupérer les anciens bâtiments d’instruction à la manœuvre Chimère et Farfadet (30.5 mètres), retirés du service en 2011. Le chantier havrais assurera par ailleurs la déconstruction des ex-remorqueurs Bonite et Rouget (20.8 mètres, RSA en 2005), ainsi que le démagnétiseur Y732, une coque de 38.2 mètres en attente de démantèlement depuis le début des années 2000.

 

Les Faune et Néréide avant désarmement (© : MICHEL FLOCH)

Les Faune et Néréide avant désarmement (© : MICHEL FLOCH)

L'ex-Fougeuse peu avant son désarmement (© : MICHEL FLOCH)

L'ex-Fougeuse peu avant son désarmement (© : MICHEL FLOCH)

L'un des ex-bâtiments d'instruction du type Chimère (© : MICHEL FLOCH)

L'un des ex-bâtiments d'instruction du type Chimère (© : MICHEL FLOCH)

 

Enfin, la dernière coque de ce lot, et la première à être déconstruite, est l’Ondée. Lancé il y a 80 ans, l’ancien bateau-citerne, désarmé en 1993 et en attente à Brest pendant plus de deux décennies, est arrivé le 26 juillet au Havre. Si la coque n’a pu être sauvée, la superbe machine à vapeur de l’ex-Ondée a été extraite par Gardet et Debezenac afin d’être remise à une association et préservée.

 

L'ex-Ondée à son arrivée au Havre fin juillet (© : FABIEN MONTREUIL)

L'ex-Ondée à son arrivée au Havre fin juillet (© : FABIEN MONTREUIL)

 

Avec ce nouveau contrat, l’entreprise havraise, installée il y a 7 ans sur le site des anciens Ateliers et Chantiers du Havre (ACH), bénéficie d’une belle bouffée d’oxygène, son plan de charge commençant à décliner avant la notification du marché. Créée en 2008 pour répondre aux besoins de démantèlement des vieux matériels de Seine et postuler aux appels d’offres de la Marine nationale, la société est l’une très des rares en France à disposer d’un agrément ICPE (installations classées pour la protection de l'environnement) lui permettant de déconstruire des bateaux. Capable de traiter des coques allant jusqu’à 130 mètres, avec pour les plus grandes une déconstruction à flot puis un hissage de la semelle sur le spliway afin d’achever les travaux, Gardet et Debezenac emploie 7 personnes, auxquels s’ajoutent des sous-traitants. Grâce au nouveau contrat enregistré cet été, qui lui donne deux ans de charge, le chantier voit son activité confortée et prévoit même de doubler ses effectifs. Après l’ancienne Ondée, le site recevra d’ici la mi-septembre ses deux prochaines coques, en l’occurrence l’ex-Ondine et l’ex-Faune. L'une de ces deux coques a quitté Brest hier après-midi, tractée par le remorqueur RM Moulis, qui a mis le cap sur la Manche. 

 

Départ hier d'un ancien transport de personnel

Départ hier d'un ancien transport de personnel (© : MICHEL FLOCH)

Départ hier d'un ancien transport de personnel

Départ hier d'un ancien transport de personnel (© : MICHEL FLOCH)

Départ hier d'un ancien transport de personnel

Départ hier d'un ancien transport de personnel (© : MICHEL FLOCH)

Marine nationale Port du Havre