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Gaz de France va se séparer de deux méthaniers

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Gaz de France va se séparer de deux méthaniers

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Après la livraison de trois méthaniers flambants neufs par les chantiers de Saint-Nazaire, Gaz de France va se séparer de deux de ses navires. Désarmé à Marseille, le Descartes est en cours de vente à un armateur, dont le nom n'a pas été révélé. Premier méthanier livré par les Chantiers de l'Atlantique, en 1971, ce bateau, armé sous pavillon Kerguelen, était opéré entre l'Algérie et Fos, une ligne où a été affecté, début janvier, le tout nouveau Gaz de France EnergY (74.000 m3). D'une longueur de 220 mètres pour une capacité de 50.000 m3 de Gaz Naturel Liquéfié (GNL), le Descartes contient, comme tous les navires de son époque, de l'amiante : « La présence à bord de ce produit demande un suivi scrupuleux. Suivant la réglementation, l'amiante a été répertorié, cartographié et confiné. L'atmosphère est régulièrement contrôlée et il n'y a pas de danger pour l'environnement », assure-t-on chez Gaz de France. La CGT n'est, en revanche, pas de cet avis, estimant que le navire est « dangereux ». Le syndicat a écrit la semaine dernière au ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables. Dans cette lettre à Jean-Louis Borloo, la CGT exige que le navire soit démantelé et ce, sous la responsabilité de Gaz de France : « Nous considérons qu'il y a urgence à poser la nécessité pour notre pays de jeter les bases économiques, sociales et environnementales d'une filière de démantèlement des navires en fin de vie ».

Transport de GPL ou pôle de stockage flottant

Syndicats et organisations environnementales craignent que le Descartes, à l'instar d'autres vieux navires, ne navigue que quelques mois avant d'être finalement envoyé à la démolition. Cette pratique, à laquelle certains armements européens ont recours depuis plusieurs années, permet de contourner le problème épineux du démantèlement des vieilles coques. Une fois les bateaux cédés, les compagnies ne sont en effet plus responsables des choix de leurs nouveaux propriétaires, qui décident parfois de les envoyer à la casse. Compte tenu du coût élevé des matières premières, les méthaniers et leurs cuves en inox représentent d'ailleurs une aubaine pour les ferrailleurs asiatiques. Chez Gaz de France, on assure avoir pris des précautions : « Le Descartes sera vendu à un armateur spécialisé dans le gaz qui poursuivra l'armement du navire ». Certaines sources évoquent un groupe chinois, qui transformerait le méthanier pour le transport de Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL), un mélange d'hydrocarbures légers stocké à l'état liquide et issu du raffinage du pétrole.
Cette solution a également été envisagée pour l'Edouard LD, un autre méthanier de 129.300 m3 appartenant à Méthane Transport, une filiale commune détenue à parité par GDF et Louis Dreyfus Armateurs. Ce navire, construit en 1977, fait l'objet d'une charte d'affrètement qui prendra fin le 31 décembre et ne sera pas renouvelée. Trop gros pour le transport de GPL, l'Edouard LD devrait, selon nos informations, poursuivre sa carrière comme pôle de stockage flottant. Ce concept consiste à transformer le navire en terminal, ancré au large de la côte. Recevant le GNL d'autres navires, il pourra regazéifier celui-ci pour le renvoyer à terre où il sera directement exploitable.
Ces départs sont compensés par l'arrivée des nouveaux Gaz de France Energy (74.000 m3), Provalys et Gaselys (154.500 m3).

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