Marine Marchande
Gibraltar : un tanker soupçonné d’aller livrer du pétrole iranien à la Syrie immobilisé

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Gibraltar : un tanker soupçonné d’aller livrer du pétrole iranien à la Syrie immobilisé

Marine Marchande

Le Grace 1, tanker battant pavillon panaméen de 330 mètres de long pour 58 mètres de large et plus de 300.000 tonnes de port en lourd, est bloqué à Gibraltar. Des militaires britanniques et policiers du territoire sont montés à bord dans la nuit du 4 au 5 juillet au moment où le navire entrait dans la zone de mouillage du port, où les bateaux de commerce viennent s’avitailler. Soupçonné d’être en route pour livrer du pétrole iranien à la raffinerie de Banias, en Syrie, le Grace 1 a été immobilisé. Car cela constituerait selon les autorités de Gibraltar et le Royaume-Uni une violation des mesures d’embargo contre le régime de Bachar el-Assad. L’Iran, qui soutient Damas, parle d’ « interception illégale » et réclame la libération du navire.

Alors que le ministre espagnol des Affaires étrangères a affirmé que l’opération aurait été conduite à la demande des Américains, Washington s’est félicité du fait que le navire a été stoppé. Cet évènement intervient sur fond de tensions ravivées entre les Etats-Unis et l’Iran, qui menace de sortir de l’accord de Vienne sur le nucléaire, dont les USA se sont retirés, Donald Trump préférant infliger de nouvelles sanctions économiques à l’encontre de Téhéran. Un accord que tentent de sauver la France et l’Allemagne notamment, mais que l’Iran pourrait quitter. Le pays est en effet étranglé économiquement par l’embargo américain, que tous ses partenaires commerciaux internationaux sont obligés de suivre sauf à être eux-mêmes sanctionnés par les Etats-Unis. Cela, alors même que l’accord de Vienne visait à desserrer l’étau économique en échange d’un contrôle des activités nucléaires de Téhéran. Pour mettre la pression, les Iraniens ont cette semaine, pour la première fois, franchi la limite imposée sur leur stock d’uranium faiblement enrichi et annoncent d’autres dépassements si une solution autour de l’accord de Vienne n’est pas trouvée.