Construction Navale
Genting prend le contrôle du chantier allemand Lloyd-Werft

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Genting prend le contrôle du chantier allemand Lloyd-Werft

Construction Navale

Le groupe asiatique Genting Hong Kong, dont les compagnies de croisière Star Cruises et Crystal Cruises sont des filiales, a pris les commande du chantier allemand Lloyd-Werft de Bremerhaven. Genting a en effet acquis, pour 17.5 millions d’euros, 50% du chantier et même 70% de l’activité de constructions neuves. Un business qui comprend justement des paquebots et navires de croisière fluviaux commandés à Lloyd-Werft pour Crystal Cruises.

Deux cales sèches et quatre docks flottants

Fondé il y a un peu plus d’un siècle, Lloyd Werft emploie 500 personnes et compte deux cales sèches et quatre docks flottants, ainsi que 1600 mètres de quai. Ses infrastructures lui permettent de réaliser des blocs de navires de 650 tonnes pour des constructions neuves ou des programmes de conversion. Le chantier allemand travaille également dans le domaine de la réparation navale et a réalisé de nombreux arrêts techniques de paquebots, ainsi que d’unités offshore. Lloyd Werft reçoit ainsi sur une centaine de navires chaque année.

Sa plus grande cale sèche mesure 335 mètres de long pour 35 à 40 mètres de large.

 

Futurs paquebots de Crystal Cruises (© : CRYSTAL CRUISES)

Futurs paquebots de Crystal Cruises (© : CRYSTAL CRUISES) 

 

Trois paquebots et deux navires fluviaux pour Crystal

Alors que Lloyd Werft a assuré par le passé les conversions de plusieurs paquebots de Star Cruises, comme les SuperStar Gemini et SuperStar Aquarius, allongés dans les années 90, le chantier allemand va se relancer dans la réalisation d'unités neuves avec Genting. Il livrera en effet, en 2018, le premier d’une nouvelle série de trois paquebots de luxe de 100.000 GT de jauge et 1000 passagers. Ils sont destinés à Crystal Cruises, que le groupe asiatique a racheté en début d’année. Lloyd Werft va également réaliser pour cette compagnie deux unités fluviales de 70 cabines, dont la première est livrable début 2017.

 

Nouveaux navires fluviaux de Crystal Cruises (© : CRYSTAL CRUISES)

Nouveaux navires fluviaux de Crystal Cruises (© : CRYSTAL CRUISES) 

 

D’autres filiales du groupe asiatique intéressées ?

A l’avenir, il conviendra de voir si Genting utilise le chantier de Bremerhaven au profit de ses autres filiales. Pour l’heure, Star Cruises travaille avec un autre Allemand, Meyer Werft, qui doit lui livrer en octobre 2016 le Genting World, premier d’une série de deux navires de 150.000 GT et 3364 passagers (base double) dont le sistership doit être achevé à l’automne 2017. On rappellera par ailleurs que le groupe asiatique est le premier actionnaire de l’Américain Norwegian Cruise Line Holding, dont il détient 36%. NCLH qui possède NCL, mais aussi les compagnies de luxe Oceania Cruises et Regent Seven Seas Cruises. Pour l’heure, les nouveaux paquebots de NCL sortent de chez Meyer Werft, qui produira quatre unités de 164.600 GT et 4348 passagers d’ici 2019. Alors qu’Oceania Cruises devrait être amenée tôt ou tard à commander des bateaux neufs,  Regent a débuté la modernisation de sa flotte. La compagnie va, ainsi, recevoir le Seven Seas Explorer (56.000 GT, 738 passagers), livrable l’an prochain par Fincantieri. 

Quand Fincantieri lorgnait sur Bremerhaven

Le constructeur italien qui avait, pour mémoire, failli reprendre dans les années 2000 Lloyd Werft. Il avait à cet effet acquis 20.05% de son capital en 2006 et comptait porter sa participation à 51%, avant que la crise économique de 2008 vienne contrecarrer ce projet. Fincantieri a finalement revendu ses parts en 2011, concentrant son activité de réparation navale et de conversion sur ses chantiers de Palerme et Trieste.

Nouvelle incursion asiatique dans la navale européenne

La prise de contrôle de Genting Hong Kong sur Lloyd Werft constitue en tous cas une nouvelle incursion asiatique dans la navale européenne. Une opération qui parait toutefois différente de celle qu’avait menée le Sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding en 2008. Alors que Genting semble surtout, pour le moment, avoir voulu prendre la barre de l’industriel qui réalisera ses propres navires, STX avait eu beaucoup plus d’appétit. Il s’était en effet emparé du Norvégien Aker Yards et de sa douzaine de chantiers européens spécialisés dans les navires à passagers et l’offshore, lui offrant de nouveaux marchés et savoir-faire. Mais cette absorption s’était finalement traduite par un fiasco, le rachat intervenant juste avant la crise de 2008, qui a provoqué l’éclatement de STX Europe, dont les sites ont été revendus ou fermés les uns après les autres. Le dernier vestige de cet éphémère empire asiatique de la navale en Europe est le chantier de Saint-Nazaire, les parts du Sud-coréen dans STX France (66.66%) ayant été mises en vente. 

Lloyd-Werft