Marine Marchande
Gazocéan : le LNG Unity toujours en arrêt technique à Brest
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Gazocéan : le LNG Unity toujours en arrêt technique à Brest

Marine Marchande

Ex-Provalys livré en 2006 par les Chantiers de l’Atlantique, le méthanier français LNG Unity vient de passer le cap des six mois d’immobilisation à Brest, où il est arrivé le 8 juillet pour traiter un problème de fuites sur ses cuves à membranes. Son arrêt technique devait initialement durer deux mois mais les travaux au niveau des cuves se sont révélés bien plus complexes et difficiles que prévu. Au point de voir commencer à circuler sur les quais brestois différentes rumeurs, allant de la vente du navire à sa déconstruction pure et simple. Des rumeurs que dans l’entourage de l’armateur, contacté par Mer et Marine, on dément catégoriquement : « Il n’est pas question de démanteler le navire et il n’y a aucune démarche en cours pour le vendre. Les travaux de réparation des cuves sont délicats et bien plus compliqués que prévu. A ce stade, deux cuves sont finies et deux autres restent à terminer. Les travaux se poursuivent comme ils doivent se continuer sous la supervision de GTT ». Une telle prolongation coûte évidemment beaucoup d’argent mais pas au point de jeter l’éponge.

Réparer ces immenses cuves pouvant contenir jusqu’à 154.500 m3 de gaz naturel liquéfié nécessite de déterminer les zones exactes où des problèmes doivent être traités. Il faut installer des échafaudages, effectuer les travaux, enlever les échafaudages puis réaliser des tests en dépression sur les inter-barrières et vérifier les deux enveloppes des cuves. Et si les tests ne sont pas satisfaisants, il faut tout recommencer. Un travail titanesque pour des équipements sur lesquels le retour d’expérience est faible puisque l’ancien Provalys, son sistership l’ex-Gaselys (devenu LNG Alliance) ainsi que le Global Energy (74.000 m3) ont été les premiers et sont restés les seuls méthaniers au monde à être dotés de cuves à membranes du type CS1.

Pour mémoire, lors de la construction à Saint-Nazaire des trois navires, commandés à l’époque par GDF, des problèmes d'étanchéité sur les membranes secondaires des cuves (chargées d'empêcher les fuites de gaz liquéfié en cas de rupture de la membrane primaire) avaient été découverts. Il en avait résulté une longue phase d’analyse pour comprendre l’origine du problème, puis des travaux correctifs très lourds et complexes (en particulier une nouvelle procédure de collage) et, enfin, une âpre bataille juridique entre le chantier et GTT, concepteur de ces cuves.

Alors que le défaut fut découvert en 2004 sur l’Energy, qui devait être le premier navire de la série à entrer en flotte, la construction du Provalys, mis à l’eau cette année-là, avait été interrompue le temps de solutionner le problème. Après des essais concluants, il sera finalement le premier du trio à être livré, en novembre 2006, pour réellement commencer sa carrière début 2007 après un autre problème, cette fois de ligne d’arbres. L’Energy (sur lequel les travaux furent les plus lourds du fait de la nécessité de recoller les membranes déjà posées) a été livré fin décembre 2006 et le Gaselys en mars 2007.

Au final c’est le Provalys qui a « essuyé les plâtres » et pose le plus de problèmes aujourd’hui. Aucune date n’est avancée pour sa remise en service, que l’armateur espère évidemment « la plus rapide possible ».

Quant aux deux autres méthaniers, le LNG Alliance a bénéficié d’un arrêt technique similaire d’avril à juillet 2019 en Malaisie et, après un passage à Brest en novembre, est actuellement opérationnel. Pour le Global Energy, les travaux ont été réalisé à Marseille dont il devrait bientôt partir.

Ces trois navires sont pour mémoire immatriculés sous pavillon français (RIF). Appartenant au groupe Total (après la cession des activités amont d'Engie) et à l’armement japonais NYK, qui les affrètent, ils sont armés par Gazocéan, en charge de leur gestion technique.

Port de Brest Total