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Gare au caviar illégal dans les assiettes

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Gare au caviar illégal dans les assiettes

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A la veille des fêtes, et alors que la presque totalité du caviar sauvage est toujours interdit de commerce international, SeaWeb met en garde les consommateurs contre le caviar de contrebande et les invite à préférer les caviars d'élevage proposés par les marques connues du marché. Selon l'ONG, la surpêche continue et la pêche illégale sont les facteurs clé du déclin des populations d'esturgeon sauvage. En janvier, le CITES - Convention on International Trade for Endangered Species - mit un coup d'arrêt au commerce de la majorité du caviar sauvage afin de donner à l'espèce une chance de se repeupler. Avec une interdiction en vigueur pendant la période des fêtes de cette année 2006, les institutionnels de la protection de la nature ont renforcé leurs mesures pour détecter et arrêter le commerce illégal. « Les consommateurs doivent également être vigilants et choisir des caviars d'élevage de source sûre, telles ceux d'esturgeons en provenance de France ou des pays de l'Union Européenne », explique SeaWeb.
Le mois dernier, les responsables de Environment Canada ont utilisé une méthode basée sur l'ADN pour arrêter l'importation illégale de 126 Kg de caviar étiqueté en tant kaluga de basse catégorie originaire du fleuve Amour en Chine. L'ADN a révélé la marchandise comme étant du caviar Beluga, de l'Osciètre et du Sevruga traditionnellement produit par des esturgeons de la Mer Caspienne. Environment Canada a estimé le prix de vente au détail de ce chargement à plus de 305.000 euros. Une étude américaine de 1998, basée sur la même méthodologie, a déterminé que près de 20% du caviar du seul marché de la ville de New York était vendu sous étiquetage falsifié ou provenait d'esturgeons d'espèces menacées. La France, l'Allemagne et la Suisse sont traditionnellement les premiers importateurs de caviar sauvage. Depuis 2000, près de 12 tonnes de caviar illégal ont été saisies par les autorités européennes.

Un programme de protection de l'esturgeon

L'Autre Caviar, le programme de protection de l'esturgeon de la Caspienne proposé par SeaWeb, recommande fortement aux consommateurs, pendant la période des fêtes, d'être particulièrement vigilants s'ils achètent du caviar ne provenant pas d'un producteur réputé et en particulier ceux proposés à des conditions particulièrement avantageuses sur internet. Les consommateurs peuvent acheter du caviar d'élevage directement auprès des fermes d'élevage afin de s'assurer qu'il s'agira bien de caviar légal. Au sein de l'Union Européenne, la totalité des boîtes de caviar du marché doit être identifiée au moyen d'une étiquette non réutilisable mentionnant le pays d'origine du produit, l'espèce, l'année de production, ainsi que la lettre « W » pour wild ou « C » pour élevage en captivité. « Cette année, le caviar d'esturgeon iranien est le seul autorisé en provenance de la Mer Caspienne. Le caviar de Russie, du Kazakhstan, d'Azerbaijan produit en 2006 est illégal et s'ils le trouvent proposé à la vente, les consommateurs devraient le signaler aux autorités », indique SeaWeb. Seule une petite quantité de caviar sauvage légal pourra être mise sur le marché cette année. « Il proviendra en majorité d'espèces malmenées et en danger d'extinction. L'Iran par exemple s'est vue attribuer un quota d'exportation pour l'esturgeon du Golfe Persique. Et pourtant, la pêche illégale d'esturgeon dans le sud de la Mer Caspienne au printemps aurait été équivalente à la quantité légalement pêchée - selon un propos du Ministre de l'Agriculture Iranien Monsieur Shabanali Nezami. Les consommateurs devraient donc en réalité éviter toute consommation de caviar sauvage », précise l'ONG.
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- Voir le site de SEAWEB