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GE va développer une Haliade de 12 MW

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GE va développer une Haliade de 12 MW

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Le groupe américain General Electric annonce que sa filiale française GE Renewable Energy va développer « la turbine éolienne en mer la plus puissante et la plus performante jamais conçue ». Destinée à être produite par l’usine de Montoir-de-Bretagne (turbines et nacelles) et celle  de Cherbourg (pales), cette machine, baptisée Haliade-X, affichera une puissance de 12 MW, soit le double de l’Haliade 150 actuellement produite dans l’estuaire de la Loire. « La technologie de cette nouvelle turbine, son élaboration et sa production seront assurées pour la plus grande partie en France. Avec un générateur à entrainement direct de 12 MW et le facteur de charge le plus élevé de l’industrie, l’Haliade-X 12 MW produira 45 % d’énergie supplémentaire par rapport aux turbines actuellement sur le marché. Elle permettra aux clients de GE Renewable Energy de produire de l’électricité plus efficacement et en plus grande quantité », affirme General Electric.

Un prototype dès 2019

Selon GE, le développement de cette nouvelle turbine va représenter sur cinq ans un investissement de 400 millions de dollars, à Montoir et Cherbourg, mais aussi dans l’ingénierie, le développement et la fabrication d’un prototype de l’Haliade-X ainsi que la chaîne d’approvisionnement associée. Le groupe prévoit d’installer la première nacelle de démonstration de l’Haliade-X au second trimestre 2019 et d’amorcer la livraison de la turbine d’ici 2021.

 

 

Une machine capable d’alimenter 16.000 foyers

Ce mastodonte affichera une hauteur totale de 260 mètres (avec l’une des trois pales en position verticale), le diamètre du rotor étant de 220 mètres, contre 150 pour l’actuelle Haliade de 6 MW. « Elle sera 30 % plus grande que ses concurrentes et développera une capacité de production inédite. Ces caractéristiques, qui rendent l’Haliade-X moins sensible aux variations de vitesse du vent, devraient lui conférer un facteur de charge accru de 63%, soit 5 à 7 points au-dessus des turbines actuellement disponibles sur le marché. Au total, une Haliade-X 12MW sera en capacité de produire 67GWh d’électricité par an soit assez d’énergie renouvelable pour fournir 16.000 foyers européens », assure GE, qui dit baser son comparatif sur « une ferme allemande implantée en mer du Nord ». Avec une telle puissance, un parc de 62 Haliade-X serait ainsi en mesure de répondre aux besoins électriques d’1 million de foyers.

 

 

Rester dans la course face à la concurrence

La décision de GE de développer cette machine de très grande puissance est logique, et était attendue car inévitable si le groupe veut se maintenir dans la compétition internationale. Car d’autres spécialistes européens de l’éolien en mer travaillent eux-aussi sur des projets de turbines de plus de 10 MW. Les progrès technologiques permettent en effet d’envisager des parcs dotés de machines géantes, permettant de réduire le nombre d’éoliennes et donc les coûts, notamment de production, d’installation et de maintenance. C’est l’une des stratégies en train d’émerger pour renforcer la compétitivité de cette source d’énergie renouvelable, considérée comme cruciale pour aboutir aux ambitieux objectifs fixés par de nombreux pays en matière de transition énergétique.

 

L'usine de Montoir en 2015,  aux couleurs d'Alstom avant sa reprise par GE (© NSNP - ANDRE BOCQUEL)

L'usine de Montoir en 2015,  aux couleurs d'Alstom avant sa reprise par GE (© NSNP - ANDRE BOCQUEL)

 

Le site de Montoir

Pour relever ce défi, GE va donc massivement investir en R&D, dans la supply chain et bien entendu dans l’outil industriel de ses sites français. Au cours des cinq prochaines années, 60 millions de dollars sont ainsi programmés dans la modernisation de l’usine de Montoir. Située près de Saint-Nazaire, elle a été inaugurée en 2015 et constitue à ce jour le seul pôle de production de turbines d’éoliennes offshore dans l’Hexagone. Le site, qui emploie 400 personnes, a d’abord travaillé avec l’Haliade 150 de 6 MW au profit de projets expérimentaux ou de parcs pilotes. En 2016, cinq machines ont ainsi été produites pour le champ américain Block Island, une autre étant livrée à EDF Energies Nouvelles pour le site d'essais en mer d’Osterild, au Danemark. Montoir a également sorti en 2017 trois nacelles pour un parc pilote au large de la province chinoise du Fujian (projet Xinghua Gulf).

 

Quatre des cinq Haliade 150 du champ américain Block Island (© DEEPWATER WIND)

Quatre des cinq Haliade 150 du champ américain Block Island (© DEEPWATER WIND)

 

L’usine a enchainé l’an dernier sur son premier contrat pour une ferme commerciale, en l’occurrence le parc allemand Merkur, qui comprendra 66 Haliade 150. Les premières machines, livrées à l’automne dernier, sont en cours d’installation en mer du Nord, les dernières devant quitter l’estuaire de la Loire au printemps. Pour la suite, GE attend une commande majeure, celle d’EDF EN pour équiper les futurs parcs français de Guérande, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. En tout, ces contrats doivent porter sur un total de 238 Haliade 150. La machine de 6 MW a également été retenue pour l’un des premiers parcs pilotes d’éoliennes flottantes au large des côtes françaises, celui de Groix-Belle-Ile, porté par Eolfi et qui comprendra quatre machines.

 

Nacelles d'Haliade 150 produites à Montoir pour le champ Merkur (© GE)

Nacelles d'Haliade 150 produites à Montoir pour le champ Merkur (© GE)

 

La nouvelle usine de Cherbourg

Concernant Cherbourg, la construction de la nouvelle usine de fabrication de pales de la société danoise LM Wind Power (repris par GE), a débuté il y a un an. Le site, qui s’étalera sur 25.000 m², doit être opérationnel au second semestre de cette année. Pour GE, les investissements dans ce pôle normand vont s’élever à 100 millions d’euros. L’usine de Cherbourg doit notamment réaliser les pales des 238 Haliade 150 destinées aux parcs développés par EDF EN, soit en tout 714 pales de 73.5 mètres. Puis ce sera au tour des Haliade-X avec leurs pales géantes de 107 mètres, les plus grandes jamais construites. Selon GE, cette usine permettra à terme la création de plus de 550 emplois directs et 2000 emplois indirects, les recrutements ayant d’ores-et-déjà débuté dans le bassin régional.

 

(© LM WIND POWER)

(© LM WIND POWER)

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